DES SACREMENTS EN GÉNÉRAL
La première chose qu'il faut examiner, touchant les sacrements en général , est la force et la vertu du mot de sacrement et ses différentes significations , afin que l'on puisse discerner plus facilement celle qui lui est propre en ce lieu-ci. Les pasteurs feront donc remar- , quer aux fidèles que le mot de sacrement est pris d'une manière par les auteurs profanes , et d'une autre par les auteurs ecclésiastiques. Car les auteurs profanes s'en sont servis pour signifier l'obligation qu j
nous contractons , lorsque par noire serment nous nous obligeons au service d'un autre. El c est ainsi que le serment que les soldais romains faisaient de servir fidèlement la république était appelé par eux le sacrement miliiaire. El c/esl le sens le plus ordinaire dans lequel ils ont pris le terme de sacrement. Mais les auteurs ecclésiastiques se sont servis de ce mot dans le sens dans lequel les Grecs usaient de celui de mystère, pour marquer quelque chose de saint et de caché. Et c'est en ce sens que S. Paul l'emploie dans ces paroles de son Epître aux Ephésiens (1,9): Pour nous faire connaître ainsi le sacrement de sa volonté ; et dans ces autres de celle à Thnothée (2 ïinri. 3,46): Ce sacrement de la piété est (jrand. Le Sage dit aussi dans le même sens (Sap. 2 , 22) : Ils iionl point connu le sacrement de Dieu. Car il est aisé de remarquer que le terme de sacrement n'est empioyé dans ces passages et dans plusieurs antres de rEcriiui e que pour signifier (juclque chose de sacré et de caché. C'est pourquoi les Pères latins ont cru qu'ils pouvaient avec raison appeler sacrements certains signes sensibles qui produisant la grâce la marquent, la signifient et la rendent en quelque sorte sensible à nos yeux. On peut dire aussi , selon la pensée de S. Grégoire , que ces signes sont appelés sacrements , parce que la grâce élnni cachée sous les appr^rences de ces choses corporelles , comme sous un voile qui la couvre, opère le salul.
Et il ne faut pas que l'on s'imnpine que ce terme de sacrements pris en ce sens ait élé introduit de nouveau dans l'Eglise. Car il ne faut qu'avoir lu S. Jérôme et S. Augustin pour reconnaître que les anciens auteurs qui ont écrit des vérités de notre religion s'en sont servis dans le même sens, et que même quelquelois ils ont employé ceux de symbole , de signe mystique, de signe sacré, pour signifier la même chose. Cela suffit pour faire counaître la signification du mot de sacrement qui convient aussi aux sacrements de la loi ancienne. Mais conime ils ont 'été abolis })ar la loi de grâce et par l'Evangile, il n'est pas nécessaire que les pasteurs s'arrêtent à en instruire en particulier les fidèles.
Mais outre la signification de ce terme que nous venons d'expliquer,"il faut encore examiner la nature et les propriétés de la chose qu'il signifie, afin que les fidèles puissent comprendre ce que c'est propreuient que sacrement; car il est certain que les sacrements sont du nombre des choses qui sont nécessaires pour obtenir la justice et le salut.
Quoiqu'il y ail plusieurs manières excellentes de le leur faire comprendre, il n'y en a point néanmoins qui l'explique plus nettement cl plus clairement que la définition que nous en a donnée S. Augustin , et (jue tous les théologiens ont suivie aprèsiui.«Lesacrement, dit ce saint docteur, est le signe d'une chose sacrée, ou pour parler en d'autres termes, qui signifient pourtant la même chose : Le sacrement est un signe visible de la grâce invisible institué pour, notre justification. >
Et afin que cette définition se comprenne mieux, il faut en expliquer toutes les paroles en particulier, et remarquer 1° qu'entre les choses qui se connaissent par les sens , il y en a de deux sortes : que les unes n'ont été inventées que pour en signifier d'autres, et les autres ne sont faites que pour se faire connaître elles-mêmes. Presque toutes les choses naturelles sont de ce dernier genre. Mais il faut mettre au premier, la parole, récriture, les enseignes, les images , les trompettes et plusieurs choses seuiblablcs. En effet si vousôtez, par exemple, aux [iarohis leur signification , vous détruisez en même temps la fin pour laquelle elles ont élé instituées. C'est pourquoi ces sortes de choses sont proprement des signes. Car S, Augustin appelle proprement signe ce qui outre la chose qu'il présente aux sens fait que l'on en conçoit une autre. Ainsi lorsque nous trouvons des pas imprimés sur la terre , nous connaissons en même temps qu'il
CATÉCHISME DU CONCILE DE TRENtE.
faut qu'il soit passé une personne qui y ail imprimé ces pas.
Cela supposé , il est clair qu'il Jiiut mettre les sacrements au rang des choses qui sont instituées pour en signifier d'autres, puisqu'ils nous représentent par ce qui se passe extérieurement dans leur administration ce que Dieu, par sa vertu toute puissante qui ne se peut apercevoir par le sens, opère intérieurement dans l'âme. Ainsi, par exemple, lorsque dans le baptême on verse Teau sur le corps, en usant de certaines paroles propres et particulières à cet effet, cela signifie que l'âme est lavée et purifiée invisiblement, par la vertu du Saint-Esprit, de toutes les taches et de toutes les souillures du péché , et qu'elle est ornée et proportionnée par le don céleste et parfait de la justice. Eu sorte que ce lavement extérieur du corps opère invisiblement dans l'âme, comme nous l'expliquerons ensuite, ce qu'il désigne et marque extérieurement.
