‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 181 sur 368 · PAPE PAR LA PROVIDENCE DE DIEU · texte numérisé non relu

PAPE PAR LA PROVIDENCE DE DIEU

Sur la confirmation du concile œcuménique et général de Trente

Pie, ÉVÊQUE, serviteur des serviteurs de Dieu, Pour mémoire perpétuelle.

Béni soit Dieu, Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui a daigné jeter les yeux sur sa sainte Eglise, battue et agitée de tant d'orages et de tant de tempêtes, et qui a donné enfin aux maux qui la travaillaient tous les jours do plus en plus le remède d(mt e!lo avait besoii», et qu'elle attendait depuis si li)ngteoips! Paul III de pi<;use mémoire, noire prédé* esseur, dans le désir d'extirper plusieurs hérésies pernicieuses, de corriger les mœurs, de réiablir la discipline ecclésiastique et de procurer la paix et la concorde entre les chrétiens, aurait, il y a longtemps, convoqué dans la ville de Trente le concile œcuménique et général, qui dès lors aurait été ouvert, et où il se serait tenu quelq«ies sessions. Le n-ême concile depuis ayant éfé convoqué de nouveau dans la même ville par Jules, son successeur, après quelques autres sessions qui s'y seraient teuîics, n'aurait pu encore être j)Our lors aehevé à cause de divers obstacles et embarras qui seraient survenus : de sorte (pi'au grand déplaisir di; tous les gensdi' bien, il aurait élé longtemps discontinué, pendant (j'ie tous les jours de plus en plus l'Eglise implorait ca remède. iVlais aussitôt que nous serions entré au gouvernemen! du Siège apostolique, nous aurioiis ÎMConlinenl commencé, sur l'assurance en la miséricorde de Dieu, eî par le zèle pastoral que notre devoir nous inspirait, de travailler à la conclusion de C't ouvrage si saint et si néctîssaire ; et favorisé des pieuses inclinations de notre très-cher fiîs e i Jésus- Christ Ferdinand , emperf ur éiu des Romains, et de tous les autres rois, républiques et princes de la chrétienlé, nous aurions enlin ohtenu ce que nous avions liiciié sans cesse de procurer par ncs soiiis et par noi veilles continuelles , et ce que nous avi' ns tant demandé par nos prières jour et nuit au Père des lumières. De manière que plusieurs évoques et autres prélats considérables, sur nos lettres de convocation et par leur propre zèle , s'élanl rendus de toutes les nations de la chrétienté dans la dite ville en un nombre très-grand et digne d'un concile œcuménique ; outre plusieurs autres grands personnages recommandables par leur piété, par leur science dans les saintes Lettres, et par leur conriaissance des lois divines et huuiaiaes; les légats du Siège apostolique présidant au dit concile, et nous, de notre part , lavorisai>.t encore la liberté de rassen^.blée, jusque là que par nos lettres écrites à nos légats nous liii aurions laissé vohmîiers Tcilière liberté de ses seniimeiits dans les chrises nîêmes qui sont proprement réservées au Siège apostolique; tout ce qui restait à traiter, définir et ordonner touchant les sacrements et autres choses qui avaient paru nécessaires pour détruire les héiét>ies, ôter les abus et corriger les mœurs, aurait été discuté avec tout le soin possible et dans ur.c entière liberté par le saint concile, et défini, expliqué et ordonné avec toute l'exactitude et toute la circonspection qui s'y pouvaient apporter. Toutes ces choses étant ainsi achevées, le concile aurait été clos et terminé dans une si grande concorde et union de tous ceux qui y

LE S. COiNClLE DE TRENTE.

assistaient, quMl aurait paru visiblement qu'un conseiilement si unanime éiait Touvrage du Seigneur , dont nos propres yenx et ceux de tout le monde éiaient avec nous dans l'admiralion. Aussitôt nous aurions ordonné de> processions publiques dans c«iie sainte ville, où le clergé et le peuple aurait assisté solennellement avec beaucoup de dévdlion ; el nous nous serions appliqué à faire rendre grâces à Dieu et à lui témoigner nos jusies reconnaissances pour une faveur si singulière et pour un si grand bienfait de sa divine majesté; puisqu'en effet le succès si favorable du concile nous donne une espérance très-grande el presque certaine que de jour en jour TEglise tirera encore de plus grands avantages de ses décrets cl de ses ordonnances.

