Chapitre XXI
Qu*en toutei choses l'autorité du Siège apostolique de*
meure en son entier.
Déclare en dernier lieu le saint concile que lentes les choses en général et en particulier qui, sous quelques clauses et quelques termes que ce soit, ont été établies touchant la réformalion des mœurs et la discipline ecclésiastique dans le présent saint concile, tant sous les souverains pontifes Paul III et Jules M d'heureuse mémoire que sous le très-saint Père Pie IV, ont été ordonnées de sorte qu'on entend toujours qu'à cet égard l'autorité du Siège apostolique soit et demeure sans atteinte.
Décret pour continuer la session le jour suivant.
Les choses qui devaient être traitées dans la présente session ne pouvant être cominodéineui terminées à cause que l'heure est avancée , pour cela ce qui reste sera différé au jour de demain, que l'on continuera la même sej^sion, suivant ce qui a été délibéré par les Pères dans la congrégation générale.
Continuation de la même session , le k dé^
cembre.
Décret touchant les indulgences.
Le pouvoir de conférer les indulgences ayant été accordé paré Jésus-Cbrist à l'Eglise, qui dès les premiers temps mêmes a usé de cette puissance qui lui a été donnée de Dieu , le saint concile ordonne et prononce (pi'on doit garder et retenir dans l'Eglise l'usage des indulgences, comme irès-salutaire au peuple chrétien, et approuvé par l'autorité des saints conciles ; et condamne en même temps d'anaihème lous ceux ou qui disent qu'elles sont inutiles, ou qui nient que l'Eglise ait la puissance de les accorder. H désire néanmoins (lue, suivant la coutume ancienne et approuvée dans l'Eglise, on /es acco. de avec réserve et modération, de peur que, par trop de facilité, la discipline ecclésiastique ne vînt à s'affaiblir.
Mais à l'égard des abus qui s'y sont glissés, et à l'occasion desquels ce nom favorable d'indulgence est blasphémé par les hérétiques, le saint concile, souhaitant extrêmement qu'ils soient réformés el corrigés, ordonne en général par le présent décret que toutes recherches de iirofiis criminels dans la dislribution soient entièrement abolis, comme ayant été la cause de plusieurs abus qui se sont répandus parmi le peuple chrétien. El jiour lous les autres abus qui sont venus ou de superstition, ou d'ig..orance, ou d'irrévérence, ou de quehjue autre cause que ce soit, comme ils ne peuvent pas être aisément spécifiés en détail, à cause de la grande variété de désordres et de corruptions qui se commettent à cet égard, selon la diversité des lieux et des provinces, il ordonne à tous les évéques de recueillir, chacun soigneusement dans son diocèse, toutes ces sortes d'abus, et d'en faire le rapport dans le premier synode provincial, pour, après avoir aussi été reconnus parle sentiment des autres évê(pies , être incontinent renvoyés au souverain pontife, afin que par son autorité et par sa prudence il soit réglé ce qui sera expédient à fEghso universelle; etque, par ce moyen, le irésor des saintes indulgences soit dispensé à tous les fidèles, avec pieté, sainteté, et sans corruption.
Du choix des viandes^ des jmnes el des fêles.
Le saint concile exhoiie de plus, et conjure tous les pasteurs, parle très-saint avènement de Noire-Seigneur et Sauveur, que, comme de braves combattants, ils ne cessent point de recommander à tous les fidèles toutes les choses que la sainte Eglise romaine, la mère el la maîtresse de toutes les églises, a ordonnées, et pareillement aussi toutes celles qui ont été ordonnées et décidées, tant dans le présent concile que dans les autres œcuméniques ; et qu'ils apportent toute sorte de soin et de diligence pour obliger les peuples à s'y rendre, et pafticuhërement aux observa lions qui vont à mortifier la chair, comme sont la diflérencc des viandes et les jeûnes; et à ce(lç5 qui coq-
im
iribuent à augmenter la piété, comme la célébration pieuse et dévme des Jours de fêles; les avertissant souvent d'obéir à ceux qui sont préposes a leur conduite puisque ceux qui les écouleront entendront Dieu,quiles invitera un jour à la recompense ; etceux qui les mépriseront, éprouveront aussi la vengeance
^uZTlog^^dês livres, du Catéchisme, du Bréviaire, et du Missel.