L'Ecriture sainte nous insinue assez clairement qu'il faut mettre les sacrements au rang des signes. Car l'Apôtre, parlant de la circoncision qui était un sacrement de la loi ancienne, et qui avait élé ordonnée à Abraham, le père de tous les fidèles, dit (Rom. 5, 18) qu'il reçut la marque de la circoncision , comme le secret de la justice qu'il avait eu par la foi. Et lorsqu'en un autre endroit il assure (Rom. 6, 5) que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Clirîst nous l'avons été en sa mort , il nous veut faire entendre que le baptême nous niarque, comme il le dit lui-même, que nous y sommes ensevelis avec Jésus-Christ pour mourir au péché.
Ainsi il est très-important que les fidèles sachent que les sacrements sont des signes, puisque par-là ils ]ieuvent plus aisément être portés à croire que ce qu'ils significiit, ce qu'ils renferment et ce qu'ils opèrent, est saint cl digne de respect et de vénération, et que la connaissance de cette sainteté, peut beaucoup servir à leur faire connaître par de dignes actions de grâce la bonté que Dieu a pour eux.
Les sacrements sont donc des signes, mais des sigués iVune chose sacrée , et c'est la seconde partie de îa définition du sacrement, qu'il sera plus aisé de comprendre, si l'on rapporte auparavant ce que S. Augustin a dit avec tant de subtilité de la division des signes. Car, selon ce Père, il y en a de naturels qui, outre la connaissance d'eux-mêmes, nous donneni; celle d'une autre chose. Et c'est ce qui est commun à toutes sortes de signes, commenous l'avons déjà remarqué; ainsi, sitôt que l'on aperçait delà fumée, ou conçoit en même temps qu'il faut qu'il y ait du feu. El ce signe est appelé naturel, parce que ce n'est pas de l'institution des hommes , mais par la nature même de la chose, que la fumée marque le feu. De sorte qu'il suffit de voir de la fumée pour conclure en même temps qu'il y a du feu, quoiqu'il soit caché.
11 y a d'autres signes qui ne sont pas tels par la nature, mais seulement d'institution humaine, comme ceux que les hommes ont inventés pour s'entretenir ensemble, et se faire connaître mutuellement leurs pensées. Et ces signes sont différents en nombre et en qualité. Car les uns appartiennent à la vue, la plupart à l'ouïe, et le reste aux autres sens. Ainsi lorsque nous faisons quelque signe à quelqu'un, par exemple, lorsqu'élevant un étendard l'on veut marquer quelque chose, il est certain que ce signe appartient seulement à la vue, et au contraire le son des trompettes, des flûtes et des violons, qui s'emploie souvent pour signifier quelque chose, et non pas seulement pour le plaisir, regarde, purement l'ouïe. Et c'est en ce sens que les paroles sont particulièrement des signes, parce qu'elles servent à faire connaître les pensées l<;s plus secrètes de l'âme.
Mais outre ces signes qui sont tels de rinstituîion et du comnmn consentement des hommes, il y en a d'autres qui sont établis de Dieu. Et ceux-ci sont encore de diverses sortes, comme tout le monde en convient.
Car les uns ont élé donnés de Dieu aux hommes
PART. 11. DES SACREMENTS
seulement pour leur marquer quelque chose, ou les avenir de quelque chose : comme ont été les purifications delà loi, le pain azyme, et plusieurs autres cérémonies de la loi de Moïse.
Et il y en a d'autres que Dieu n'a pas seulement institués pour signifier, mais même pour produire et opérer ce qu'ils signifient. El c'est de ce dernier genre de signes que sont les sacrements de la loi nouvelle. Car il est certain que ce sont dessj^nes institués de Dieu, et non par des hommes, qui renferment en eux la vertu de produire la chose sacrée qu'ils signifient.
Comme il y a des signes de différentes sortes, il y a aussi des choses sacrées bien différentes les unes des autres. Mais celle qui entre dans la définition du sacrement, c'est, selon tous les Pères et les théologiens, la grâce de Dieu qui nous rend saints, et qui revêt et orne notre âme de toutes les vertus cliréliennes. Car ils ont cru avec raison que c'était précisément à celle grâce qu'il fallait donner le nom de chose sacrée, puisque c'est par son moyen que noire âme est consacrée et unie à Dieu.
Mais pour expliquer encore plus nettement ce que c'est que sacrement en général, et en donner une connaissance plus nette et plus distincte, il faut dire que c'est une chose sensible qui, par l'insiilulionde Dieu, a la vertu de signifier et de produire la sainteté et la justice : d'où il est aisé de coiiclure qu'encore que les images des saints, les croix et autres choses semblables soient des signes des choses sacrées, elles ne doiventpoint néanmoins êtreappelées des sacreinenis. Il est aisé de faire voir la solidité de cette définition par l'exemple de tous les sacrements. Car, si l'on y fait attention. Ton y remarquera les mêmes effels que nous avons remarqués ci-dessus dans le sacrement do baptême, lorsque nous avons dit que le lavenieiit du corps qui s'y fait extérieurement, est le signe efficace de la chose sacrée qui s'opère inlérieuiement par le Saint-Esprit.