Cependant I^ dit saini concile, par le respect qu'il a eu pour le Siège apostolique, et suivant les traces des anciens conciles, nous ayant demandé par un décret rendu à ce sujet dans une session pnblique la confirmation de tous ses décrets, qui ont été rendus sons notre pontificat et du temps de nos prédécesseurs ; nous, ayant été informé de la demande du dit concile, premièrement par lettres de nos légats, et ensuite depuis leur retour par ce qu'ils nous ont fidèlement rapporté de la part du dit concile ; après une mûre délibération à ce sujet avec nos vénérables frères les cardinaux de la sainte Eglise romaine, et après avoir avant toutes cboses invoqué l'assistance du Saint- Esprit; ayant reconnu tous les dits décrets être catholiques , utiles et salutaires au peuple chrétien : à la gloire de Dieu lont-puissant, de l'nvis et du consenlemenl de nos dits frère-, aurions de l'antorifé apostolique confirmé aujourd'hni, dans riofre consistoire secret, tous elchactm les dits décrets, el ordonné qu'ils seraient reçus et gardés par tous les fidèles, comuse par la teneur des présentes , et pour un plus ample éclaircissement , nous les confirmons, et ordonnons qu'ils soient reçus et observés.

Mand<ms, en vertu de sainte obéissance, et sous les peines établies par les saints canons et autres plus grièves,même de privation, et telles qu'il nous plaira de les décerner, à tous et chacun nos vénérables frères, les patriarches, archevêques, évéques el quel(|ues autres prélats de l'i'^glise que ce soit , de quelque état, degré, rang el dignité qu'ils soient, (juand ils seraient honorés de la qualité de cardinal , qu'ils aient à observer exactement les dits décrets et statuts dans leurs églises , villes et diocèses, soit en jtigemenL ou hors de jugement; el qu'ils aient soin de les faire observer invioiablement, chacun par ceux qui leur sont soumis, en ce qui les poui ra regarder; y contraignant les rebelles, et tous ceux qui y contreviendront , par sentences, censures et antres p ines ecclésiasiiipies, suivant niême qu elles sont portées dans les dits décrets; sans égards à appellation , el implorant même pour cela , s'il en est besoin, l'assistance du bras séculier.

Avertissons pareillement, et conjurons par les entrailles de la miséricorde de Notre-Seigneur Jésus- Christ, notre très-cher fils l'empereur élu et tous les autres rois , républiques et princes de la chrétienté , qu'avec la même piéié avec laquelle ils ont favorisé le concile , par la présence de leurs ambassadeurs , et avec la même affection , pour la gloire de Dieu , et pour le salut de leurs peuples ; par le respect aussi qui est dû au Siège apostolii^ne et au saint concile ils veuilleni appuyer de leurs secours et assistance les prélats qui en auront besoin , pour exécuter el faire observer les décrets du dit concile , sans permettre que les opinions contraires à la doctrine saine el salutaire du concile aient entrée parmi les peuples de leurs provinces, mais les défendant et interdisant absoument.

Au reste , pour éviter le désordre et la confusion qui pourrait naître, s'il était permis à chacun de mettre au jour des commentaires et des inlerpréialions telles qu'il lui pl;^irait sur les décrets du concile ; faisons «presse dé'ense, de l'auioriié apostolique , à toute*

