‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 182 sur 368 · PAR LA GRACE DE DIEU · texte numérisé non relu

PAR LA GRACE DE DIEU

Sur la forme du serment de la profession de

foi.

Pie, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu. Pour mémoire à la postérité.

Le devoir de la servitude apostolique qui nous a élé imposée exige qu'à ! honneur et à la gloire do Dieu tout - puissant , nous nous appliquions incessamment et avec soin à rexéculion des choses qu'il a daigné divinement inspirer aux SS. Pères asseinhlés en son nom, pour la honnc conduite de som Eglise. Tous ceux donc qui seront à l'avenir élevés aux églises cathédrales et supérieures ou qui seront promus aux dignités des dites églises, canonicals ou quelques autres bénéfices ecclésiastiques que ce soil ayant charge d'âmes, étant obligés, selon la disposition du concile de Trente, de faire une profession publique de la foi orthodoxe, et de jurer et promettre qu'ils demeureront dans l'obéissance de l'Eglise romaine^ nous, voulant aussi que la même chose soil observée par tous ceux qui, sous quelque nom ou titre que ce puisse être, seront préposés aux monastères, couvents, maisons et tous autres lieux de quelques ordres réguliers que ce soit, et même de chevalerie, et que rien ne puisse être désiré par personne de ce qui peut dépendre de notre soin, pour faire en sorte qu'une même profession de foi soit faite par tous de la même manière, et que la même formule, unique et certaine, vienne à la connaissance d*un chacun : Ordonnons, en vertu des présentes, et enjoignons irès-éiroiitment par autorité apostolique, que la formule même ciaprès insérée dans ces présentes, soit publiée, et por toute la terre reçue et observée par ceux qui y sont obligés selon les décrets du dit concile, et par les autres sus-mentionnés, et que, sous les peines portées par ledit concile contre les contrevenants, la dite proiession de foi soit par eux faite solennellement, conformément à la dite formule, selon la teneur suivante et non autrement :

Je N.f crois d'une ferme foiy et confesse tous et chacun^ les articles qui sont contenus dans le Symbole de la foi, dont se sert la sainte Eglise romaine, comme il s'ensuit ;

Je crois en un seul Dieu, le Père tout -puissant y créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visiblés et invisibles, et un seul Seigneur Jésus-Christ , Fils unique de Dieu, et né du Père avant tous les siècles. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu du vrai Dieu, engendré et non fait con substantiel un Père, par lequel toutes choses ont élé [ailes, qui, pour l'amour de nous hommes et pour notre saint, est descendu des deux y fl a pris chair de la vierge Marie, par la vcriu du Si-.int-

Esprît, et s'est fait homme ; qui a été aussi cr\icilîé pour nous, sous PoncePilate, a souffert et a été enseveli; qui est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, et est monté au ciel, est assis à la droite du Père, et viendra une seconde fois avec gloire juger les vivants et les morts; duquel le règne n'aura point de fin ; et au Suint-Esprit Seigneur et vivifiant, qui procède du Père et du FilSf qui, avec le Père et le Fils, est conjointement adoré et glorifié, qui a parlé pur les prophètes; et l'Eglise une, sainte, caihoUque et apostolique. Je reconnais im seul baptême pour la rémission des' péchés, et j'attends la résurrection des morts, et la vie du siècle à venir. Ainsi soil-il.

J'admets et j'embrasse fermement les traditions apostoliques et ecclésiastiques, et toutes les autres observations et constituions de la même Eglise ; de plus j'admets la sainte Ecriture, selon le sens que lient et a tenu la sainte mère Eglise, à qui il appartient de juger du véritable sens et de la véritable interprétation des saintes Ecritures, et je ne l'entendrai ni ne l'i7iterpréterai jamais autrement que suivant le comenlement unanime des SS* Pères, Je confesse aussi qu'il y a proprement et véritablement sept sacrements de la nouvelle loi, institués par Jésus-Christ Notre-Seigneur, et pour le salut du genre humain, quoique tous ne soient pas nécessaires à chacun ; c'est à savoir : le baptême, la confirmation, l'Eucharistie, la pénitence, l'extrême- onction, l'ordre et le mariage, qui confèrent tous la grâce, et entre lesquels le baptême, la confirmation el l'ordre ne peuvent être réitérés sans sacrilège.