Ces signes mystiques que Dieu a inslilués, ont encore ceci de particulier, qu'il ne les a pas desiinés à signifier une seule chose, mais même plusieurs ensemble, comme on le peut remarquer dnns chaque sacrement. Car ils ne signifient pas seulement la saintelé et la justice qui nous y sont communiquées, mais encore ces deux choses qui sont inséparables de notre sanctification : l'' la passion de Notre-Seigueur Jésus-Christ qui en est la cause et le principe ; et T la vie et la béatitude éternelle à laquelle notre saùileté doit se rapporter comme à son unique fin. De soi le que comme tous les sacrements ont cela de commun, c'est avec raison que tous les saints Pères oui enseigné que tout sacrement était un signe de trois choses différentes : d'une chose passée dont il renouvelle la mémoire, d'une chose présente qu'il représente, et d'une chose à venir qu'il promet.
Et il ne faut pas croire que ces saints docteurs aient avancé cela d'eux-mêmes, et sans cire autorisés do l'Ecrilure sainie : car ils ont suivi en cela l'Apôtre. ÎAinsi lorsqu'il dit (Rom, 0,0) : jSous tous qui avons éié Ibaplisés en Jésus-Clirist^ nous avons éui baptisés en sa mort, il montre que le baptême est le signe d'une ichose passée; parce qu'il nous fait souvenir de la passion et de la mort de Notre-Seigneur. Et lorscju'il [ajoute (ibid. 4) : Nous avons été ensevelis avec lui par \le baptême pour mourir au péché, afin que comme Jésus- Christ est ressuscité d'entre les morts par la gloire et la puissance de son Père, nous marchions aussi dans une nouvelle me, il donne clairement à entendre par cos paroles que le baptême est un signe qui nous marque infusion de la grâce que Dieu nous communique dans ce sacrement pour nous faire embrasser une nouvelle vie, et pour nous faire faire avec facilité et avec joie toutes les actions d'une véritable piété. Enfin, lorsqu'il dit (Rom. 6,5) iCarsi nous avons été entés avec lui oar la ressetnbiance de sa mort, nous tj serons aussi entés mr la ressemblance de sa résurrection, il nous fait voir que le baptême nous marque clairenient la vie étcr-
nclle que nous devonsobtenir un jour par son moyen»
Mais, outre ces significations différentes, il arrive souvent ^u'un sacrement ne signifie pas une seule chose présente, mais même plusieurs. Et c'est ce que ceux qui feront quelque attention sur le sacrement de l'Eucharistie y remarqueront aisément. Car il ne marque et ne signifie pas seulement la présence du vrai corps et du vrai sang de Notre- Seigneur Jésus- Christ, mais encore la grâce que reçoivent ceux qui y participent avec pureté de conscience.
Toutes ces considérations fourniront une ample matière aux pasteurs pour faire connaître d'une part aux fidèles combien la puissance de Dieu éclate dans les sacrements de la loi nouvelle, et le grand nombre de mystères cachés qu'ils renferment, et pour les convaincre de l'autre de l'obligation qu'ils ont de les recevoir avec un très-profond respect et de trèsgrands sentiments de religion. Mais rien ne peniêlre plus propre pour y engager les chrétiens, et pour les porter à en faire un bon usage, que de leur déclarer les raisons qui ont excité Notre-Seigneur à les instituer. On en remarque plusieurs.
La première est la faiblesse de l'esprit de l'homme. Car nous voyons qu'il ne peut arriver à la connaissance des choses spirituelles que par la connaissance des choses sensibles. C'est pour cela que le souverain Artisan de toutes choses, désirant nous faire comprendre les effets secrets et cachés de sa touie-puissance, a voulu, par un effet de sa charité pour nous, qu'ils nous fussent marqués par des signes sensibles el corporels. Car, comme a Irès-bien remarqué snint Chrysostôme, si l'homme eût élé dégagé de la masse du corps, Dieu ne lui eût présenlé que des biens pnrcmciit spirituels, et qui eussent été en lièrement dégagés des voiles et des signes corporels : mais parce que rame est unie au corps, il a été nécessaire qu'elle eût recours aux choses sensibles et corporelles pour concevoir celles qui sont spiriluelles.
La seconde raison est que nous avons de la peine à croire les choses qu'on nous promet simplement. C'est pourquoi Dieu n'a point cessé depuis le commencement du monde de déclarer par des promesses expresses et réitérées, ce qu'il s'éiait proposé de faire dans la suite des temps. Quelquefois même, promettant d'exécuter quelque desseijî dont la grandeur surpassait la créance de ceux à qui il le découvrait, il a joint à ses promesscs d'aulres signes qui étaient comme autant d'espèces de miracles. C'est ainsi que lorsqu'il envoya Moïse pour délivrer le peuple d'Israël de la tyrannie de Pharaon, el qu'il vit que ce prophète se défiait même de son secours, craignant que le commandement qu'il lui faisait ne fût une charge trop pesante pour lui, ou que le peuple ne crût pas à ce qu'il lui dirait de sa sa part, il confirma en même temps par divers signes la promesse qu'il lui faisait. De même donc que Dieu dans l'ancien Testament s'est servi des signes pour confirmer ses plus grandes promesses, Jésus-Christ, voulant nous faire espérer la rémission de nos péchés, le don de sa grâce, et la communication du Saint-Esprit, a institué dans la loi nouvelle quelques signes visibles et sensibles qu'il nous a laissés comme les arrhes et les grâces de sa parole, afin que nous ne puissions jamais douter de la fidélité de ses promesses.
