‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 98 sur 348 · On disait que les raisons alléguées par · texte numérisé non relu

On disait que les raisons alléguées par

rcnt fort à propos au Pontife. Il les mit à exé- Véga étaient celles-ci ; que le départ du con

cution non seulement en envoyant au con- cile de Trentcavaitdéplu àl'empereur, parce

cilc beaucoup d'évêques savants et en se dé- qu'il avait eu lieu sans sa participation, et

clarant disposé à y aller lui-même (1) , mais qu'il préjudicierait au succès de l'entreprise

encore en répondant dans le même sens aux et à la pacification des querelles religieuses

instances de l'empereur; car il était arrivé en Allemagne; que c'était à sa majesté,

A Rome des lettres très-pressantes que ce comme protectrice d(; l'Eglise, de protéger le

prince écrivait pour demander qu'on ren- concile, et qu'elle ne pouvait le faire tant

voyât le concile à sa première résidence, et qu'il serait à Bologne.

on ne pouvait différer plus longtemps d'y ré- ^. Quant à la première raison , on repon-

pondre. Charles avait reçu (2) de Trente la dait que ce départ était également arrivé san«

nouvelle de la translation quatre jours après, c'est-à-dire , le If)"^ jour de mars ; et sans attendre plus de ^quatre heures , il avait dépéché promptement un courrier à Jean Véga, son ambassadeur à Rome, afin qu'il s'eni-

daii quK ut; uepai i eiiui egaiemeni arrive sans la participation du Pontife ; et que c'était toujours ce qui se faisait dans les circonstances pressantes et imprévues; que sa Béatitude avait aussi été fâchée que le concile ne se terminât pas à Trente, où elle le voyait

ployâttoutentier à faire revenir sur-le-champ procéder avec beaucoup de fruit, puisqu'il le concile; car il pensait qu'il serait plus di- avait déjà poussé fort loin et les définitions gne de lui et en même temps plus facile de de foi et les réformes de discipline; que le faire reparaître à Trente le concile dans ces préjudice qu'on supposait qu'il en résultepremiers jours oîi il ne paraissait pas encore rait pour l'entreprise, ne parai sait pas proen être parti, où il n'avait pas encore com- bable, et cela pour les motifs qu'avaient ex -•

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mencé à jouer un nouveau rôle à Bologne , et où le Pontife n'avait rien fait d'authentique pour l'autoriser. La précipitation de cette mission empêcha le nonce d'écrire par le même courrier. Ce fut aussi pour la même

posés les légats dans leur réponse à Verallo; que dans le cas où sa majesté prévoirait réellement ces maux , on espérait que supportant sagement ce qui serait l'effet de la volonté divine, elle réparerait par sa valeur et

raison que la réponse partit de Rome un peu par son zèle ce qui aurait moins bien réussi; plus tard; le Pontife attendit plusieurs jours qu'elle soumettrait spécialement à l'obéisque la correspondance de son ministre l'in- sance de l'Eglise cette partie de l'Allemagne

formât plus amplement des sentiments de l'empereur, que n'avait fait une bouche étrangère.

(\) LeUrc de Maffée au cardinal Cerviiii,du 4 mai

(2) Dans les leUres confidenlielles ci-dcssiis au cardinal Cervini,el dans une aulrc au cardinul Farnèse à Verallo, du 5 avril 1547.

que Dieu avait réduite à l'obéissance de sa majesté; que le Pontife offrait volontiers, en

(1) Journal de MassanMli.leiJSmars.

(2) 29 mars comme dans !c Journal ci-dessiis.

(3) LeUre conlidenlielle de Home à Cervini du 15 mars 1547.

(4) Tout celu se trouve dans une lellre du cardinal Farnèse à Verallo, du 10 avril 1547.

IIISTOIf'.E DU CONCILE DK TRENTE.

