CHAPITRE Vin
Insjiruclions données par le pape aitx légats par Vorgane de Pendasio , leurs réponses. — Sentiments du souverain pontife et de la cour de Rome.
La réponse dont était chargé Pendasio fait connaître mieux que toute autre chose quelle étaitl'intenliondu souverain pontife au sujet de la réforme de la discipline. Le messager des légats retourna enfin , ayant reçu les lettres et les instructions orales de Pendasio , malade de sa chute. En voici la teneur : Il était porteur de quelques notes du pape sur les quatre-vingt-quinze propositions qu'on lui avait soumises. Sur quatre-vingt-quatre, il s'en remettait entièrement au concile : les onze dernières qui concernaient spécialement les tribunaux, il les réservait pour la réforme qu'il devait établir lui-même. Cela posé, il leur recommandait que les réformes fussent modérées, de crainte qu'elles ne fussent moins un remède qu'une cause de désor« dros au sein du christianisme, et qu'elles no renversassent plutôt qu'elles ne purgeassent la cour de Rome: car elle est la tête qui donne les lois à ce corps et, le constitue : qu'en conséquence ils n'accédassent pas légèrement à toutes les propositions et à toutes les demandes qu'il plairait à chacun de proposer, rien n'étant plus grand sur la terre que le nombre de ceux qui voudraient se donner pour les réformateurs du monde.
2. Les légats répondirent au pape que son avertissement était excellent , mais qu'ils n'en avaient nullement besoin , chacun d'eux étant convaincu de cette vérité, et tout dis-poséàconsacrer tous ses soins et toute sa vie à conserver sa splendeur à la cour romaine , et qu'ils ne pensaient pas devoir rencontrer une vive opposition à ce sujet , parce que quelques-unes de ces propositions qui avaient été répandues dans Rome, comme devant être soumises au concile par les Espagnols , étaient repoussées par eux comme fausses et supposées; et ils déclaraient de plus que si des lois leur paraissaient nécessaires pour les Eglises des Etats pontificaux , ils n'en proposeraient aucune que tout n'eût été auparavant réglé pour le bien général dclachrétienté