La 3* raison est que les sacrements étant, selon l'expression de S. Ambroise , comme les remèdes salutaires du Saujaritain de l'Evangile, Dieu a voulu que nous y pussions toujours avoir recours , ou pour rétablir la santé de nos âmes , ou pour la conserver. Car si la venu de la passion de Jésus-Christ, c'est-à-, dire la grâce qu'il nous a méritée sur l'arbre de la| croix, ne coule incessannnent dans nous par le moyenr des sacrements comme par autant de canaux, il n'y ai aucune espérance de salut pour nous. C'est pourquoi\ Notre-Seigneur, par un effet de sa charité infinie, a > laissé dans l'Eglise des sacrements établis sur sa pa • rôle et sur sa promesse , afin que nous ne pussions douter que le fruit de sa passion ne nous fût commu-^
idè^s et is missent les lidèles entre eux p-ar le hen ,^« Ax\n de la uiâce et de lu chariie.
f bamême nous déclarons publiquement que nous le baP"*'"'; ","" , „erlu de l'eau dont nous som- Sl"vTdanstTa'?ement que nos âmes sontpu-
""|>1laU teVacîemenls ne contribuent pas seulement hrènouieler en nous la foi et à l'y exercer , ma.s encore à augnTenler la cl.arilé et l'an.our que nous ron"dei:»f les.uns aux autres .lo^ue nous fa..
lorsnu on les Y lOnii , un cuiiv"»" ^'' "• -~— r-
aù'euè ye . empoyée en tant qu'elle a la vertu de puïinerT et qu'elle signifi" >=> PU"fi<=ai'«n intérieure de Vime nui s'opère par ce sacrement.
Et c^est en quoi nos sacremenis surpassent de beaucoup ceui Te to loi aMcienne. Car au lieu qu'on ne «ardait en administrant les sacremenis de la lo. ancienne aucune forme déterminée, au moins qui nous sôu connue, ce q»i faisait qu'ils étaient obscurs, et nu' 1 é dt ifesdillicile de connaître ce qu ,1s s.gni- Haienl les nôtres au contraire ont une forme de paroles lëlèment fixe et déterminée, que pour peu quon raUère et qu'on s'en éloigne, le sacrement est nul. \W sMls s« t très-clairs et ne laissent aucun doute ^"aucune difficulté dans resprit l»";;,';''"' «^V^^ nrodui-ent et la chose qu'ils signifient. Cette matière et oeue forme sont donc les parties essentielles qu. comDOsenl les sacremenis. .
L'Lelise dès ses premiers commencemenls, a joint h res Dart es des sacrements certaines cérémonies ?X,r:t solennelles qui. bien qu'eUe^^^^^^^^
rsque nous faisoi.s J^^'^'J ^^^^g^^n^^ puisqirils peuvent subsister sans ré(ïexro.rquê^i^esl" par la conn.unication des sam s pas de »^"™f ; P;^^\i„s s'omettre sans péché,, retlexion q ,__ ,„,^ ensemblejar^es elks .J^^^^^^ ^^^^^^ ^, .^esj avec beaucoup de
raison qu'elle a établi et conserve cette coutume.
Car r il était de la sainteté et de la grandeui de noire relidon de faire éclater le respect que Ion doit avilr pou? les divins mystères, en ne perme"an pas nue d'autres que des personnes qui paraîtraient au Znis (xtérieurement dans un état de sainteté admiumfrflssent des choses si saintes. ,
^Ces céi^monies font connaître plus distinctement et mettent comme devant les yeux les effets que produiseni les sacrements, et en impriment la sainteté plus fortement dans fesprit des fidèles. .
3» Enfin elles élèvent l'esprit de ceux qui les observent cxaclemcnt et qui les considèrent avec attention à la contemplaiion des choses les plus élevées et elles excitent et augmentent eu eux la J- et h cl a-
STœ:rqrr^~sStsmemb.^
''EnnnTa'dSre raison qui montre l;^ nécessité des sac^eS^ems! et qui doit être [-s-considerab^ tou Tiersonne qui se conduit selon les senlimenis ut la «iélé chréUenne , c'est que les sacremenis servent raucoup à r^pnmer Toïgueil de notre esprit , et a nous exercer dans r humilité, parce que nous sommes ?ontrahr pour obéir à Dieu, que notre in.piete nous S hit abandonner pour servir aux créatures sentes de ce monde , de nous soumettre à ces mêmes rrpainres dans les sacrements. . ,.^
''\tlà ce qu'on a jugé qu'il était Pani(M.l~^^ î.prpssaireauelespasieurs apprissent aux hdeles touchart iTnonï, 1^» nature et l'iurtiiution des sacrements, îl faut ensuite qu'ils leur expliquent ce qui compose 11 laui enbuiic M" « .„^r^.„o.ii mipllps en sont les en pari parties
*TfLiTpour(!^reffèr"que d'abord ils leur fassent mem. sacrements la connaissance
en endre que la chose sensible qui es renfennee dans ^f^ f^^^i^" eTauront leur sera d'autant plus uti e
la délinition du sacrement « ^^ .f'f ? .f sig^^^^ q 'eUe les portera à louer et à publier avec toute la
double, quoiqu'il ne s'en forme qu »" f " 1^^^,^ §"^^^' ^iéié dont ils seront capables la bonté toute smgu-
un seul sacrement. Car il y a ^^eux cbisc^^ q i c^^^^^ ^!Î1?^^.L., ....... ^Junu.^.... à uni il a prépare de
"HsX^^ ^c;em;;u:ii'une tient lien de matière, et on rappelle l'élément ; l'autre en est comme la forme, e on rappelle conunuuément ia parole. C'est ce que les SS. Pères nous ont enseigné, et particulièrement S. Augustin dans ces paroles si célèbres qui sont d.ns la bouche de tout le monde : La parole sejo.nt a l élément, et le sacremenl se (ail. Ainsi dans chaque sacre- Tent par la chose sensible on entend et la matière comme l'eau dan. le sacrement du baptême, le cliren e da s celui de la confirmation , l'huile dans celui de
itxtrêniëîonction , q^n sont, toutes cho.es v.sibe^^^^^ propje^ ... néc^S^rrrom me 'pour qu'il puisse sensibles ; et les paroles qni en sont la forme et qu J '^'*;"/^ ^ ^^^^ sa vie et l'employer utilement pour ann ulienneni à l'ouïe. L'Apôtre a marque clairement Mvre et conserver sa v^ ^^^ ^ ^f ^j^^^.^ j, ^^^^^ ^^,.^
Vun et l'autre dans ces paroles (l^pi». 5 , ^20) : Jésus- Clirislammé l'Eglise et s'est livré Im-memea la mort pour elle, afin de la sanctifwr après ravoir purifiée dans le baptême de Veau par la parole de vie.