Le saint concile, dans la seconde session tenue sous Pie IV notre irèii-sainl Père, avait donné commission à nuelq'ues Pères choisis exprès d'examiner ce qu il y avait a faire à regard de diverses censures et de plusieurs livres suspect; et pernicieux, et deu laire le rapport au saint contile. El comme il apprend maintenant qu'ils ont mis h» dernière main à cet ouvrage, et que cependant la multitude et la variele des livres ne permet pas que le saint concile en puisse faire aisément sur le champ le discernement, il ordonne que tont leur travail soii p^'lé au très-saint Père, atin qu'il soit clos et mis en lumière, selon qu il le jugera a propos, et sous son autorité. Il ordonne i)areillement aux Pères qui avaient été charges du Catéchisme de fair*^ la même chose à l'égard du dit Catéchisme, aussi bien que du Missel et du Bréviaire.
Touchant le nmq et la place des ambassadeurs. ^ ^ Déclare le saint concile que par la place qui a ele assignée aux ambassadeurs, tant ecclésiasiiques que séculiers, soit dans la séance, soit dans la maiche, ou dans quelques autres actioiis que ce soit, il n'a eie établi aucun préjugé à Tégard de qui que ce soit ; et que lous lesdioiiset prérogatives de Icms personnes et de leurs maîtres, soit de Fempereur, des rois, des républiques ei des princes, restent en leur entier, et sans atteinte, et demeurent au même eiai qu'ils se trouvaient avant le présent concile. , . , . Touchant la réception et l'observation des décrets du saint concile.
La calamité de ces derniers temps a été si grande, et la malice des hérétiques si opiniâtre, qu'il n'y a rien eu de si clair pour la confirmation de notre toi, rien de si certainement établi dans tous les siècles, qu'ils n'aient corrompu par quelque erreur, à la persuasion de l'ennemi du genre humain. C'est ce qui a obligé le saint concile de s'attacher particulièrement à condamner et anathématiser les erreurs principales des héréii(iues de notre temps, comme il les a condamnées et anathémalisées; et à exposer et enseigner la doctrine véritable et catholique, ainsi qu'en effet il l'a déclarée. Or, comme il ne se peut fane que tant d'évêques assemblés de tant de ditférentes provinces de la chrétienté puissent être si longtemps absents de leurs églises, sans un dommage considérable du troupeau qui leur a été confié, et sans qu'il soit en péril de tous côtés ; et comme d'ailleurs il n'y a plus aucune espérance que les hérétiques si longtemps attendus, et tant de fois invités, même par une assurance publique, telle qu'ils l'ont eux-mêmes desiree, viennent ici désormais , et qu'ainsi il est temps de mettre enfin la clôture au présent saint concile , il ne reste plus maintenant que de convier tous les princes, comme il fait, au nom du Seigneur, à prêter de telle manière leur assistance, qu'ils ne permettent pas que les choses qu'il a ordcmnécs soient corrompues ou violées par les hérétiques; mais plutôt qu'elles soient embrassées avec piété, et fidèlement observées par les princes mêmes, et par tous en général.
Que s'il s'élève quelque dilficulté dans cette réception, ou qu'il survienne quelque chose ( ce qu'il ne croit pourtant pas) qui demande explication ou resoluiion ; outre les autres moyens établis par la présente assemblée, le saint concile a cette confiance au très-saint Père que, pour la gloire de Dieu et pour la tranquillité de l'Église, il aura soin de pourvoir aux besoins particuliers des provinces, soit en appelant a lui, des lieux particulièrement où la difficulté sera nue, ceux qu'il jugera à propos, pour traiter de l'af-
faire ; soit en assemblant même un concile général, s'il le trouve nécessaire, ou par quelque autre voie que ce soit, qui lui paraîtra la plus propre. Que lecture sera faite en pleine session des décrets rendus sous Paul III et sous Jules III.
Comme dans ce saint concile plusieurs choses ont Hé ordonnées, et définies en divers temps, touchant les dogmes et louchant la réformalion des mœurs, tant sous Paul III, que sons Jules III, d'heureuse mémoire, le saint concile désire qu'elles soient présentement lues et récitées.
Et elles furent lues.
Clôture du concile ; et que la confirmation en sera demandée au très-saint Père.
