‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 203 sur 368 · DU SACREMENT DE BAPTÊME · texte numérisé non relu

DU SACREMENT DE BAPTÊME

On peut juger aisément par tout ce qui a été dit jusque ici des sacremenls en général combien il est nécessaire pour avoir rinlelligence des vérités chrétiennes, pour pratiquer la piété, de connaître ce que l'Eglise nous propose de croiie dé chaque sacrement en particulier. Maiâ quiconque aura lu avec soin les Epîlres de S. Paul reconnaîtra en même teniips qu'il est d'une extrême importance pour les fidèles d'avoir une parfaite connaissance du baptême. Car cet apôtre pour rendre recommandables les effets tout divins que produit ce sacrement, qui est selon lui l'image de la mort, de la sépulture et de la résurrection de Jésus- Christ, dont il veut que toute notre vie soit une vive expression, non seulement nous en renouvelle souvent la mémoire, mais il n'en parle qu'en des termes pleins de la majesté et de rofticace de l'Esprit de Dieu. Ainsi, les pasteurs ne doivent jamais se persuader qii'ifs aient suffisamment instruits leurs peuples de Ce qui regarde ce sacrement, ni se contenter, suivant l'usage et la pratique des premiers siècles , de leur en expliquer les mystères seulemeni aux jours du samedi de Pju|ues et do celui de la Pentecôte, auxquels l'Eglise avait coutume d'administrer, avec beaucoup de religion et de très-augustes cérémonies, ce sacrement aux catéchumènes, niais ifs le doivent faire toutes les fois qu'ils en ont l'occasion.

Celle qui paraît la plus propre el la plus favorable pour cela est lorsqu'éiant obligés d'administrer ce sacrement à quelqu'un, ils voient une grande multitude de peuple assemblée pour assister à celle cérémonie. Car alors s'ils n'ont pas tout le temps nécessaire pour expliquer tout ce qui regarde ce sacrement, ils peuvent au moins en expliquer quelques points, avec d'autant plus de succès que ceux (jui sont' préieuis, considérant avec attention et avec piété les cérémonies saintes qui se pratiquent dans ce sacrement, verront les vérités qu'ils entendroni de leurs bouches, parfaitement exprimées par ces cérémonies. D'où il arrivera que la considération de ce qui se passe à l'égard de celui qui est baptisé, sera capable de renouveler en eux la mémoire de la promesse qu'ils ont faite à Dieu lorsqu'ils ont reçu ce sacrement, et de leur faire faire attention sur eux-mênVes, pour considérer si leur vie et leurs mœurs sont telles que doivent être celles des personnes qui font profession d'être de véritables chrétiens.

Mais afin de traiter avec quelque ordre et plus de netteté ce que l'on doit enseigner du sacrement de baptême, il faut premièremeni'expliquèr la signification de ce terme ; et ensuite faire connaître la nature «V l'essence d'î la chose qu'il signifie.

§ 1. Ce que signi/îe le mot de baptême ^ quelle est la dé" finition de ce sacrement^ et quelle est sa matière et sa 1

{'orme. ^ ," ;

1 n'y a personne qui ne sache que le mot de bap- ' tême est un mot grec. L'Ecriture sainte s'en sert, non seulement pour exprimer le lavement du corps qui se fait dans le sacrement du baptême, mais encore tonte autre sorte de lavement et même pour marquer les souffrances. Mais les auteurs ecclésiasiiques n'ont usé de ce terme que pour signifier le lavement du corps, qui se fait en prononçant les paroles prescrites pour êire la forme de ce sacrement. Et c'est en ce sens que les apôtres s'en sont servis très -souvent après Jésus- Christ.

^ Les saints Pères ont usé encore d'autres expressions pour marquer ce sacrement. S. Augustin l'appelle le sacrement de la foi , parce que ceux qui le reçoivent y font profession de toute la foi chrétienne. D'autres l'ont appelé illumination , parce qu'on y est éclairé des lumières de la foi. D'où vient que l'Apôtre exhorte les Hébreux (10, 33) de rappeler en leur mémoire le premier temps, c'est-à-dire celui de leur baptême, auquel après avoir été illuminés ils avaient soutenu de grands combats dans les afflictions qu'on leur avait fait souffrir.

S. Chrysoslôme dans son exhortation aux nouveaubaptisés l'appelle tantôt purgation , parce que par le hapiême nous sommes purifiés du vieux levain, afin que nous soyons d'ime pâle nouvelle ; et tantôt le sacrement delà sépulture de Jésus-C!)rist, le sacrement par lequel nous sommes entés en Jésus-Christ, le sacrement de la croix de Jésus-Christ. En quoi il a suivi S. Paul, qui donne lieu dans son Epître aux Romains à toutes ces expressions.

Enfin S. Denis l'appelle l'entrée aux saints Commandements de Jésus-Christ, parce que ce sacrement est comme la porte par laquelle nous enlrons en société de vie avec les chrétiens, el que c'est par lui que nous devenons capables d'obéir aux Commandements de Dieu. Yoilà en peu de mots ce qu'il faut que les pasteurs expliquent aux fidèles touchant le nom du sacrement de baptême.

Pour ce qui est de la définition, quoique les auteurs ecclésiasiiques en donnent plusieurs, il n'y eu a point de plus propre et de plus naturelle que celle qui se tire des paroles de Notre-Seigneur dans S. Jean , et de celle de l'apôtre S. Paul de son Epître aux Ephésiens. Car lorsque Notre-Seigneur dit (Joan. 3, 5) que si un homme ne renaît de l'eau et de l'esprit^ il ne peut entrer dans le royaume de Dieu, el que S. Paul, parlant de l'Eglise, dit (Ephes. 5, 26) qu'elle est purifiée par le baptême de l'eau, par la parole de vie , ils nous donnent lieu de définir le baptême le sacrement de la régénération qui se fait en l'eau par la vertu de la parole. Car nous sommes,par la nature que nous tirons d'Adam, enfants de colère (Ephes. 2, 3) ; mais nous devenons en Jésus-Christ par le baptême des enfants de miséricorde, Dieu ayant donné à tons ceux qui l'ont reçu le pouvoir d^être faits enfants de Dieu à ceux qui croient en son nom, qui ne sont point nés du sang ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de riiomme, mais de Dieu même. (Joan. 1.)