lière de Dieu envers les hommes, a qui il a prépare de si puissants moyens pour obtenir le salut et la vieeter-
nf^lle
Il faut donc qu'ils sachent que l'Eglise catholique n'en reconnaît que sept, et que ce nombre^est eiab i par l'Ecriture sainte, par la tradition des ^îj-.*'e'^es, et par l'autorité des conciles. Mais pour leur laire voi qu'il nW en a ni plus ni moins, les pasteurs pourront se servir de cette raison, prise du rapport qu il y a entre la vie naturelle et la vie spirituelle, qui est trèspropre à les en convaincre. Car sept choses sont na-
vivre et conserver sa vie ei i cmFmj^t u-'»v....v...v ^^son bien particulier et celui du public. Il faut quu naisse, qu'il croisse, qu'il se "furrisse, qu il use (Je remèdes pour recouvrer sa santé quand d la pcraue, qu'il reprenne ses forces quand elles sont affaiblies par .!....i„.,jr ;»r.w..n;i^ nu'ii v ail des magistrats qui aieni
2ns le baptême de Veau parla parole devi. n e Que i"firiniié, qu'il y ait des magistrats qui aien
Il a fallu que les pannes fussent jointes a l-^ /'ftiere, ^,"^3.^"""i commandement pour le gouverner, et
afin que l'effet du sacremenl lût marque plus disUnc e- ^^l^'^nmr: la Sa ion légitime des enfants, il se
ment. Car il est certain que les paroles sont les pu. Sernéiuern Que^^^^^^^ lui-même et conserve le
significatifs de tous les signes; et que même si elles P^^,Ç^^"^,f" ^"^^^^^^ choses se rencontren
n'accompagnaient la matière du sacrement , il serait ge'ire humain^ pàmc "4çoit de Dieu par la grâce qui
comme impossible de connaître ce qu'elle même si- dans la vie que i amc evui ^
%il
lui est communiquée par les sacrements. Car par le baptême, qui est le premier, et comme la porte par laquelle on est admis aux sacrements, nous renaissons en Jésus-Christ. Par la confirmation, nous croissons et nous nous fortifions dans la grâce que nous avons reçue dans le baptême. D'où vient, conmie remarque S. Augustin, que Notre-Soigneur ordonna à ses apôtres, qui avaient été ijapiisés,de demeurer dans la ville de Jérusalem , jusqu'à ce (ju'ils fussent revêtus de la force d'en haut. Notre âme est nourrie et subslaniée par rEucharisiie comme par une viande vraiment spirituelle, suivant ces paroles de Noire- Seigneur (Jo;>n. Qj 56.); Ma chair est véritablement viatidCy et mon sang est véritablement breuvage.
Par la pénitence nous recouvrons la sanié que nous avions perdue par les plaies que le péché avait faites en nos âmes. L'exlrême-onclion efface le reste de nos péchés, et répare les forces de nôtre âme : ce qui a l'ait dire à S. Jacques, parlant de ce sacrement (5, 15) que si celui qui le reçoit a commis des péchés ils lui seront remis par ce sacrement. Par le sacrement de l'ordre, les ministres de l'Eglise reçoivent le pouvoir d'administrer publiquement les sacrements au peuple, et d'exercer toutes les autres fonciions sacrées de leur niinistère. Enfin le sacrement de mariage a été institué afin que par l'union sainte et légitime du mari et de la femme il put naîire des enfants qui, en conservant la race des hommes, servissent à la gloire de Dieu après avoir été élevés chréiiennenient.
