Chapitre IX
Que les seigneurs et magistrats, sous peine d'anaihèmet
ne contraindront point leurs justiciables à se marier
contre leur gré.
L'intérêt et l'attache aux choses de la terre aveugle d'ordinaire si fort les yeux de Tesprit des seigneurs temporels et des magistrats, que bien souvent, par menaces et par mauvais traitements, ils contraignent leurs justiciables, de l'un et de l'autre sexe, priucipaleineut ceux qui sont riches ou qui ont à espérer quelque grande succession, de se marier contre leur gré avec les personnes qu'ils leur préstuitent. Or, comme c'C'^t une chose tout-à-fait exécrable de violer la liberté du mariage, et que l'injure vienne de la part même de ceux de qui on devait attendre justice, le saint concile défend à toutes sortes de personnes, de qmdque étal, qualité et condition qu'elles soient, sous peine d'analhème, qui s'encourra par l'action même, d'apporter aucune contrainte en cela à leurs justiciables, ni à autres que ce puisse être, ni d'empêcher en quelque manière que ce soit, directement ou indirectement, qu'ils ne se marient en toute liberté.