‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 13 sur 368 · Chapitre VU · texte numérisé non relu

Chapitre VU

Ce que c'est que la justification , et qnelles en sont les causes.

Celle disposition ou préparation est suivie de la justification môme, qui n'est pas seulement la rémission des péchés, mais aussi la sanctincalion et le renonvelleinent de Thomme inlérieur , par la réception volontaire de la grâce el des dons qui l'acconip «gnenl. D'où il arrive que l'homme d'injusle devient juste, et ami d'ennemi qu'il était, pour être, selon l'esuérance qui lui en est donnée , héritier de la vie éternelle. Celle justificalion , si on en recherche les causes , a premièrement pour finale la gloire de D eu el de Jésus-Christ, et la vie éternelle. Pour eKicienle, elle a Dieu même, en tant que miséricordieux, (pii lave et sanctifie gratuitement par le sceau et par l'onction de l'Espnl saint, promis par les Ecritures, qui est le gage de notre liéritage. Pour cause méritoire, elle a Notre-Seigneur Jésus-Christ son irès-cheF et unique Fils, qui, par Tamour extrême dont il nous a aimés , nous a mérité la juslificalion et a satisfait pour nous à Dieu son Père, par sa très-sainte passion. à l'arbre de la croix, lorsque nous étions ses ennemis. Pour cause instrmnenlelle, elle a le sacrement de baptême, qui est le sacremesil de la foi, sans laquelle personne ne peut être justifié. Enfin, son unique cause formelle est la justice de Dieu , non la justice par laquelle il est juste lui même, mais celle ])ar laquelle il nous justifie ; c'est à-dire de laquelle, étant gratifiés par lui , nous sommes renouvelés dans l'intérieur de notre âme ; et non seulement nous sommes réputés justes , mais nous sommes avec vérité nommés tels, et le sommes en effet, recevant en nous la justice , chacun selon sa mesure el selon le partage qn'en fait le Sainl-Espril, C(mime il lui |)laîl et snivanl la dis))Osiliou propre el la coopération d'un chacun. Car, qu()i(pie personne ne puisse être juste que celui auquel les mérites de la passion de Noire-Seigneur Jésus-Christ sont communiqués, il faut ponrianl entendre (pie celle justificalion se fait en sorte que, par le mérite de celte même passion , la charité de Dieu est aussi répandue par le Saint-Esprit dans les cœurJ de ceux qui sont justifiés, et y est inhérente. D'oi vient que, dans cette justification, l'homme, par Jésus Christ, auquel il est enté, reçoit aussi tout ensemble, avec la réinission des péchés, tous ces dons infus, 1: foi, l'espérance et la ( harilé ; car si respérance e la charité ne se joignent à la foi, elle n'unit pas par faiteuicnt avec Jésus-Chrisi , ni elle ne rend pa

SESSION Vï.

fhomme un membre vivnnl de son corps. C'est ce qui a donné lieu à ces vérités, que la foi sans les œuvres est morte et inniile ( Jacub. i ) ; el aussi, quen Jésus-Clirist, ni la circoncision , ni Cincirconcision ne servent de rien , mais la foi qui opère par la cfiarilé (Galat. 5). Cesi celle foi que les catéchumènes, selon la tradition des apôtres , demandent à l'Eglise auparavant le sacrement de baptême, lorsiiu'ils demandent la foi , qui donne la vie éternelle , que la foi seule ne peut pas donner sans l'espérance et la charité. Et pour cela , on leur répond incontinent cetle parole de Jésus-Chri>l : Si vous voulez entrer en la vie, gardez les commandements (Malth*19). C'est pourquoi, aussitôt qu'ils sont nés de nouveau par le baptême, recevant celle justice chrétienne et véritable, comme la première robe qui feur est donnée par Jésus-Christ, au lieu de celle qu'Adam a perdue pour lui et pour nous , par sa désobéissance , ils reçoivent aussi en même temps le commandement de la conserver blanche et sans taclie^ pour la pouvoir prés;Mîter en cet état devant le tribunal de Noire- Seigneur Jésus-Christ, et obtenir la vie éternelle.

Chapitbe YIH.

Comment il faut entendre que r homme est justifié par la

foi et gratuitement.

Quand doive i'Apôlre dit (Rom. 5), que thouime est justifié par la foi et gratuitement , ces paroles doivent être enlenducs en ce sens qui a toujours été celui que, d'un consentement générai et perpétuel , l'Eglise catholique a tenu et a fait entendre aux fidèles, savoir : que nous sommes dits être justifiés par la foi , parce qu'en effet la foi est le commencement du salut de l'homme, le fondement el la racine de toute justification, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu et d'arriver à C association de ses enfants (liebr. 11). Et de même nous sonmies dits être justifiés gratuitement, parce qu'en effet rien de tout ce qui précède la justification, soit la foi , soit les œuvres , ne mérite la grâce même de la justification ; car, si c'est une grâce , elle ne vieni pas des œuvres; au.rcnicnt , comme dit I'Apôlre (lAom. il), la grâce ne serait pas grâce.

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