Mais il faut remarquer qu'encore que chaque sacrement renferme en soi une vertu touie divine et toute admirable, ils ne sont pas tous néanmoins égalemeni nécessaires, et n'ont pas tous ni la même dignité, ni la même signification. Car il n'y en a que trois qui, bien qu'ils ne soient pas même également nécessaires, le sont toutefois plus que les quatre autres. Ainsi le baptême est absolument et sans aucune exception nécessaire à tout le monde pour être sauvé, comme Notre-Seigneur Ta déclaré par ces paroles (Joan. 3, 5); Si un homme ne renaît de feau et de l'esprit^ it ne peut entrer dans le royaume de Dieu. La pénitence est nécessaire, seulement à ceux qui ont péché mortellement depuis le baptême; car ils ne poururont éviter leur perle éternelle, s'ils ne se repentent sincèrement des péchés qu'ils auront commis, en se soumettant au sacrement de pénitence que Dieu a institué pour les effacer. Enfin, bien que l'ordre ne soit pas nécessaire à chaque fidèle en particulier, il est néanmoins absolument nécessaire à toute l'Eglise en général.
Que si l'on a égard àrexcellence et à la dignité des sacrements, il est certain que celui de l'Euchaiisiie surpasse de beaucoup les autres en sainteté, et dans le nombre et la profondeur des mystères «[u'il renferme. Et c'est ce qu'il sera aisé de faire voir lorsqu'on expliquera en son lieu ce qui regarde chaque sacrement en particulier.
Les pasteurs ensuite examineront qui est celui de qui nous avons reçu ces sacrés et divins mystères. Car il n'y a personne qui ne soit persuadé que TexcellenceetJadignité de celui qui fait un don ne servent beaucoup à augmenter la grandeur et l'excellence de ce don- Mais cette question ne souffre aucune difficulté. Car puis(jue c'est Dieu qui justifie les hommes, et que les sacrements sont les instruments dora il se sert pour leur comnmniquer celte justice, il faut reconnaître que c'est Dieu même qui est en Jésus-Christ, et le principe de la justification et l'auleurdes sacrements. De plus, comme les sacrements renferment une vertu qui pénètre jusqu'au fond de l'âme, et qu'il n'y a que la puissance de Dieu qui puisse sonder et pénétrer le cœur et l'esprit de Ihomine, il est évi- 1 dent qu'il faut croiie fermement que les sacrements 'ont été institués de Dieu par Jésus Chiist, et qu'il en est le dispensateur quant à Veffet intérieur. Et c'est le témoignage que S. Jean assure qu'il a reçu de Jésus Christ. Ce/ui, dit -il (1, 33), r/ni m\i envoyé
Wi
baptiser dans leau, m'a dit: Celui sur qui vous verrez descendre et demeurer le Saint-Esprit est celui qui bav tise par le Saint-Esprit. '^
Cependant quoique Dieu soit l'auteur et le dispensateur des sacrements, il n'a pas voulu néanmoins qu Ils lussent administrés dans l'Eglise parles an^^es mais par les hommes. Et ce ministère des hommes destniés pour cette fonction n'est pas moins nécessaire, selon la tradition des SS. Pères, pour la validité des sacrements que la matière et la forme.
Mais il faut bien observer que, comme les hommes n agissent pas par eux-mêmes dans cette fonction
maiscommeministresetlenantlaplacedeJé^us-Christ* Ils ne. laissent pas, soit qu'ils soient bons ou qu'ils soient méchants, de conférer validement les sacrements pourvu qu'ils usent de la forme et de la matière dont 1 Eglise catholique a toujours usé selon l'insiitutioa de Jesus-Christ, et qu'ils se proposent de faire ce que I Eglise lait en les administrant : rien ne pouvant empêcher que la grâce n'ait son effet dans les sacrements, SI ce n'est que ceux qui les reçoivent ne veuillent eux-mêmes se priver d'un si grand bien, et résister au Samt-Esprit. Ce sentiment a toujours été tenu pour certain et indubitable dans l'Eglise, comme il paraît très-clairement par les ouvrages que S. Au<^uslin a faits contre les donatisles. Que si néanmoins il est besoin d'avoir recours à l'Écriture sainte pour 1 appuyer, il ne faut que faire attention à ces paroles de l'Apôtre pour en être persuadé : Cest moi, dit-il, qui ai planté. C'est Apollon qui a arrosé, mais c'est Dieu qui a donné l" accroissement. ±iinsi celui qui plante n'est rien^ celui qui arrose n'est rien, mais c'est Dieu qui donne l'accroissement. Car S. Paul donne assez à entendre par ces paroles que de même que la malice de ceux qui plantent des arbres ne mut point à ces arbres, aussi ceux qui sont entés en Jésus-Christ par le ministère des méchants ministres ne coniracient aucune souillure des crimes dont ces ministres sont coupables.
C'est suivant cette doctrine que les SS. Pères ont enseigné que, quoique Judas eût baptisé plusieurs personnes, comme rapporte S. Jean dans son Évangile, néanmoins on ne voit point qu'on en ait rebaptisé aucune. De sorte que, comme a très-judicieusement remarqué S. Augustin, Judas a baptisé, et on n'a point rebaptisé ceux qui avaient été baptisés par Judas. Jean aussi a baptisé, et on a rebaptisé ceux qui avaient été baptisés par Jean. Et d'où vient cela, dit ce Père; c'est parce que si Judas a baptisé, c'est le baptême de Jésus-Christ qu'il a donné, au lieu que le baptême que Jean a donné était seulement le baptême de Jean. Ce n'est pas, ajoule-t-il, que non. préférions Judas à Jean, mais nous préférons le baptême de Jésus-Christ, conféré par les mains mêmes de Judas, au baptême de Jean , donné par les mains mêmes de Jean.
