‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 287 sur 348 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Retour de Varchevéque de Lanciano. — // ap' porte la réponse du souverain pontife. — Lettre écrite au pape par irente-et-un évéques pour se justifier. — Les légats avaient accorJé à quelques évéques la permission de se retirer, ils la retirent ensuite par ordre du pape. — Commission confiée à Visconti; soins qu'il se donne pour établir la plus grande union entre les cardinaux de Mantoue et Simonetta. — Bonsoffices du cardinal Morone envers les prélats du concile. — Plusieurs erreurs de Soave.

1. Pendant que le concile était occupé à ces délibérations, l'archevêque de Lanciano arriva de Rome le 10 juillet, six J9urs avant celui qui avait été fixé pour la tenue de la ses«

tés, qui n'avaient aucun rapport à son emploi; tandis que Paleotlo avait l'office de noter les avis, et s'était proposé d'écrire les actes du concile. Il est vrai, comme nous l'avons (lit, que l'auteur de cet avis fut Duinio, qu'il fut soutenu par Ragazzone, et cet avis ne fut pas abandonné et servit à donner plus de clarté au canon, car la première formule était conçue en ces termes {Actes de Paleotlo ), que r Eglise assistée du Saint-Esprit, mue par de graves et justes motifs, avait donné une seule espèce, celle du pain, aux laïques et aux clercs qui ne sacrifient pas ; et depuis, le décret fut rédigé en ces termes : «Quoique dans les premiers siècles, l'usage des deux espèces ne fût pas rare, cependant cet usage aj^anl ensuite été changé dans un très-grand nombre de lieux, l'Eglise, poussée par de graves et justes raisons, a approuvé et érigé en loi la coutume de ne communier que sous une seule espèce, et il n'est pas permis de réprouver cette coutume, ni de la changera son gré, sans l'autorité de i'Eglise.» On ajouta ces derniers termes pour sauvegarder les privilèges, soit qu'ils fussent exprès ou tacites, soit qu'ils fussent fondés sur 1 antiquité, soit qu'ils eussent été accordés par les papes.

15. Soave fait preuve d'une audace insupportable lorsqu'il raconte que le président du Ferrier, étant sorti de l'assemblée, fit je ne

(i)LeUrede Visconli au cardinal Borromée, juillet 1562. '

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LIVHE DIX-SEPTIEME.

5ion. Son arrivée délivra les légats (1) de l'embarras où ils se trouvaient, ne connaissant pas encore la volonté du saint-père et voyant .nriver le moment où il sdevaientla mettre à exécution. Le premier article des instructions de leur envoyé que nous avons déjà rapportées, était de faire connaître au souverain pontife combien serait nuisible à la clirélienté ce que écrivaient de Rome quel- (lues courtisans et ce que approuvaient à Tionto certains Pères au sujet de la clôture ou de la translation du concile, les uns l'annonçant comme déjà résolue par le pape, les autres la présentant connue nécessaire pour réparer les maux des diocèses et terminer les embarras et les fatigues des évêques. Le seigneur de Lansac fit connaître au roi de France {le 11 juin 1362) que la mission de l'archevêque tendait surtout à éloigner le souverain pontife de ce dessein auquel des personnes ennemies du bien public travaillaient à le porter. Mais le pape fit connaître aux légats par le retour do l'évéque de Lanciano que ce projet était bien loin de sa pensée, et il ajouta que pour bien connaître son sentiment là-dessus, il fallait regarder ses actions, et ne pas s'en rapporter aux paroles d'au- Iriii. Il leur fit savoir en outre que comme on devait dans la prochaine session procéder à la continuation du concile, non en paroles, mais en réalité, en faisant parler les faits, et non la langue, quelques-uns croyaient qu'on n'arriverait pas à ce but en entreprenant la discussion des articles sur la communion, et qu'il vaudrait mieux s'occup'^r des deux sacrements de l'ordre et du mariage, que l'on n'avait pas discutés sous le pontifical de Jules III. Ils répondirent à cela qu'ils en avaient mûrement délibéré, et qu'ils n'avaient pris cette détermination que sur de très-fortes raisons, et qu'ils priaient Sa Sainteté, par la confiance qu'elle avait en eux, de croire qu'ils agissaient sagement; et peu de jours auparavant ils avaient écrit sur ce sujet ( Lettre du 9 juillet ), en rapportant une lettre de Vargas qui disait que l'on aurait dû poursuivre les discussions commencées sur le sacrifice de la messe. Les légats s'aperçurent que ces critiques parlaient en premier lieu de Trente, et qu'elles étaient dictées plutôt par la passion que par la bonne foi. Je pense qu'ils attribuaient cela à l'évéque de Grenade, qui, ne pouvant souffrir les délais sur l'affaire de la résidence, était pressé d'en venir au sacrement de l'ordre, parce que le cardinal de Mantoue avait promis de reprendre en celte occasion la discussion interrompue sur l'obligation de résider. C'est pourquoi les légats, prenant une contenance ferme et résolue, dédaignèrent de répondre à ces injportunités par une justification, comme s'ils avaient dû plaider pour leur défense ; mais ils écrivirent, avec l'autorité de juges, que tout s'était fait avec réflexion et de l'avis de tout le concile.

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