Illustrissimes seigneurs, révérendissimes Pères, trouvez-vous bon qu'à la gloire de Dieu loui-puissant, on melle fin au présent saint concile œcuménique ; et que la confirmation de louies et chacunes les choses qui ont été ordonnées et définies, tant sous les souverains pontifes Paul III et Jules 111 d'heureuse mémoire que sous noire très-saint Père Pie IV, soit demandée au nom du présent saint concile, par les présidents et légats du Siège apostolique, au très-saint Père, ils répondirent : Nous le trouvons bon.
Ensuite rillnstrissime et révérendissime cardinal Mnron, le prewier des légats et présidents, donnant ta bénédiction au saint concile, dit : Après avoir rendu grâces à Dieu, révérendissimes Pères, retirez-vous en paix, ils répondirent : Ainsi soil-il.
Les acclamations des Pères à la fin du concile.
Le CARDINAL DE LORRAINE. — A notre très saint Père le pape Pie, ponliTe de la sainte Eglise universelle, longues années et éternelle mémoire.
Képonse des l'ÈREs. — Seigneur Dieu, conservez longues années le iiès-saint Percàvotre Eglise.
Le CARDINAL.— Notre-Seigoenr daigne accorder paix, gloire éternelle, et félicité dans la lumière des saints, auxâines des bienheureux souverains pontifes Paul 111 et Jules III, bOiis l'aiiioriié desquels le saint concile général a été commencé.
Les pères. — Leur mémoire soit en bénédiction.
Le CAiiDiNAL. — La mémoire de l'empereur Charles- Quint et des séréaissimes rois qui ont promu et protégé l'assemblée de ce saint concile universel soit en bénéiiction.
Les pères. — Ainsi soil-il, ainsi soil-il.
Le CARDINAL. — Au séiénissime empereur Ferdinand, toujours auguste, ortluidoxe et pacifique, et à tou> les rois, aux républiques et à nos princes, longues années.
Les pères. — Conservez, Seigneur, le pieux et chrétien empereur. Mettez sous votre protection. Em-
fkercur du ciel, les rois de la terre, conservateurs de a saine créance.
Le CARDINAL. — Grandes actions de grâces et longues années aux légats du Siège apostolique romain," présidents en ce concile.
Les pères. — Grandes actions de grâces. Le Seigneur les récompense.
Le cardinal. — Aux révérendissimes cardinaux et illustres ambassadeurs.
Les pères. — Grandes actions de grâces. Longues années.
Le cardinal. — Aux très-saints évêques longue vie, et heureux retour à leurs églises.
Les pères. — Aux hérauts de la vérité mémoiafii perpétuelle. A l'assemblée orthodoxe longues annét^
Le cardinal. — Le saint et sacré concile OEipuménique de Trente ! Confessons sa foi, gardons à jamais ses décrets.
Les pères. — Oui, confessons à jamais sa foi, g^ir dons à jamais ses décrets.
Le cardinal, -v C'est notre commune créance i tou«, ce sont nos communs sen^ments que nous sou
SESSION XXV
iS8
scrivons tous dMn même accord et d*iine même affection ; c'est la foi de S. Pierre et des apôires ; c'est la ibi des Pères ; c'est la foi des orthodoxes .
Les pères. — Oui, c'est notre créance; ce sont nos sentiments ; c'est à quoi nous souscrivons tous
Le cardinal. — Que ceux qui se tiendront à ces décrets, soient rendus dignes de la miséricorde et de la grâce du premier et du grand-prêire souverain Jésus, l'oint de Dieu, par l'intercession de Notre-Dame, la sainte mère de Dieu, toujours vierge, et de tous les Saints.
Les pères. — Amen, amen, qu'il soit ainsi, qu'il soit ainsi.
Le cardinal. — Ana thème à tous les hérétiques.
Les pères. — Anathème, anathènie.
Après cela H fut ordonné, sous peine (Texcommunu cation, par les légats et présidents^ à tous les Pères de souscrire de leur propre main, avant que de partir de la ville de Trente, aux décrets du concile, ou de les approuver par un acte publie. Tous ensuite y souscrivirent , et se trouvèrent en tout deux cent cinquante- cinq : savoir, quatre légats , deux cardinaux , trois patriarches , vingt'Ciuq archevêques, cent soixante-huit évêques , sept abbés , trente-neuf procureurs d'absents, avec commission légitime , sept généraux d'ordres.