Mais de quelques termes que les pasteurs se servent pour expliquer la nature du baptême aux fidèles, ils leur feront entendre que ce sacrement se fait, comme tous les saints Pères l'enseignent , lorsqu'en versant l'eau on prononce les paroles que Notre-Sei-; gneur a prescrites pour en être la forme. C'est ce qui-, est évident par ces paroles de S. Augustin : La parole '

JOINTE A l'élément FAIT LE SACREMENT. El il CSl très-

imporiant d'expliquer ceci clairement, de peur que les fidèles ne tombent dans celte erreur, qui est assez ordinaire, de croire que l'eau qui est réservée dans les fonds baptismaux est elle-même le sacrement dii baptême. Car ce sacrement ne se fait, comme nous venons de le dire, que lorsqu'en versant actuellement J'eau sur celui à qui on le donne Ton prononce en même

ti^mn*; \(^^ narolesani ont été instituées de Jésus-Christ que encore plus visiblement Teffet du baptême. Et il

^o^fé re fa fonne^de ce sacrement. faut que les pasteurs avertissent soigneusement les

îinn<i avons fait voir en parlant des sacrements en fidèles que quoique Ton put dans la nécessite se ser-

k.iéral que tout sacrement est composé de forme et vir d'une eau dont on douterait si elle est telle qu'il de matière. Ainsi il faut que les pasteurs instruisent les fiHpiPc âf Cf. nui lient lieu dans le baptême de 1 une et

fidèles de ce qui lient lieu dans le baptême

de l'autre. , . . i. .»

La matière ou l'élément du sacrement de baptême est toute sorte d'eau nauirelle, soit l'eau de la mer ou l'eau de rivière, de marais, de puits ou de lontaine, qu'on a coutume d'appeler de l'eau pure. C'est ce qui nous est marqué par ces paroles de Notre-beigneur : Si un homme ne renaît de l'eau et de l'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu, et lorsque l'Apôtre dit de l'Eglise qu'elle a été purifiée dans le baptême de l'eau, k que S. Jean dit qu'il y en a trois qui rendent têmoiqnaqe dans la terre, l'esprit, l'eau et le sang. Lt il est aisé de prouver celte vérité par plusieurs autres passages de l'Ecriture sainte.

Quand donc S. Jean-Baptiste dit (Matth. 5) que Notre-Seigneur devait venir , qui baptiserait dans le Saint-Esprit et dans le feu , cela ne se doit nullement entendre de la matière du bai)lême, mais oudeleflet que le Saint-Esprit y opère intérieurement dans l'âme, ou au moins du miVacle qui se fit au jour de la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit descendit sur les apôtres en formedelanguesdefeu,etqueNotre-Seigneur Jésus-Christ leur avait prédit par ces paroles : Jean a baptisé dans l'eau , mais dans peu de jours vous serez baptisés dans le Saint-Esprit.

On peut encore remarquer dans l'Ecriture sainte que Dieu même nous a voulu insinuer celle vérité par des figures et par les oracles des prophètes. Ainsi S. Pierre nous assure que le déluge, qui inonda toute la terre, à cause que la malice des hommes était grande et que toutes les pensées de leur cœur ne tendaient qu au mal, avait été la figure du baptême. Et l'apôtre S. Paul témoigne que le passage de la mer Rouge en était aussi la figure. Nous ne parlerons point de la guerison de Naaman de Syrie, en se lavant dans les eaux du Jourdain, ni de la vertu admirable de la piscine, ni de plusieurs autres choses semblables que l'on voit visiblement avoir été le symbole et la figure de ce

mystère. , ,

Et quant aux oracles des prophètes,, personne ne peut douter que l'eau salutaire du baptême ne fût figurée par ces eaux auxquelles le prophète Isaïe invite avec tant de zèle tous ceux qui ont soif ; par celle mrEzéchiel vil en esprit couler du temple; et enfin par cette fontaine qui , selon Zacharie, était préparée pour tous ceux delà famille de David qui habiteraient dans Jérusalem, afin de purifier le pécheur et la femme impure. , ,

S. Jérôme écrivant à Océanus a montre, par plusieurs excellentes raisons, qu'il était convenable h la nature et à la vertu du baptême que feau fût choisie de Dieu pour faire la matière de ce sacrement. Mais il suffira ici que les pasteurs fassent voir que ce sacrement étant nécessaire à tout le monde, sans exception, pour obtenir la vie élernelle, rien ne pouvait être plus propre pour en être la matière que l'eau : 1" parce qu'elle est commune, et qu'on en peut facilement avoir partout ; T parce qu'elle nous marque parfaitement l'effet du baptême, puisque de même que l'eau nettoie les taches du corps, c'est aussi par la vertu et l'elTicace du baptême que sont effacées les taches que l'âme contracte par le péché ; 3" enfin parce que comme Teau a une vertu toute pai ticulière pour rafraîchir le corps, le baptême aussi diminue extrêmement l'ardeur de la concupiscence.

Mais il faut remarquer qu'encore que l'eau simple et naturelle et qui n'est point mêlée d'autre liqueur suffise pour administrer le sacrement de baptême dans la nécessité, néanmoins on a toujours observé dans l'Eglise catholique, conformément à la tradition des apôtres, que lorsqu'on le donne publiquement et avec cérémonie on y joint aussi le saint chrême, qui mar-

est requis pour la perfection de ce sacrement, il est néanmoins très-constant que le baptême ne peut être valide, s'il n'est donné avec de l'eau pure et naturelle. Les pasteurs ayant ainsi montré aux fidèles quelle est la matière du sacrement de baptême, ils auront soin de les instruire de la forme qui est l'autre partie qui compose ce sacrement, dont il est particulièrement nécessaire d'être parfaitement instruit. Et ils doivent s'y appliquer avec d'autant plus de soin et d'affection, que non seulement la connaissance d'un si saint mystère peut par elle-même donner beaucoup de consolation aux fidèles, comme il arrive dans toutes les connaissances qu'ils ont des choses divines, mais même qu'elle est extrêmement nécessaire, à cause de l'usage qu'on est obligé d'en faire presque tous les jours. Car comme il arrive souvent, ainsi que nous le dirons plus amplement dans son lieu, qu'il faut que quelqu'un du peuple, et même très -souvent les moindres femmes donnent le baptême, il est nécessaire que ce qui est de l'essence de ce sacrement soit connu et su indifféremment de tout le monde.