Et que les pasteurs et les autres ministres des sacrements, en entendant ceci, ne s'imaginent pas qu'il leur suffise, pour satisfaire pleinement à leur devoir, qu'ils s'appli<|uent seulement à la manière de bien administrer les sacrements, quoiqu'on même temps ils négligent l'intégrité de leurs mœurs et la pureté de leur conscience. Car s'il est vrai qu'ils doivent bien prendre garde à administrer comme il faut les sacreinents, il est certain aussi que leur ministère ne consiste pas purement en cela ; et ils doivent toujours avoir devant leurs yeux cette vérité que quoi(|ue les sacrements conservent toujours la vertu divine qu'ils renferment, ils causent la mort éternelle à ceux qui les administrent avec une conscience impure et souillée de crimes. Car c'est une vérité qu'on ne saurait assez répé'er que les choses saintes doivent être traitées saintement et avec piété et religion. D'oii vient que Dieu fait ce reproche par son prophète aux pécheurs : Pourquoi annoncez vous mes préceptes ; pourquoi parlez-vous de mon alliancey vous qui haïssez la vérite qui vous condamne?
Que s'il n'est pas permis à une personne souillée de crimes de parier des choses de Dieu, quel doit «Ire
lecrimedecelui'qoi bien qu'il se juge coupable de plusieurs, ne craint pas néanmoins de prononcer les paroles des sacrés mystères avec une bouche toute souil.ee, de les prendre, de les toucher et de les donner aux autres avec des mains impures? quoique, selon S. Denis, il ne soit pas permis aux méchants de toucher les symboles, c'est à-dire les sacrements ; car c'est amsi qu'il les appelle. Il faut donc, avant toutes choses, que les ministres des choses saintes vivent saintement, qu'ils administrent les sacrements avec pureté, et qu'ils s'exercent à la piété, afin que par l'usage fréquent qu'ils en font, ils reçoivent de Dieu, de jour en jour, une grâce plus abondante. ^
Après que les pasteurs auront expliqué ces vérités aux fidèles, il faut qu'ils s'appliquent avec d'autant plus de soin à les insiruire des effets des sacrements, que cette connaissance ne contribuera pas peu à éclaircrr la définition que nous en avons donnée ci-devant. Or on en remarque deux principaux.
Le premier et le plus considérable est la grâce qu'ils communiquent, que les docteurs et les tiiéologiens appellent communément justifiante. C'est ce que l'Apôtre enseigne très-clairement, lorsqu'il dit (Eph. 5,25) que Jésus Christ a aimé V Eglise, et qii il s'est livré lui-même à la mort pour elle, afin de la sanctifier après V avoir purifiée dans le baptême de l'eau par la parole de vie. Mais Tesprit de l'homme éclairé de la seule lumière de la raison n'est pas capable de comprendre de quelle manière les sacrements opèrent cet effet si grand et si admirable, c'est-à-dire, selon saint Augustin, comment il se peut faire que l'eau qui purifie le corps pénètre jusqu'au cœur. Car il est constant qu'aucune chose corporelle n'a par elle-même la vertu de pénétrer jusqu'à Tâme. Ainsi ce n'est que par la lumière de la foi que nous reconnaissons dans les sacrements celte vertu divine, qui fait qu'ils opèrent des choses qu'ils ne pourraient jamais faire par leur propre vertu.
Aussi, afin qu'il ne restât aucun doute dans 1 esprit sur cet eflèt des sacrements Dieu, qui est infiniment bon, a voulu même, dès leur institution, marquer par des miracles extérieurs les effets qu'ils opéraient intérieurement en l'âme , afin que nous crussions feriiicment qu'ils les opéraient toujours dans la suite des temps, quoique ces effets dussent demeurer cachés à nos sens. Ainsi, sans parler de ce qui arriva sur les bords du Jourdain après que Jésus-Christ eut été baptisé, que le ciel s'ouvrit et que le Saint-Esprit parut en forme de colombe , pour marque que lorsque nous sommes purifiés par l'eau salutaire du baptême la grâce est répandue dans notre âme : sans parler, dis je, de ce miracle, puisqu'on effet il regarde plutôt la sainteté du baptême que l'effet que produit ce sacrement , nous lisons dans les Actes que lorsque les apôtres reçurent au jour de la Pentecôte le Saint-Esprit , qui les rendit plus forts et plus disposés à prêcher les vériiés de la foi et à s'exposer à toutes sortes de périls et de dangers pour la gloire de Jésus-Christ, s'étant fait tout d'un coup un grand bruit comme d'un vent violent et impétueux , ils virent paraître comme des langues de feu qui se partagèrent et s'arrêtèrent sur chacun d'eux. Ce qui a servi à nous faire connaître que nous recevons par le sacrement de eonlirmation le même Esprit que reçurent alors les disciples, qui nous donne de nouvelles forces pour combattre la chair, le monde et Satan , et pour leur résister. Ces mêmes miracles , dans la naissance de l'Eglise, accompagnèrent assez longtemps les sacrements, mais surtout lorsque les apôtres les administraient, et ils n'ont cessé tout-à-laii que lorsque la foi a été entièrement établie et confirmée.