personiics , tant ecclésiastiques , de quelque rang t dignité et condition qu'elles soient, que séculières , de quelque puissance et autorité (pi'elles puissent être ; aux prélats, sous peine de l'interdit de l'entrée de l'église , el à tous les autres quels qu'ils soient , sous peine d'excommunication encoîirue dès là même, d'entreprendre , sans notre autorité , de mettre en lumière, de quelque manière que ce soit, aucun commentaire, glose, annotation, remorque, ni généralement aucune sorte d'interprétation sur les décrets du dit concde ; ni de rien avancer à ce sujet , à quelque titre que ce soil, quand ce serait sous prétexte de doimer plus de force aux dits décrets, de favoriser leur exécution, ou sous quelque autre couleur que ce soit. Que s'il y a quelque chose qui paraisse obscur à quelqu'un, soit dans les termes, soil dans le sens des ordonnances, et qui lui semble pour cela avoir besoin de quelque interprétation ou décision ; qu'il ait recours au lieu que le Sauveur a choisi , c'est-à-dire au Siège apostolique, d'où tous les fidèles doivent tirer leur instruction, el dont le saint concile même a reconnu avec tant de respect l'autorité. Si donc au sujet des dits décrets il s'élève quelques difficultés el quelques questions , nous nous en réservons l'éclaircissement et la décision, ainsi que le saint concile Ta lui-même ordonné ; et nous sommes prêt , comme il se l'est promis de nous avec justice , à pourvoir au besoin de toutes les provinces, en la manière qui nous paraîtra la plus commode , déclarant nul et de nul effet tout ce qui pourrait être fail et entrepris contre la teneur des présentes , par qui que ce soit el par quelque autorité que ce puisse être , avec connaissance ou par ignorance. Et afin qu'elles puissent venir à la connaissance de tout le monde , et que personne ne puisse alléguer pour excuse qu'il les a ignorées , voidons et ordonnons , que dans l'église du Prince des apôtres au Vatican , et dans celle de Saint Jean-de-Laîran, au temps que le peuple a coutume de s'y assembler pour assister à la grand* messe, les présentes soient lues publicpiement el à haute voix par les huissiers de notre cour. El qu'après que lecture en aura été faite , elles soient affichées aux portes desjdites églises , à celles de la chancellerie apostf'rKjne el au lieu ordinaire du Champ-de-Flore ; et que là elles soient laissées quelque peu de temps, afin qu'elles puissent être lues et connues d'un chacun ; et lorsqu'elles en seront ôiées, y laissant des copies selon la coutume, qu'elles soient données à imprimer dans cette sainte ville de Rome , afin qu'elles puissent être plus commodément portées par toutes les provinces et royaumes de la chrétienté. Enjoignons et ordonnons qu'aux copies d'icelies écrites ou signées de la main de quebjue notaire public , el autori^^ées du sceau et de la signature de quelque personne ecclésiastique consliluée en dignité , il soil ajouté foi sans aucune difficulté. Que nul donc ne soil assez hardi, pour enfreindre aucunement ces présentes lettres de confirmation, d'avertissement, de défense, de réserve et de déclaration de notre volonté touchani les susdites ordoimances et décrets ; ou pour y contrevenir par une entreprise téméraire. Et si quelqu'un ose con)melire cet attentat, qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu loul-puissaut et de ses bienheureux apôtres .saint Pierre et saint Paul. Donné à Rome, dans Saint- Pierre , le 2 >* de janvier , l'an de l'Incaination de Noire-Seigneur mille cinq cent soixante-quatre , le cinquième de notre pontificat.

PIE, ÉvÊQUE DE l'Église universelle.

F., CARDINAL DK PisE, évêquc d'Oslic, doyen — Fred. GARD. CoESius , évêquc de Port. — J. card. Moron , évéque de Tivoli. — A.-card. Farnèse , vice-chan-

ceUer. évêque de Sab. — —

... — R.-CARD. DE S. -Ange, grand-pénitencier. — •

J. GARD. DG S.-YlTAL. — J.-MlGHEL, GARD. SaRRASW*

— J.-B. CîCADA ; CARj). Pfi S. 'Clément. — «...mm

SESSION XXV

SCIPION, CARD, RE PiSE. — J. CARD. ROMAIN. — F.-M. G., CARDINAL ALEXANDRIN. — F. ClÉMENT ,

CARD. D'A RA-COELI. — Ja. CAKD. SaBELM. —

— B. CARD SaLVIAT. —

Po. CARD. Aburd. — Louis -card. Simonetta. —

— — F. card. Paccieco

cl de To. — M -card. Amule. — Jean-François ,

GARD. DE GaMBARA. — ChARLES CARD. liORROMÉE.

— m.-s., card. de constanci:. — f. card. guesvald. — Hipp. card de Ferrare. —François card.

DE GONZAGUE. — — Gui AsC, DIACR.

card. Cam. — Yitel. cardinal Yitelli. —

Ant. Florebkl Lavellin,

H. CCMYN.

BULLE

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