Les pasteurs enseigneront donc en termes clairs, et qui se puissent comprendre aisément de tout le monde, que la forme véritable et essentielle du baptême consiste dans ces paroles : Je vous baptise au NOM DU Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. C'est Jésus-Christ même qui nous l'a appris, lorsqu'il commanda à ses apôtres (Matth. 28, 19) d'aller et d'in^ struire tous les peuples, les baptisant au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Par ces termes, les baptisant, l'Eglise catholique inspirée de Dieu a fort bien compris que l'action de celui qui donne le sacrement doit être exprimée dans la forme du baptême. Et c'est ce qui se l'ait par ces paroles : Je vous baptise. Et parce qu'outre les ministres il fallait encore marquer et la personne de celui qui est baptisé, et la principale cause qui opère ce sacrement, on y ajoute le pronom vous , et les noms distincts des trois personnes divines. Car ce n'est pas la seule personne du Fils, quoique S. Jean ait dit de lui qu'il est celui qui baptise, mais ce sont les trois personnes de la sainte Trinité qui opèrent ensemble l'effet de ce sacrement. Et quand l'on dit au nom, et non pas aux noms, cela marque qu'il n'y a qu'une même nature et une même divinité dans la Trinité. Car ici le nom ne se rapporte pas aux personnes, mais signifie la nature, la vertu et la puissance qui est une et la même dans les trois personnes. Mais il faut remarquer que quoique cette forme du baptême que nous venons d'expliquer soit la forme véritable et essentielle de ce sacrement, toutes les paroles néanmoins qui la composent ne sont pas absolument de l'essence du baptême. Car il y en a qui sont tellement nécessaires que leur défaut rend ce sacrement invalide, et d'autres sans lesquelles il ne laisse pas de subsister, comme ce pronom personnel , moi, dont le défaut est suppléé, et la signification est comprise virtuellement dans la première personne du verbe baptizo. Et même les Grecs ont coutume de l'omettre entièrement, et de se servir d'une autre manière de parler, ne croyant pas qu'il soit nécessaire de faire mention du ministre de la forme d» sacrement. Ainsi ils se servent de cette forme dans le baptême : On baptise un serviteur de Jésus-Christ au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Et néanmoins ils ne laissentpas, ainsi qu'il a été défini dans le concile de Florence , d'administrer validement ce sacrement ; ces paroles marquant a^sez ce qui est nécessaire pour la vérité du baptême, c'est-à-dire le lavement qui se fait en prononçant les paroles.

Que si l'on est obligé d'avouer qu'il y a eu un temps où les apôtres ont baptisé seulement au nom de Notre- Seigneur Jésus-Christ, il faut croire qu'ils ne l'ont fait que par l'inspiration du Saint-Esprit, afin que dans la

PART. II. DES AGREMENTS

naissance de fEglise le nom de Jésus-Christ devint plus illustre et plus connu, el que sa loute-puissance fût plus hautement louée et reconnue. Outre que si Ton examine la chose de plus près, il sera facile de reconnaître qu'il ne manque dans celle forme aucune des choses qui sont prescrites par Jésus-Christ. En effet qui dit Jésus-Christ marque en même temps et la personne du Père, qui l'a oint, et le Saint-Esprit, par qui il a été oint.

Ce n'est pas néanmoins une chose certaine que loi apôtres aient usé de cette forme en baptisant. Car selon saint Ambroise et S. Basile, et beaucoup d'autres Pères aussi très-considérables, il est dit que les apôtres baptisaient au nom de Jésus-Christ, pour nous faire entendre qu'ils ne donnaierit pas le baptême de S. Jean, mais celui de Jésus-Christ, quoiqu'il ne se soient jamais dispensés de la forme commune et orninaire qui renferme disiinctemeut les noms des trois Personnes. Et c'est selon celte même manière de parler que S. Paul dit aux Gaiates (3, 27) : Vous tous qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous avez été revêtus de Jésus-Clirist, \ouhni seulement leur marquer par ces paroles que c'était dans la foi de Jésus-Christ qu'ils avaient été bnptisés , quoiqu'ils Teussent été selon la forme prescrite par Notre -Seigneur.

Mais parce qu'en administrant ce sacrement on ne doit pas observer moins religieusement la manière légitime de baptiser que la matière et la forme qui font Pessence du baptême, les pasteurs apprendront aux (idèles qu'il n'y en a que trois qui soient reçues et gui aient été en usage dans TEglise. La première est de plonger dans l'eau ceux que l'on veut bapiiser ; la seconde de verser l'eau sur eux; el la troisième de la répandre par aspersion. De quelque de ces trois manières de bapiiser qu'on se serve, le baptême est bon et valide. Car l'eau dans le baptême marque la sanctification de l'àme qu'il opère : d'où vient que le baptême est appelé par S. Paul un lavoir où Ton reçoit la vie. Or cette sanctification ne vous est pas plus marquée par l'immersion dont on a usé assez longtemps dans les premiers temps de l'Eglise, ni par l'aspersion dont on croit que se servit S. Pierre, lorsqu'il baplisa en un jour trois mille personnes qu'il avait converties à la foi, qu'en versant l'eau , qui est la manière de baptiser qui est en usage maintenant.

