Chapitre XIV
De la manière de procéder contre les clercs concubi-
naires.
Combien il est honteux à des ecclésiastiques, qui se sont dévoués au service de Dieu, ctconibîen c'est une chose indigne du nom qu'ils portent, de s'abandonner aux désordresdel'inipudicité, et de vivre dans l'ordure d'un concubinage : c'est une vérité qui n'est (|ue trop manifeste, et par le scandale général qu'en prennent tous les fidèles, el par l'extrême déshonneur q n'en reçoit tout l'ordre ecclésiastique. Afin d.)nc que les ministres de l'église puissent êire rappelés à cette continence et pureté de vie si biejiséante à leur caractère, et que le peuple apprenne à leur porter d'autant plus de respect qu'il les verra mener une vie plus chaste et plus honnête, défend le saint concile à lous ecclésiastiques de tenir dans leurs maisons ou dehors des concubines ou autres femmes dont on puisse avoir du soupçon, ni d'avoir aucun commerce avec elles; autrement, ds seront punis des peines portées par les saints canons, ou par les statuts particuliers des églises. Que si après avoir éié avertis par leurs supérieurs ils ne s'en abstiennent pas, ils seront dès lors même effectivement privés de la troisième partie des fruits, renies et revenus, de tous leurs bénéfices et pensions; laquelle sera appliquée à la fabriqjie de l'église, ou à quelque autre heu de piété, selon qu'il plaira à Tévêque. Mais si, persévérant dans le même désordre avec la même femme ou avec quelque autre, ils n'obéissent pas encore à une seconde monition , non seulement ils perdront lous les fruits et revenus de leurs bé; éfices ou pensions, qui .seront appliqués aux lieux susdits , mais ils seront encore suspendus de la (onction de leurs bénéfices, tant (|ue l'ordinaire, connue délégué ru ême du Siège apostolique, le jugera à propos. Et si étant ainsi suspendus ils ne chassent pourtant pas encore ces personnes, ou continuent leur mauvais commerce avec elles, ils seront pour lors privés à perpétuité de tous bénéfices, portions, offices, et pensions ecclésiastiques , et demeureront à l'avenir Incapables et indignes de lous honneurs, digniiés, béné > ces et offices, jusqu'à ce qu'apjè^ un mendenu;, t de vie manifeste, leurs supérieurs auruni jui^é a pro» os, U'ui. Le saint concile ordonne donc à toutes.personnes pour bonnes raisons, de leur donner dispense. Mais s»
après es avoir une fois renvoyées ils sont assez eses oour recommencer le comnîerce qu'Us avaieni inierrompu, ou pour reprendre d'autres pareVIles femmes scandaleuses, onire les peines susdit*»s, ils seront encore frappés dir glaivr de rexcomnuinication, sans qu'aucune api «MIation ni exemplion puissf' ompêcher ou nrrèler Pexécution decequo dt^ssns. La connaissance de toutes les choses susdites n'apparliendra point aux archidia« rcs. ni aux doyens on autres inférieurs, mais directement aux évêques mêmes; lesquels, sur la siuiple vérité du fait reconnu, pourront procéder sans bruit el sans fornialiié de justice,
A regard des ecclésiasiiques qui n'ont ni bénéfices, ^i pensions» selon la qualité do leur faute, et selon qu'ils y auront plus ou nioius persévéré, avec conluniace, ils seront punis par l'évéque, par emprisonnement. suspei»sion de la foncuon de leurs ordres, déclaration d'incapacité à tenir quelque bénéfice que ce soit, ou par d'autres voies conformément aux saints canons.
Que si même il arrivait, ce qu'à Dieu ne plaise, que des évêques tombassent en ces sortes de crimes ; et qu'après avoir été admonesiés par le synode provincial, ils ne se corrig(;asseut pas, ils seront réellemi nt et défait suspendus; et s'ils continuaient encore après cela, ils seront déférés par le même synode au irèssaint Père qui, selon la qualité du crime, en fera le châtiment, jusqu'à les priver même de leur siège, s'il en est besoin.