son propre nom et en celui du concile, tout ce qui pourrait servir à l'entreprise, et que demanderait sa majesté; que le concile étant parti de Trente librement et sur l'avis de plus des ;i^ u-î tirrs des Pères, l'y replacer contre son .ré serait lui ôter toute autorité, aussi bien pour l'avenir que pour le passé, et le priver de cette liberté que le Pontife lui avait inviolablement conservée, même au préjudice de ses intérêts et jusque dans les questions qui touchaient à la réforme de sa cour ; que de plus, dans ies circonstances présentes, ce serait une chose absolument impossible, puisque la contagion durait encore et qu'elle avait tout nouvellement enlevé un domestique de l'évêque d'Astorga et un autre de celui de Porto , qui, à cause de cela , s'était enfui précipitamment ; que néanmoins lorsque le concile prendrait de son propre mouvement la résolution d'y retourner ou d'aller ailleurs , le Pontife y consentirait d'autant plus volontiers qu'il savait que c'était une chose agréable à sa majesté; mais que, pour parvenir à ce but, il fallait avant tout que le concile se rassemblât dans le lieu où il avait été légitimement transféré, et qu'on y vît aller les évêques restés à Trente; que ceux-ci, forts des raisons alléguées par sa majesté, entraîneraient peut-être par leur autorité leurs collègues à les imiter ; qu'il était vrai , à parler sincèrement, que si on leur avait, comme le bruit s'en répandait, donné l'ordre de ne pas quitter Trente, cela ne paraissait pas raisonnable, et prouvait qu'il n'y avait pas de liberté pour les personnes dans cette ville ; qu'on ne pouvait rejeter comme suspecte la résidence de Bologne, puisqu'il était notoire que les conciles s'étaient tenus plus d'une fois même à Rome ; que de plus, cette ville était environnée de terres toutes dévouées à sa majesté, et que la politesse des habitants pouvait faire espérer à chacun d'être bien traité par eux ; que même , lorsque l'empereur le jugerait à propos pour le bien public, on pouvait s'attendre que lui et le Pape s'y réuniraient en personne et confirmeraient tout ce que le concile avait décrété pour l'extirpation des hérésies et pour la réforme de l'Eglise; que quant à ce que disait sa majesté , qu'il lui appartenait de protéger le concile, cela devait s'entendre en cas de besoin, et quand les prélats le demanderaient; ce qui n'avait pas lieu alors,» supposé surtout la qualité de médiateur et l'office de Père commun que le Pontife n'avait pas cessé de prendre, titres qui ne permettaient à aucune nation de se défier de sa Béatitude et des terres qui lui sont soumises; qu'enfin le nonce priât sa majesté de ne pas ajouter foi à ces esprits malins qui voudraient lui rendre suspecte la tendre affection du Pape, qui tenait à sa majesté par tant de liens publics et privés, et de se persuader que si quelquefois on n'acquiesçait pas à quelques-unes de ses demandes, c'était dans le Pontife, ou nécessité provenant du défaut de forces , ou conviction fondée sur une conscience éclairée, et nullement mauvaise volonté provenant du défaut d'affection.

5. Dans le même temps on résolut d'envoyer un légat à l'empereur. On avait déjà arrêté cette mission en consistoire, longtemps auparavant dès le 25° jour de février (Ih mais il s'agissait d'une autre affaire, c'est-a-dire , de traiter de la conversion de l'Angleterre après la mort de Henri VJII. On députa à cet effet trois légats : vers l'empereur, le cardinal François Sfondrat, son sujet et son confident ; vers le roi de France , Jérôme Tête-de-Fer, également confident de ce prince, près duquel il avait été nonce; en Angleterre, un autre qu'on laissait à la nomination du Pape {in petto il y destinait Polus), selon qu'il croirait avantageux à ce royaume. Survinrent ensuite la mort du roi François et la translation du concile. François ne mourut pas sans avoir eu connaissance de cette mesure; il ne mourut pas non plus le 21 mars , comme le raconte Sarpi ; mais il mourut sans être encore déterminé à y adhérer ou non, et le 31' de ce mois (2). On persévéra néanmoins dans le dessein d'envoyer des légats ; mais on leur donna de nouvelles instructions. 11 fut recommandé et enjoint à Tête-de-Fer , comme (3) première chose, de faire au roi des condoléances sur la mort de son père, de le congratuler sur son avènement, et de traiter de la paix avec l'empereur. Mais le but plus véritable de son voyage était de tâcher de gagner son esprit qui n'était pas encore prévenu. On chargea de nouveau Sfcmdrat d'aller en Allemagne , sous prétexte de ménager aussi la paix avec le nouveau roi de France, mais au fond pour travailler à faire cesser le froid que les affaires du concile avaient mis entre le Pape et Charles V. Toutefois, pour ne pas exposer le cardinal à quelque rebut déshonorant, pendant que l'empereur était tout bouillant d'indignation, il s'avança à petites journées (4). Pendant ce temps-là , on écrivit au nonce à ce sujet une lettre particulière, avec ordre de la lire à Charles et de juger à sa réponse s'il admettrait le légat; car on n'ignorait pas que tout remède, quelque excellent qu'il soit de sa nature , loin de guérir le mal , l'irrite , quand il est rejeté par l'estomac.

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