Le saint-père leur prescrivit encore par
(1) Tout cci.1 se voiui.Tiis une Iclire, du 13 juillel ISè'i, des lésais au cardinal liorromée.
le retour de l'évéque de Lanciano, de faire prononcer la reprise du concile même verbalement, mais aussi indirectement que possible, et de ne la déclarer cependant que sur les instances pressantes du roi catholique. Voulantdoncobéiràcf't ordre, ils préparèrent certaines formules assez expressives , lesquelles devaient en quelque sorte servir de préambule : mais ils reçurent ensuite une lettre secrète du cardinal Borromée , en date du 9 juillet, qui portait rétractation de cet ordre. Je pense que le motif de cette dernière lettre fut les démarches des Français, car leur roi écrivit au seigneur de Lansac (1) que si l'on voulait proréder à celte déclaration, qui détruirait tout espoir de rien faire auprès des prolestants , il s'y opposât de toutes ses forces, et qu'il allât même jusqu'à protester : et ce seigneur (?.) ayant appris de l'ambassadeur français qui résidait à Rome, que le saint-père l'avait «le nouveau entretenu sur ce sujet, il lui répondit qu'il en était bien étonné, puisque ni les ministres du roi très-chrétien, ni ceux de l'empereur, ni ceux du roi catholique ne le pressaient de faire de déclaration là-dessus, ni d'une manière ni d'une autre, avant la fin du concile; que si le pape voulait airoitement le dissoudre , il pouvait prendre d'autres moyens : mais qu'au nom de Dieu , avant de le faire, il examinât les malheurs qui en résulteraient oour l'Eglise et la chrétienté. Je pense que c'est là le motif du changement de résolution du saint-père; il craignit sans doute qtie si cette démarche était cause de la rupture du concile, la renommée, qui déjà lui attribuait le désir et lintontion de s'en débarrasser, ne manquât pas de l'accuser de l'avoir dissous en paraissant vouloir la continuation.
3. Un personnage pensa que (3) cette indifférence des Espagnols, à l'égard de la déclaration qu'ils avaient réclamée avec tant d'ardeur, venait des mêmes bruits sur l'intention qu'on supposait au souverain pontife: on disait, en effet, qu'il ne montrait tant d'empresseinent qu'afin que par là le concile fût dissous, et qu'avec lui disparussent les discussions entamées sur la déclaration , au sujet de la résidence. C'est pour cela que les Espagnols renoncèrent à provoquer la déclaration sur la continuation du concile, afin de reprendre celle qui avait rapport à la résidence. Tant il est vrai que souvent, pour obtenir la conservation d'un édifice, il si'fût que l'on persuade que l'architecte veut le renverser.
4. Cette attention à empêcher toute interprétation sinistre de sa volonté, fit que le pape prescrivît à ses légats d'être (4) plus
(1) Réponse du roi à une lettre du b.iron de Lansac, écrile le 7 juin 1562.
(2) Leure du seiiçiieur de Lansac an seigneur De- Iisl>, du 25 juin lri62.
(3) Lcllre ducaidiiial de Modène au cardinalMo- 10110, lin 8 juin 1562.
(4) Deux leiircs dos Légats au cardinal Borromée, des 12 cl 13juiili)t 1562.