Et il n'importe que l'on verse l'eau une seule fois , ou trois fois. Car il paraîi parla lettre de S. Grégoirele-Grand à Léandre que de quelque manièie qu'on le fasse, le baptême a toujours élé valide et Test encore maintenant. Néanmoins chacun doit observer en cela l'usage de son église.

11 faut seulement bien prendre garde de verser l'eau sur la tête, qui est le siège de tous les sens intérieurs et extérieurs, préférablement à toute autre partie du corps, et de ne prononcer les paroles qui contiennent la forme du sacrement, ni avant, ni après avoir versé l'eau, mais en même-lemps qu'on la verse. § 2. De l'auteur du sacrement de baptême. 11 est certain que Notre-Seigneur Jésus -Christ a institué le baptême comme tous les autres sacrements. Ainsi il faut soigneusement observer deux temps qui regardent ce sacrement, celui où Notre-Seigneur l'a institué , et celui où il a imposé l'obligation de le recevoir.

Quant au temps où ce sacrement a été instilué par Jésus-Christ, tout le monde convient que ce fut lorsqu'élant baptisé par S. Jean il communiqua à l'eau la vertu de sanctifier les hommes. Car S. Grégoire de Nazianze et S. Augustin assurent que ce fut en ce moment que l'eau reçut la vertu de régénérer les hommes en leur communiquant la vie de l'a grâce. Et le dernier de ces Pères dit encore en un autre endroit que du moment que Jésus-Christ fut entré dans l'eau, elle reçut la vertu d'elfacer tontes sortes de péchés ; et dans le sermon trente- septième du temps, que Notre- Seigneur fut baptisé, non qu'il eût besoin d'être purilié, mais afin que purifiant les eaux par l'attouche-

ment de sa chair très-pure, elles reçussent la vertu de nous purifier de nos péchés. Et une grande preuve de cette vériié est , que dans le moment que Jésus- Chrisi fut baptisé, la très-sainte Trinité, au non) de laquelle le baptême se donne, se rendit sensiMement présente. Car on entendit la voix du Père, le Fils y était présent en personne, le Saint-Esprit descendit en forme de colombe sur lui ; et enfin les cieux furent ouverts, où nous pouvons présentement entrer par le moyen du baptême.

Que si l'on deniande comment est-ce que Notre-Seigneur communiqua à l'eau une vertu si excellente et si divine, il faut répondre que c'est une chose qui surpasse la capacité de l'esprit de l'homme, et qu'il suffit de savoir que depuis que Notre-Seigneur eut reçu le baptême, l'eau fut consacrée par l'aiiouchement de son corps très-saiul et très-pur à l'usage s.ilulaire de ce sacrement : en sorte que quoiqu'il ait été insiiiué avant sa passion, il en a tiré néanmoins toute sa vertu et son efficace, la passion de Jésus-Christ ayant été comme la fin de toutes ses actions.

Pour ce qui est du temps où l'obligation de recevoir le baptême a élé imposée, il n'y a aussi nulle difficulté sur ce point. Car tous les auteurs ecclésiastiques conviennent que ce fui après la résurrection de Notre-Seigneur, lorsqu'il ordonna à ses discioles (Matlh. 28, 19; Marc. 16, 15) d'aller par toute la terre instruire tous les peuples, les baptisant au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. De sorte que depuis ce temps- là tous les hommes entrèrent dans l'obligation de recevoir le baptême pour pouvoir obtenir la vie elernelle. El c'est ce que l'on doit conclure de ces paroles de S. Pierre (2 Episl. 3, 3) : Dieu nous a régénérés var la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts poumons donner une vive espérance; el de cellesci de saint Paul (Epli. 5, 26) : // s'est livré lui-même à la mort pour l'Eglise , afin de la sanctifier après l'avoir purifiée dans le baptême de l'eau par la parole de vie. Car l'un et l'autre semble apporter l'obligation du baptême au temps qui suivit la mort de Notre-Seigneur. El ainsi il ne faut point douter que ces paroles de Jésus-Christ ( Joan. 3, 5) : Si un homme nerenaît de l'eau el de l'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu, ne regardassent le temps qui devait suivre sa passion!

11 est impossible que les pasteurs traitant ces vérilés avec toute l'exactitude qu'ils doivent, les fidèles ne reconnaissent l'excellence et la dignité de ce sacrement, et qu'ils n'aient pour lui tout le respect et toute la vénération dont ils sont capables , surtout lorsqu'ils feront attention aux dons magnifiques et cxcellenls que le Sainl-Esprit communique à tous ceux qui le reçoivent, et qui nous ont élé marqués par les merveilles qui parurent au baptême. de Jésus-Christ. Et en effet si, comme il arriva au serviteur d'Elisée, nos yeux pouvaient être ouverts pour voir les choses toutes célestes qui se passent dans le baptême, il n'y a personne, quelque privé de sens commun qn'il pût être, qui ne fût transporté d'une admiration tout extraordinaire à la vue de ces mystères. Et il y a sujet d'espérer que cela arrivera de la sorte, si les pasteurs s'appliquent a découvrir aux fidèles les richesses qui sont renfermées dans ce sacrement, afin que s*ils ne peuvent pas les considérer des yeux du corps ils les contemplent au moins des yeux de l'esprit et à la faveur des lumières de la foi.

§ 3. Des ministres du baptême.

11 n'est pas seulement utile, mais même nécessaire d'apprendre aux fidèles qui sont ceux qui sont les ministres de ce sacrement, soit afin que ceux à qui cette charge a été particulièrement imposée s'en acquittent avec piété et religion, soit afin que personne ne veuille mal à propos et témérairement entreprendre sur le droit d'autrui, en passant les bornes do son état, et contre le commandement que nous fait l'A poire (i Cor. 44., 40) de garder l'ordre et la bienséance en toutes choses. Il faut donc savoir qu'il y a trois sortes de personnes qui peuvent administrer ce sacrement.

