‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 172 sur 348 · Tout cela n'empêcha point Polus de pour · texte numérisé non relu

Tout cela n'empêcha point Polus de pour

pourquoi on le priait de s'arrêter ou là même, ou à tout autre lieu sur la route. Les causes

(I) El non pns b'ihjuc, comme dit Soavc. CoNC. DE Trente. II.

culiers a 1 empereur, a la reine et au pape Ce qui lui servit plus que tout le reste , ce fui l'entremise de Pierre Soto, jadis confesseur de l'empereur ; mais depuis quelque temps

Hiî^Tom!: nu concii.e de trente.

il avait renoncé à ce niinislêrc; pour assurer le salul de son âme , il avait cessé de diriger celle dont tant d'autres étaient dépendantes. Rendu à la vie privée, il avait établi à Dilings un nombreux séminaire. Pierre Soto assistai à la seconde reprise du concile sous Pie IV : nous aurons occasion , à cette époque, de parler de lui avec avantage. Il se porta donc à Bruxelles avec les lettres du cardinal adressées à lempercur: il les appuya de toute son éloquenie, et persuada à l'empereur d'écrire à Polus une lettre très-polie qui l'invitait à venir à la cour. Je croirais cependant que ce qui facilita la commission de Soto, ce fut le mariage de la reine Marie avec le prince Philippe , qui était déjà conclu , quoique la nouvelle n'en fût pas divulguée; car la lettre d'invitation au cardinal Polus est du 22 décembre, et le pontife, dans une lettre de congratulation à l'empereur sur ce mariage, dit en avoir appris la nouvelle de l'ambassadeur de Sa Majesté, le premier de janviej'. Les conventions matrimoniales étaient en substance : que les enfants qui naîtraient (ic ce mariage «uccéderaient en Angleterre aux biens maternels, selon les lois de ce royaume ; de même qu'aux biens et aux lovaumes de son père succéderait linfant (Ion Carlos, fils aîné de Philippe. C'est par lui que le nom de Charles devint pour la renommée un nom de tristesse plus que de grandeur. Par cet article , les domaines de la Basse-Allemagne et de la Bourgogne devaient échoir au premier des enfants mâles qui naîtraient de Marie, et à défaut des mâles , à la première des filles, pourvu qu'elle se mariât en Angleterre ou dans la Basse- Allemagne, et de l'aveu dudit prince Charles. Si Charles venait à mourir sans enfants, ou «|ue sa race fût éteinte , les enfants nés du présent mariage devaient succéder à toutes les seigneuries de Philippe, selon les lois du pays, l'hilippe et Marie devaient se communiquer réciproquement les honneurs et l'autorité du gouvernement dans les Etals l'un

de l'autre. Philippe ne pourrait faire aucune à aucun de ses contemporains ou de ses colaltération aux lois et coutumes de l'Angle- lègues. Ce fut donc le nouvel archevêciue qui terre ; il ne pourrait en faire sortir Marie, à fut chargé de complimenter l'empereur ; il

lui-même parut assez indifférent et disposé à s'en dédire, n'ayant consenti, disait-il, que pour le bien de la religion et de la nation anglaise. Mais les sujets obéissants aidèrent la reine à dompter les séditieux. Cependant Polus alla en France exercer son ministère de pacification; mais l'accueil honorable et les manières caressantes de Henri II ne lui (fonnèrent pas de grandes espérances. Le ro. lui avoua (et il parut dans la suite que son av( u était sincère! , il lui avoua le regret qu'il avait de s'être opposé à son exallalioa dans le dernier conclave. Mais ce n'étaient pas des promesses ou des regrets qui pouvaient guérir les plaies profondes faiies à la chrétienté par les querelles des rois. Le remède, qui vint beaucoup plus lard , fut un déluge de sang répandu en deux batailles meurtrières : ce furent celles-là qui firent la paix. Tout ce que le cardinal put obtenir pour lors fut que Henri donnât sa réponse aux propositions de l'empereur, que le nonce Dandi ni lui avait comniuniquées. La réponse fut donnée, mais conçue de telle sorte , qu'au lieu de faciliter la paix, elle en ôlait l'espérance.

8. Cependant le mariage de Philippe avec la reine Marie , annoncé par l'orateur de l'empereur, obligeait le pape aux devoirs ordinaires de félicitations et de compliments affectueux. Il profila de l'occasion pour traiter dans une ambassade de cérémonie des aflaires plus importantes. Le nonce qui en fut chargé était le frère Jérôme Moz;.relli, religieux de Saint-Dominique qui , do maître du sacré palais était devenu arciicvêque de Consa; le pape l'y avait contraint malgré ses prières et ses larmes. Le siège de Consa avait été précédemment occupé par AmbroiseCathariu, homme d'une grande réputation pendant sa vie; mais celte réputation ne fut pas sont; nue après lui par ses OEuvres , qui ne jouissaient pas de l'cslime générale. Cependant pour la controverse avec les hérétiques et pour les fonctions qu'il exerça dans le concile, il ne le cédait

moins qu'elle ne le voulût, ni enlever ou dé placer les joyaux cl les trésors du royaume. L'Angleterre ne pourrait s'entremettre directement ou indirectement dans la guerre de l'empereur avec le roi de France. Au contraire, Philippe serait tenu de maintenir la

devait ensuite achever de le délron)per au sujet du cardinalPolus: il devait louer son intégrité et, d'après le jugement que le pape en avait porlé, le dépeindre comme un homme d'une vertu incorruptible, et que tout Tor du monde ne pourrait faire manquer ni aux in-

paix existante entre l'Angleterre et laFrance, tentions du pape, ni aux inlérêls de lareligion.