Je reçois et admets aussi les usages de l'Eglise catholique, reçus et approuvés dans l'administration solennelle des susdits sacrements. Je reçois et j'embrasse toutes et chacune les choses qui ont élé définies et déclarées dans le saint concile de Trente, toucha^it le péché originel et la justification.

Je confesse pareillement que le véritable sacrifice, propre et propitiatoire , est offert dans la messe pour les vivants el pour les morts ; et que dans le très-saint sacrement de l'Eucharistie est véritablement, réellement et substantiellement le corps et le sang, ensemble avec l'âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et qu'il se fait une conversion de toute la substance du pain en son corps, el de toute la substance du vin en son sang, lequel chan^ gement l'Eglise catholique appelle transsuhstaniialion. Je confesse aussi que Jésus-Christ tout, et entier, et le véritable sacrement, est reçu sous l'une ou sous l'autre des deux espèces. Je tiens constamment quil y a un purgatoire, et que les âmes qui y sont détenues sont aidées par les suffrages des fidèles. Semblablement aussi que les saints qui régnent avec Jésus-Christ doivent être honorés et invoqués , et qu'ils offrent leurs prières à Dieu pour nous; et que leurs reliques doivent être honorées. Je tiens très-jermement que les images de Jésus- Christ el de la Mère de Dieu, toujours vierge, aussi bien que des autres saints doivent être gardées et retenues, et qu'il leur faut rendre l'honneur el la vénération com^enable. J'assure aussi que la puissance des indulgences a élé laissée par Jésus-Christ dans l'Eglise, et que leur usage est très-salutaire au peuple chrétien. Je reconnais l'Église romaine , catholique et apostoliqnte , poîir la mère et la maîtresse de toutes les églises. Et je jure et promets une véritable obéissance au pontife romain, vicaire de Jésus- Christ, successeur de saint Pierre, prince des apôtres. Je confesse et reçois aussi sans aucun doute toutes les autres choses laissées par tradition , définies el déclarées par les saints canons et par les conciles œcuméniques, el particulièrement par le saint et sacré concile de Trente; et pareillement aussi je condamne, je rejette et anaihématise toutes les choses contraires et toutes les hérésies, quelles quelles soient, qui ont été condamnées^ rejeiées et anathémalisées dans l'Eglise. Celte foi véritable el catholique, hors laquelle personne ne peut être sauvé, que je professe présentement de mon plein gré, et que je tiens véritablement, je, N.,jure, promets et m'engage de la tenir et professer, avec le secours de Dieu , constamment et inviolablement en son entier, jusqu'au dernier soupir de ma vie ; et que j'aurai soin , autant

qu'il sera en moL qu'elle soit prêchée^ ens&gnée et gar- d'y contrevenir par un attentat téméraire; et si quel

dée par ceux qui dépendront de moi, ou par ceux qui en vertu de mon emploi seront commis en mon soin. Ainsi Dieu me soit en aide, et ces saints Evangiles de Dieu.

Voulons que ces présentes lellies soient lues, selon la coutume, dans noire chnncellerie apostolkiue; cl, alin qu'elles soient plus facilemcnl connues de tout le monde, qu'elles soient iriuiscriles dans le tableau, et lïiéme qu'elles soient inipriinées. Qu'aucune personne donc lie se donne la licence d'enfreindre ou de violer cet exposé de noire volonté et coinmandement , ou

qu'un était assez o^é pour l'entreprendre, qu'il sache qu'il encourra l'indignation de Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul. Donné à Rome, dans Saint-Pierre, le treizièmede novembre, l'an de l'incariialion de Notre-Seigneur mil cinq cent soixante-quatre, de notre pontiiicat l'an cinquième.

Fe. cardinal C^sius.

C^s. Glorierius.

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