Les premiers sont les évêques et les prêtres, qui exercent ce ministère de plein droit, cl non pnr une puissance extraordinaire. Car c'est a eux que Nolre- Seiffnour a dit en ia personne de ses apolrcs(R!allli.l8, 19) • Allez, baptisez-les, etc. Néanmoins dans les premiers temps de TEglise, les évêques, pour iVetre pus obligés d'abandonner le soiit de la prédication, qui leur est encore une obligalioîs plus étroite, avaient coutume de lùsser aux'prélres celle fonclion. El il est évident par les saints Pères et par Tiisage de i'Egiise que les prêtres ont droit de l'exercer, lors même que l'évêque est présent. Et en effet, comme ils ont été inslilués pour consacrer l'Eucharistie, qui est le sacrement de la paix et de l'unité, il était juste qu'ils eussent le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire pour rendre les liommes parlicipanls de celte paix et de celle unité. Ainsi quand les Pères ont dit quelquefois qu'il n'était pas permis aux prêtres de b.ipliser sans la permission des évêques, cela se doit entendre du baptême qu'on avait coutume de donner à de certains jours solennels de I année.

L'es seconds ministres du baptême sont les diacres, auxquels il n'est pas permis, comme il panât par plusieurs décrets des saints Pères, de baptiser sans la permission de l'évêque ou du prêtre.

Les derniers sont tous ceux qui dans la nécessité peuvent baptiser, en omellaiit les cérémonies solennelles et accoutumées, et dans ce nombre sont compris mêiue les moindres d'entre le peuple, hommes ou femmes, de quelque secte et profession quMls puissent être, juifs, infidèles ou héréti(iues. Car toutes ces personnes jseuvent baptiser dans la nécessité, pourvu qu'elles se proposent de faire ce que l'Eglise catholique a intention de faire en donnant le baptême. C'est une véi'ité qui estcontirmée, non seulement par plusieurs anciens décrets des Pères et des conciles, mais môme par le sacré concile de Trente, qui analhématise tous ceux (jui diront fine le baptême donné par les hérétiques au nom du Père, du Fils et du Sainl-Esprit, avec inlcntioîi de fiiirc ce que l'Eglise fait, n'est pas un véritable bnptêuie.

Et c'est ce qui nous doit faire admirer la bonté et la sagesse souveraine de Notre-Seigneur, qui, sachant la nécessité absolue que tous les hommes auraient de recevoir ce sacrement, ne s'e-t pas contenté de clioisir l'eau, qui est ce qu'il y a de plus c-mmun dans le iiKinde, pour en être la malière, mais encore a voulu qu'il n'y eût personne qui ne pût le donner, quoi(jue néanmoiiis, connue nous l'avons déjcà renjarqué, il ne soit pas permis à tout le monde de l'administrer avec les cérémonies et les solennités ordinaires, non qu'elles soient plus suintes que le sacrement, mais parce qu'elles sont moins nécessaires.

Et il ne finit pas non plus croire qu'il soit tellement permis à tout le monde de donner le baptême dans ia nécessité , qu'il ne faille garder un certain ordre entre ceux qui le peuvent donner; car il est très-important qu'il y en ait un. Ainsi une femme ne doit pas le donner en présence d'un homme, ni uû laïque devant un clerc, ni un clerc en présence d'un prêtre. Néanmoins les sages-femmes, qui ont coutume de baptiser, le peuvent faire quelquefois en présence d'un homme qui n'est pas assez instruit de la manière dont on donne ce sacrement.

Mais outre toutes ces personnes qui peuvent administrer le baptême, il y en a d'autres qui, selon l'ancien usage de l'Eglise catholique, ont coutume d'y prêter leur ministère : ce sont les parrains, lesquels, comme nous l'apprenons des saints Pères, l'on nommait communément répondants ou cautions. Or comme celte fonction regarde particulièrement les laïques, il faut q»ie les pasteurs aient grand soin de les instruire de ce qui est nécessaire pour s'en bien acquilter.

Premièrement, il faut qu'ils leur Cassent voir que c'est avec grande raison que l'Eglise a joint des parrains aux ministres du sacrement de baptême. Et p'e§t (Je quoi ils seront ?iisément persuadés, s'ils con-

sidèrent que le baptême est une régénération spirituelle par laquelle nous devenons les enfants de Dieu; car c'est ainsi que S. Pierre en parle (3 Epist. 2, 2) : Comme des enfants nouvellement nés, désirez^ dit-il, ardemment le lait spirituel et tout pur. De même donc qu'après qu'un homme est né il a besoin d'une nourrice, et ensuite d'un maître pour l'élever et l'instruire dans les sciences et les arts, il était nécessaire aussi que ceux qui au sortir des fonts baptismaux commencent à vivre d'une vie toute spirituelle fussent mis sous la garde et la conduite de quelque personne prudiule qui les pût instruire des maximes de la religion chrétienne et les former à toutes sortes de bonnes œuvres, afin qu'après être crûs peu à peu eu Jésus-Christ, ils arrivassent avec le secours de sa grâce à l'étal de i'iionune parfait. El cela était d'autant plus nécessaire que les pasteurs, étant chargés du soin de leuis piroisses, n'ont pas assez de temps paur pouvoir prendre celui d'instruire en particulier ceux qui sont eU' core faibles dans la foi.

Nous avons une preuve bien remarquable de celte coutume dans ces paroles de S. Denis : Nos divins maîtres (c'est ainsi qu'il appelle les apôtres) ont jugé à propos qiCil y eut des personnes qui reçussent les enfants au baptême, afin que comme les pères et les mères, par tme très-sage coutume, donnent ordinairement à leurs enfants des personnes éclairées dans les choses divines pour les instruire et pour les conduire pendant tout le cours de leur vie, ces personnes aussi pussent servir de pères spirituels à ceux qiCils tiennent sur les fonts, et contribuer à les faire avancer dans la voie de leur salut. Le pape Higinius enseigne la même chose.

Ainsi c'est avec beaucoup de prudence que l'Eglise a voulu que non seulement celui qui baptise avec celui qui est baptisé, mais même le parrain avec son filleul et avec ses père et mère, contractassent une alliance spirituelle qui fût un légitime empêchement aux mariages qu'ils voudraient conlracler ensemble, ou qui rendît nuls ceux qu'ils auraient contractés.