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sobres qu'auparavant à donner aux évêques des congés temporaires. Jusque-là on avait été Irès-faùle pour que les évêques ne pussent pas se plaindre qu'ils étaient retenus a Trente comme des prisonniers : mais comme un très-grand nombre en demandaient, il s'était formé deux jugements dans le public : les uns disaient que les anciens partisans de la définition sur la résidence, voyant qu'ils étaient peu écoutés, voulaient peu à peu se retirer, ce qui, vu leur grand nombre, aurait presque fait déserter le concile; les au très qu'on les avait renvoyés ou que
6. Le souverain pontife Ct savoir aux légats, par le retour de l'archevêque , que quant à l'usage du calice, il serait bien aise que la décision fût ajournée; ils en ressentirent celle joie qu'éprouve un ministre en voyant qu'il a agi selon les intentions de son maître , tandis qu'il n'a suivi que ses propres idées: celte connaissance dissipe le souci que cette action lui causait et lui procure la satisfaction d'avoir bien agi ; ils rappelèrent ensuite au pape les mérites de l'empereur, et les grand motifs tirés du bien public, qui le rendaient si ardent àsoutenir cette demande ,
du moins on les avait engages à se retirer ; et cela afin que le pape l'engageât à se con-
et quoique les légats eussent par toutes sortes de moyens dissuadé plusieurs Pères du dessein de retourner chez eux, et surtout conformément aux instructions données par le cardinal Visconti (1) au cardinal Simonetla, cependant le souverain pontife leur
soler. En effet, c'était par de très-graves considérations que le pape et les légats étaient portés à ne pas soumettre au scrutin cette affaire : car ou elle serait longue et orageuse (ce qui paraissait probable, vu la diversité d'opinions des théologiens et des
prescrivit pour plus grande sûreté de révo- Pères), et c'aurait été un obstacle qui aurait
quer les congés accordés à tous, et nommément aux prélats Pavesio, Beroaldo, Sala et Foscarari , quoique Soave , ignorant cette particularité , attribue celte révocation au conseil de l'ambassadeur de Portugal, et non à la prudence du souverain pontife. Ces prélats obéirent au saint-père; ils crurent que celle mesure (2) était, non pour l'honneur
arrêté le travail du concile sur des matières plus claires et plus faciles à décider, ou bien elle aurait été décidée promptenient, et alors on prévoyait autant de dangers dans la concession que dans le refus. En effet, par un refus on aliénait tellement les impériaux qu'ils étaient capables d'abandonner le concile, où ils n'auraient plusd'espoir, et contre
du concile, mais par considération pour leurs lequel ils seraient indignés : peut-être même
personnes, et que le souverain pontife se détermineraient-ils à y demeurer, pour
reconnaissait en eux des agents très-utiles, faire essuyer à l'assemblée autant de dégoûts
5. En môme temps trente et un évêques (3) qu'ils en auraient essuyés eux-mêmes par ce
italiens, de ceux qui avaient soutenu le sen- refus amer. Il n'y avait pas moins de trouble
liment le plus rigide sur la résidence, dési rant se conserver l'estime du saint-siége, avaient profité du départ de l'archevêque, Marin , pour écrire au pape une lettre commune. Ils ne la confièrent pas à l'archevêque comme ils en avaient d'abord eu le dessein ; maisilslafirentremeltre au cardinal Amulius, par Pierre Solo, dominicain, partisan zélé de leur opinion, et regardé par le souverain pontife lui-même comme un des illustres théologiens du concile. JIs en agirent ainsi {Lettre de l'archevêque deZara, du '26 juin) afin que Je prélat ne perdît pas le litre de témoin, en
et de dommage à craindre d'une concession précipitée , et cela pour deux motifs que Visconti exposa au souverain pontife (1). Le premier, que si les impériaux venaient à obtenir cet article, qui était leur principal désir, ils feraient surgir mille obstacles pour empêcher la continuation du concile , ne voyant plus après cela que condamnations et sujets d'offense pour les protestants, tandis que l'empereur ne cherchait pas à les dompter, mais seulement à les calmer ct à se les al tirer; l'autre motif était que l'on n'ignorait pas les demandes excessives que voulaient
prenant celui d'envoyé et de chargé d'affaires, obtenir les Allemands et les Français, et qu'il
Dans cette lettre, les trente et un évêques se justifiaient du reproche qu'on leur avait fait d'être peu dévoués au saint-siége, d'en avoir parlé avec peu de respect, et d'avoir témoigné le désir de le voir abaissé; ils offraient au contraire leurs voix, leurs plumes et leur sang pour son exaltation. Le souverain pontife leur répondit en termes très-affectueux par le retour de l'archevêque; mais la réponse ne fut remise que plusieurs jours
fallait penser que dans un pareil festin un mets loin de rassasier l'appétit, ne fait que l'aiguiser et l'accroître pour le suivant.
7. Visconti avait appris par la relation de Frédéric Cornaro , évêque de Bergame , que celui-ci dînant un jour avec le baron de Lansac, lui avait entendu dire que nonseulement il adhérait à la demande des impériaux sur l'usage du calice (quoiqu'il convînt que cela n'entrât point dans ses
après pour les raisons que nous ferons con- rnTtruoIioVs ) ."mais qù'lldeSder-,"; avec
eux bien des choses très-étranges et des changements singuliers dans les lois ecclésiastiques , qu'il prétendait être désirés dans son pays , savoir: que les prières publiques et la sainte messe fussent récitées en langue vulgaire , que l'on enlevât les images des