Ce premier effet des sacrements, qui est, comme nous venons de dire, de communi(|uer la grâce justifiante, nous fait voir que les sacrements de la loi nouvelle ont une vertu bien plus excellente et plus efficace que n'était celle des sacrements de la loi ancienne. Car, au lieu que ceu)ç-ci n'étaient que de purs
éléments sans force et sans vertu, qui ne sanctifiaient ceux qui étaient souillés qu'en leur donnant une pureté exiérieure et charnelle, et qui ne passait pas jusqu'à l'âme; ce qui montre qu'ils n'étaient proprement établis que pour être les ligures des choses qui se devaient opérer par nos mystères et nos sacrements. Les sacrements, au contraire, de la loi nouvelle, qui ont coulé, comme de leur source, du côté de Jésus-Christ, qui par l'Esprit éternel s'est offert luimême à Dieu comme une victime sans tache, purifient notre coîiscience des œuvres mortes , pour nous faire rendre un vrai culte au Dieu vivant (Hebr. 9, 14-), et produisent par la vertu du sang de Jésus-Christ la grâce qu'ils' signifient. Et ainsi, si nous les comparons avec les sacrements de la loi ancienne, outre qu'ils sont plus efficaces, nous trouverons encore qu'ils sont beaucoup plus avantageux pour leur utilité et plus vénérables pour leur sainteté.
L'autre effet principal des sacrements, qui à la vérité n'est pas commun à tous, mais qui est propre à ces trois seulement, au baptême, à la confirniation et à l'ordre, est le caractère qu'ils impriment dans l'âme. Car lorsque l'Apôtre dit (2 Cor. 1, 21 ) que Dieu nous a oints de son onction , qu'il nous a marqués de son sceau, et que pour arrhes des biens qu'il nous a promis, il nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs , il marque visiblement par ces paroles ce caractère, et particulièrement par celles-ci, « qu'il nous a marqués de son sceau; » carie sceau a cela de propre, qu'il imprime quelque marque.
Ce caracière est donc comme une marque imprimée dans l'âme, qui ne se peut effacer et qui y est toujours attachée. Car, comme dil S. Augustin, y a-t-il apparence que les sacrements des chrétiens soient moins considérables que celte marque militaire, dont les soldais sont honorés. « Or, dit-il, un soldat qui reprend les armes qu'il avait quitiées, n'a pas besoin rjn'on lui imprime une nouvelle marque; mais la première qu'il avait reçue lui suffit pour être reçu et reconnu dans l'armée. j>
L'effet de ce caractère est d'une part de nous rendre capables de recevoir ou de faire quelque chose d& saint, et de l'autre, de nous distinguer des autres hommes. Ainsi, par le caracière qui nous est imprimé par le baptême, nous sommes rendus capables de recevoir les antres sacrements, et nous sommes distingués des gentils qui n'ont pas la fo'.. Et il en est de même du caractère de la confirmation et de ct;lui de l'ordre. Car par le premier, non seulement nous recevons en qualité de soldats de Jésus-Christ des armes et des forces pour confesser et défendre publiquement le nom de Jésus-Christ et pour résister à l'ennemi qui est au-dedans de nous-mêmes et aux espriis impurs qui sont dans l'air, mais encore nous sommes distingués des nouveau-baplisés , qui ne sont encore que comme des enfants nouvellement nés. Et le second, non seulement donne le pouvoir d'administrer les sacrements à ceux qui l'ont reçu , mais il les distingue encore du reste des fidèles. Il faut donc croire, comme une vérilé constante que l'Eglise caiholique nous enseigne, que ces trois sacrements impriment un caracière, et qu'ainsi il ne faut jamais les réitérer.
Yoilà ce que les pasteurs doivent enseigner aux fidèles touchant les sacrements en général. Mais il faut de plus qu'en leur expliquant ces vérités ils observent particulièrement deux choses: premièrement, de leur faire comprendre combien ces dons célestes et divins méritent d'honneur, de respect et de révérence; et secondement, de les avenir que puisque Dieu a établi les sacrements pour le salut de tout le monde ils en doivent user avec beaucoup de piété et de religion , et avoir un désir si ardent de la perfection chrétienne qu'ils communiquent, que s'il arrive qu'ils soient privés de l'usage si salutaire des sacrements de pénitence et d'Eucharistie, ils regardent cette privation comme une très grande perte peureux. C'est ce que les pasteurs pourront aisément gagner
PART. II. DES SACREMENTS
s.ur l'esprit des fidèles, s'ils ont soin de leur représenter souvent ce qui a élé dit auparavant de la dignité des sacremenls et des fruits qu'ils produisent: que c'est Nolre-SegneurJésus-Ciirisl, ds qui il ne peut îien venir que de très-parfait, qui les a institués ; que lorsqu'on les administre, le Saint-Esprit se rend présent et pénètre le fond du cœur par sa vertu toute puissante el efficace; qu'ils renferment une vertu divine et admirable qui guérit infaillibiem^nl les maladies de nos âmes que le péché y a causées : que c'est p;^r eux que les trésors infinis de la passion deÎNotre-Seigncnrnous sont communiqués; et qu'enfin, quoique Tédificede TEglise soil bâti sur le fondenieni inébranlable de la pierre angulaire, qui est Jésus-Christ, néanmoins s'il n'est soutenu de tous côtés par la prédication de l'Evangile et par le fréquent usage des sacrements, il est 1res à craindre qu'étant affaibli de toutes parts il ne tombe par terre et ne se ruine entièrement. En effet, comme c'est par les sacrements que nous recevons la vie spiiituelle de nos âmes, c'est aussi par eux que nous l'entretenons, que nous la conservons et que nous l'augmentons.