Mais pour revenir aux obligations des parrains, l'on s'acquitte si mal présentement de celte fonction , qu'on peut dire qu'il n'en est resté que le nom, et qu'il semble que les fidèles supposent qu'elle ne renferme rien de saint. Cependant les parrains doivent se souvenir qu'ils stml particsilièrement obligés en cette qualité d'avoir continuellement soin de leurs fiUcids et de les faire instruire des règles et des maximes de la vie chrétienne, afin qu'ils observent inviolablement jusqu'à leur mort ce qu'ils ont solennellement promis pour eux au baptême. C'est ce que S. Denis déclare, lorsqu'il fait dire aux parrains : Je promets lorsque cet enfant sera en âge de raison de fexliorter souvent à renoncer à tout ce qui est contraire à la perfeclien et aux promesses qu'il fait maintenant de vivre selon Dieu. S. Augustin enseigne la même chose par ces paroles, qu'il adresse aux parrains et aux marraines : Je vous avertis, mes frères et mes sœurs, qui avez tenu des enfants sur les fonts de baptême, de vous souvenir que vous avez répondu à Dieu pour eux. Et certes il est très-juste que celui (|ui s'est chargé d'un emploi s'en acquitte toujours exactement et sans jamais s'en lasser, et que celui qui a fait une profession ouverte d'être le guide et le gardien d'un autre ne l'abandonne point après s'en être chargé, tandis qu'il reconnaît qu'il a besoin de son assistance.

Saint Augustin, en parlant des obligations des pai*rains, renferme dans ce peu de paroles les choses dont ils doivent instruire leurs filleuls. Us doivent^ dit-il, les avertir de garder la chasteté, d'aimer la justice, de conserver la charité. Et surtout ils sont obligés de leur apprendre le Symbole des Apôtres, rOraison dominicale, le Décalogue, et les premiers principes de la religion chrétienne.

Cela supposé, il est aisé de juger que ceux à qui Ton ne doit pas commettre un ministère si saint, ce sont ceux ou qui ne veulent, ou qui ne savent S'CU acquiiier avec fidélité et avec soin. Et ainsi outre les

PART. II. DES SACREMENTS

Ïicres el les mères, à qui il n'est pas permis de faire a fonction de parrains, afin qu'il paraisse davantage combien réducation spiriiiiclle des enfants est différente de celle dont les pères et les mères leur sont redevables selon la nature, les hérétiques, les Juifs et les païens sont exclus absolument <le celle fonciion, puisqu'ils ne pensent qu*à obscurcir par leurs mensonges et leurs erreurs la vérité de la loi, el à détruire toute la piété chrétienne.

Il est aussi défendu par le concile de Trente de faire tenir le même enfant sur les fonls de hapiéme par plusieurs parrains ou plusieurs marrai"" , mais seulement par un parrain ou une marraine, ou tout au plus par tous deux ensemble, tant à cause que le grand nombre de ces personnes qui sont comme autant de maîtres ne pourrait servir qu'à apporier do la confusion dans Tordre que Ton doit tenir dans Téducalion et riiislructiou des enfanîs, que parce qu'il était à propos d'empêcher que plusieurs personnes ne contractassent ensemble des alliances spirituelles qui auraient empêché le progrès de la société civile, en les empêchant de s'unir ensemble par le lien d'un légitime mariage.

§4. Que le baptême est nécessaire àtom les hommes. Quoique la connaissance de loutce qui a été expliqué jusq-i'ici touchant le baptême soit extrêmement utile aux lidèles, rien néanmoins ne semble plus important que de leur appreiidre que Noire-Seigneur a imiposé à tous les hommes une telle nécessité de recevoir ce sacrement qu'il assure lui même dans TEvangile que tous ceux qui ne renaîtront point en DJen par lia grâce du baptême n'auront reçu la vie de leurs I pères, soit fidèles ou infidèles, que pour périr et être Imallieureux élernellemenl. Siun homme, dit-il (Joan. 5, 5), ne renaît de leau et de l'esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Ainsi cette loi ne regarde pas seulement les per- 'sonncs raisonnables, mais même les enfants ; c'est ce que l'Eglise a toujours pratiqué conformément à la Iraidiiion que tous les SS. Pères témoigneist qu'elle en a Ireçuedes apôtres. En effet, y avail-il de l'apparence 'que Jésus-Christ exclût les enfanîs de la giàce du 'baptême, après avoir dit d'eux, parlant à ses disciples î(Matth. 40, 54; Marc. 10, IC) : Laissez là ces enfants, \el ne les empêcliez pas de veu-ir àmoi, car leroyaiimedu \ciel est jwur ceux qui leur ressemblent, el après les 'avoir bénis par l'imposition deses mains, el leur avoir donné par ses emhrassements de si pnissaiilos marques !de son affection. Mais de pins lorsque S. Paul a téjmoigné qu'il avait baptisé toute la famille de Sléphanas, n'a-l-il pas fait connaître clairement par-là qu'il en avait aussi b?.plisé tons les enfants ? I La circoncision qui était une figure du baptême confirme encore celte coutume de l'EiUise. Car chacun sait qu'on circoiicisail les enfants huit jours après leur naissance. Comme donc il était alors nécessaire que les enfants lussent circoncis dans leur chair parla main des hommes, il faut de même qu'ils reçoivent mainleiiant le baptême, qui est la circoncision spirituelle de Jésus - Christ, pour y être dépouillés du corps du jiéché.

Enfin, comme tous les enfants ont péché en Adam, il fallait, à plus forte raison, qu'ils pussent recevoir lu grâce et la justice par Jésus-Chrisi j'.our régner dans "a vie éternelle. Car, comme dit l'Apôlre ( Uoni. G, 17), si la mort a régné dans le monde par un seul homme et oar le péché d'un seul, il fallait à plus forte raison que :eux qui recevraient Cabondance de la grâce et le don de 'a justice régnassent dans la vie par un seul qui est Jeius-Christ. Or c'est ce qui ne se peut faire que par le japlême.