mais il lui serait libre de soutenir l'empereur par les forces tirées de ses propres Etats. Le mariage étant donc conclu à ces conditions, un libre accès fut donné au cardinal, et Charles , pour lui faire honneur, envoya à sa rencontre le duc de Savoie, qui s'élait relire à la cour impériale , après que les Français lui curent enlevé une grande partie de ses domaines. Le légat fut donc accueilli par l'empereur de la manière la plus honorable.

.7. Il y eut ce[)cndant quelques rumeurs en Angleterre à l'occasion du mariage conclu, qui neplaisaitpas à lout le monde. L'empereur

Ildovaitenfinexhorterlemperenràcelte paix si désirée et si nécessaire. Le roi Ferdinand en était moins éloigné que son frère. Cependant pour lui en inspirer le désir, le pape mit en œuvre les exhortations du nouveau nonce, Zacharie Delphini, alors évêquc oti depuis cardinal.

9. Delfini avait encore deux autres com-l missions très-importantes. L'une était del mettre tous ses soins à prévenir les dommages que pouvait souffrir la religion dans la| diète prochaine, par les articles qu'on devait y traiter, selon qu'il avait été convenul à Passaw ; et l'aulre de recommander au roi

une bonnR œufre que le pape avait commencée. Jules, pour niainlenir saine et entière cette partie de rAlIemagne qui avait conservé la foi , et pour faire revenir celle qui s'était égarée, avait eu recours aux armes que l'Eglise a coutume d'employer, qui sont la vertu et la science. Ilavaitdoncfondéà Rome un collège où l'on élèverait , dans l'une et dans l'autre, quantité de jeunes Allemands, parmi ceux qui auraient du talent et de bonnes dispositions. Ces jeunes gens, retournés dans leurs pays et appliqués au saint ministère dans les différentes Eglises, et surtout à l'exercice de la prédication , devaient être comme les os et les nerfs du corps de la catholicité en Allejnagne. Jules après avoir fondé cecoUége, qu'il entretenait à ses dépens, en donna la direction à saint Ignace de Loyola, qui vivait encore, fondateur de la compagnie de Jésus, que le même pontife confirma de la manière la plus ample. L'institution de celle compagnie, qui a pour objet l'instruction de la jeunesse, les

Stella, par un raisonnement assez long et très-animé : que son maître ne devait pas en si belle occasion perdre la gloire de celte constance dont il avait donné des preuves dans tout le cours de sa vie, mais singulièrement en deux occasions, la première lorsqu'il aima mieux s'exiler de sa patrie, quitter ses parents et perdre son patrimoine que de trahir sa religion ; la seconde, lorsqu'il ne perdil pas sa tranquillité, et vil de sang-froid lui échapper des mains le pontificat, dont il n'avait pas seulement l'espérance, mais on peut dire la possession. L'honneur avec lequel le cardinal Polus était sorti du conclave valait plus, disait-il, que cent papautés. Pourquoi voudrail-il flétrir cet honneur, en se laissant intimider par les regards d'un homme moitié mort(l)? Que ne persévérait-il en homme de cœur, pour obtenir le plus beau triomphe que puisse remporter un sénateur apostolique, qui est de rendre l'Eglise à l'Angleterre, et l'Angleterre à l'Eglise ? Le pape était dans l'idée (di-

missions aux pays infidèles, et généralement snit-il encore) que la divine Providence avait tout ce qui regarde le secours des âmes, lui écarté de la télé de Polus les couronnes parut très-propre au bon gouvernement de pontificales , pour la couvrir d'une autre

ce séminaire. Celte œuvre, qui était peu de chose dans le commencement (comme sont les premiers jets des plus grosses plantes), lut mcrveilicusement amplifiée par la libéralité royale el apostolique de Grégoire XllI ;

couronne plus désirable el plus glorieuse, qu'il n'aurait pas pu conquérir, si celles qui lui ont manqué l'avaient emprisonné comme Jules l'était entre quatre murailles. Au ri'Ste Polus devait prendre garde de fournir ma-

ct l'on prut dire que ce grand pape, avec lière à la calonmie; car on lui reprochait que

ces soldats portant la loge, n'a pas moins fait pour la défense delà religion en Allemagne, que le zèle de la puissance autrichienne n'a pu faire avec ceux qui portent l'épée : car dans celle guerre contre l'erreur, les forteresses dont il faut s'emparer sont impénétrables à toutes les autres armes, et ne se rendent qu'aux raisons et aux exemples. Telles furent les instructions données au nonce Delfini pour l'Allemagne.

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