C'est donc une vérité constante qu'il faut absolument baptiser les enfants, et que ceux qui sont charlés de leur éducation doivent travailler à les former jeu à peu à la piété selon les règles el les maximes de a religion chrelienae, puis(|ue le Sage nous apprend tue le jeune homme qui a suivi une voie l'abandonne lifftçilement dans su vieillesse (Prov, 22, ()}.

Et il est de plus certain que les enfants en recevant le baptême, qui est le sacrement de la foi, sont faits véritablement chrétiens, non qu'ils croient par le mouvement de leur propre volonté, mais par la foi de leurs parents, s'ils sont fidèles, ou du moins, pour parler avec S. Augustin, par la foi de toute la société des saints, c'est-à-dire de tous les fidèles. Car l'on peut dire avec vérité que les enfants sont présentés au baptême par tous ceux qui souhaitent avec ardeur qu'ils y soient présentés, et qui par leur charité les fout entrer dans la coummiiication du Saint-Esprit.

Il faut doiic, lorsqu'il n'y a poiiit de péril, porter les enfants à l'église, le plus tôt (|ue l'on peut pour y être bapiisés publiquement et avec les cérémonies solennelles et accoutumées. Car puisqu'il n'y a point d'autre moyen de procurer le salut aux eniants que le baptême, il est aisé de juger combien est grande la faute de ceux qui souffrent qu'ils soient privés de la grâce de ce sacrement plus longtemps que la Jiécessité ne le demande, vu particutièrement que par la faiblesse de leur âge et la délicatesse de leur corps ils sont exposés à presqu'une infinité de dangers do mourir.

Il n'en e>t pas de môme des personnes raisonnables, comme sont d'ordinaire ceux qui se convertissent parmi les infidèles. Car la coultime ancienne de FEî^lise fait voir qu'on en dirit user autrement à leur égard. Ainsi il faut premièrement leur proposer les vérités de la foi, et ensuite les exhorter et les inviter, avec tout le soin el toute la charité possible, à l'embrasser. Que s'ils se convertissent à Dieu, il faut alors les avertir de ne pas différer àrecevoirle baptême au-delà du temps qui est prescrit par i'Egliss pour cela, puisque la conversion parfaite qiie l'îLcriture îîous défend de retarder par ces paroles : Ne différez point, et ne remettez point de jour en jour à vous convertira Dieu, vient de la nouvelle régénération qui se fait par le bapLème, et que de plus, parce reiardemeni, ils se privent non seulement de l'usage et de la grâce des aulre.Y sacrements par lesquels on se fortifie dans le culte de la religion chrétienne, el auxquels on ne peut {'.ariiciper sans le baptême, mais des fruits mêmes du baptême qui sont très-considérables. Car l'eau du baptême , non seulement efface entièrement les taches et les souillures de tous les péchés qu'on a conmiis auparavant, mais elle remplit lame de la grâce de Dieu, parle secours de laquelle elle peut dans la suite éviter le péché ei garder la justice et l'iniiocence, eu quoi consiste toute la perfection de la vie chrétienne.

Mais nonobstaril cela, l'usage de l'Eglise, connue nous venons de le dire, n'est pas de donner aux adultes le sacrement de baplê:ne aussitôt qu'ils sont convertis, mais de le différer jusiqu'à im certain temps, parce ^pie d'une part ce reiardemeni n'est pas asissi périlleux pour eux que nous avons montié qu'il le serait pour les enfants, puisque la rés-oluii'-n où ih sont de recevoir le baplêuu; el la pénitence qu'Us font do leur mauvaise vie sufiisent pour leur l'aire obtenir la grâce el la justice, lors même que par une rencontre imprévue, ils sont empêchés d'être purifiés dans Its eaux salutaires du !)antème; et que dePaulre il est même très-utile. Car, i" comme rEgH;e doit prendre garde {|ue persojme ne s'approche de ce sacrement dans un esprit de dissimulation et d'hypocrisie, ce retardement lui donne le moyen d'éprouver et de reconnaître davantage la volonlé de ceux qui le deniaiident. D'où vienl que, selon les canons des anciens conciles, les Juifs qui se conveitisseul à la foi catholique doivent être mis pendant quelques mois au nombre des catéchumènes, avant que de recevoir le baptême. ''X' Ce reiardemeni donne lieu h ces [lersonnes de se mieux instruire de la doctrine de la foi (ju'ils doivent embrasser, ei des règles et des maxijues de la vie chrétienne cju'ils doivent suivre. Enlin, il est certain qu'on honore davantage ce sacrement, ne le recevant qu'aux jours de Pâques et de la Pentecôte, où l'Eglise le donne avec des cérémonies plus^

solennelles et plus augustes. ^

Il est néanmoins quelquefois à propos et même nécessaire de ne pas différer de donner le baptême aux adultes, non seulement lorsqu'ils sont en péril de mort, mais particulièrement lorsqu'ils sont pleinement* instruits des mystères de la foi. C'est ce que nous apprenons de l'exemple des apôtres S. Philippe et S. Pierre, dont le premier baptisa l'eunuque de Candace, reine d'Ethiopie, et l'autre, Corneille, aussitôt qu'ils eurent embrassé la foi.

§ 5. Des disposUions nécessaires pour recevoir le baptême.

La première et la principale disposition nécessaire pour recevoir le baptême est de vouloir et de désirer de le recevoir. Car comme parle baptême Ton meurt au péché, et l'on embrasse une nouvelle vie, il est juste de ne le donner à qui que ce soit malgré qu'il en ait et par coutrainte , mais seulement à ceux qui volontairement et de leur bon gré désirent de le recevoir. Aussi l'on a toujours observé par une sainte et louable coutume de l'Eglise de ne donner le baptême à personne que l'on n'ait premièrement demandé à celui qui désire de le recevoir s'il veut être baptisé, non pas même aux enfants à qui il ne fi\ut pas croire que celte volonté manque, puisque celle de l'Eglise qui répond pour eux est très-iomiue à cet égard.

C'est pourquoi, comme les personnes raisonnables qui tombent en démence ou en enfance ne peuvent en celétat avoir la volonté d'être baptisées, on ne doit point aussi leur donner le biiptême, si ce n'est qu'elles soient en danger de mort ; quoique même alors il ne faille pas le leur doimer, si elles n'oiit témoigné ledésirer avant que d'être tombées en démence ou en enfance. Pour ce qui est de ces innocents de naissance, l'usage de l'Eglise a toujours élé de les baptiser en la foi de l'Eglise, de même que les petits enfants.

Mais outre le désir du baptême que doivent avoir les personnes raisonnables , la foi leur est aussi nécessaire pour être en élat de recevoir la grâce de ce sacrement, comme Noire-Seigneur nous l'a enseigné par ces paroles (Marc. 16, v. 16) : Celui qui croira et sera baptisé, sera. sauvé. Ce désir et cette foi doivent encore être accompagnés du regret de tous ses péchés passés, et de la résolution de n'en plus commettre à l'avenir. C'est pourquoi celui qui demande le baptême et qui en même temps li'est pas dans la volonté de quitter ses habiludes criminelles ne doit |)oirit absolument être admis à ce sacrement. Car rien n'est plus opposé à la grâce du bnpliime que de ne vouloir njctlre aucune lin à ses péchés, puisque l'on ne doit désirer le baptême que pour se revêtir de Jésus-Christ, et pour lui être uni. Or celui qui se piopose de continuer dans ses désordres et dans ses jiéchés est dans une disposition toute contraire à ce désir, et par conséquent il est indigne d'être admis au baptême ; vu particulièrement que ne devant jamais abuser de quoi que ce soit qui regarde Jésns-Ciirist ou l'Eglise, ce serait visiblement abuser du sacrement de baptême que de le donner à une personne qui serait dans celte disposition, n'y ayant personne qui ne juge que celui qui le recevrait avec le désir de vivre selon la chair, et non selon l'esprit, recevrait en vain ce sacrement, au moins quant à son effet principal, qui est la justification et la communication de la grâce. Car il est certain qu'il ne laisserait pas d'en recevoir le caractère, pourvu qu'en le recevant, selon les forages et avec les cérémonies de l'Eglise, il eût eu le dessein de se soumettre à ce que l'Eglise fait en administrant ce sacr;>ment. La réponse que lit saint Pierre à cette grande troupe de peuple, qui, étant touché de coioponeiion en leur cœur, lui avait demandé et aux autres apôtres ce qu'il fallait qu'ils fissent pour être sauvés, montre manifestement que le regret des péchés est nétessaire pour recevoir le baptême ( Acl. 2 , 58) : Faites pénitence, leur dit-il, et que chacun de vous soit baptisé^ ce qu'il répèle en un autre endroit , en ces termes, (Acl. 3, 19): Faites pénitence et convertissez-vous ^ afin

que vos péchés soient effacés. Et saint Paul , dans se Epître aux Romains (6, 15) , fait voir clairement qu celui (\\ù est baptisé doit absolument mourir au pé ché. D'où vient qu'il nous avertit de ne point abandon ner au péché les membres de notre corps pour lui servi d'armes diniquilé; mais de nous donner à Dieu, comm étant vivants, de morts que nous étions auparavant.

Si les fidèles méditent souvent ces ventés , ils se ront d'une part contraints d'admirer la bonté inUnie d Dieu, qui a bien voulu, par un pur effet de sa miséri corde, présenter aux hommes, qui en étaient si in dignes, un don aussi divin et aussi précieux que celi du baptême, et de l'autre, considérant combien la vi de ceux qui sont honorés d'un si grand don doit êlr pure et éloignée de tout crime, ils verront clairemer que l'état du christianisme dont ils font profession de mande d'eux qu'ils passent chaque jour de leur vi dans les mêmes sentiments de piété et de religio que s'ils y avaient reçu effectivement le sacrement! la grâce du baptême.

§ 6. Des effets du baptême.

Comme il n'y a rien qui soit plus capable d'enflaiTi mer le cœur des fidèles de l'amour de la véritable pi* lé que la considération des effets du baptême, les pa^ leurs auront grand soin de les leur expliquer et de !< en entretenir souvent, afin qu'étant persuadés que degré d'honneur auquel ils sont élevés par ce sacr< ment est le plus haut et le plus excellent où ils puisseï jamais arriver en cette vie, ils ne souffrent jamais qi leur ennemi les en fasse déchoir, soit par ses artilic ou par ses efforts.

Le pren^ier effet du baptême est d'effacer tout sortes de péchés, si énormes qu'ils soient : soit cel que nous avons contracté par notre naissance , s< ceux que nous avons commis par le mauvais usage q nous avons fait de notre propre volonté. C'est ce (; avait été prédit longtemps avant l'avénemeni deNoli Seigneur Jésus-Christ par ces paroles d'Ézéchiel (3 23) : Je verserai sur vous une eau pure , qui vous pu]\ fiera de toutes les taches de vos péchés. Et c'est ce q saint Paul nous a aussi marqué, lorsqn'après av( fait un long dénombrement de diverses espèces de f chés, il ajoute (1 Cor. 6, il) : Cest ce que quelques-h de nous ont élé autrefois, mais vous avez été lavés, vc avez été sanctifiés. C'est enfin ce que la sainte Éghst toujours enseigné. Car, comme liit S. Augustin da le livre qu'il a écrit du baptême des enfants, par la g néialion charnelle on ne contracte que le péché o ginel ; mais par la renaissance spirituelle, non seui ment le péché originel est pardonné , mais même ce qu'on a commis depuis volontairement. Et saint j rôme, dans sa lettie à Océanus, dit que tous les pécl sont pardonnes dans le baptême. Mais afin que p( sonne ne put jilus douter de celte vérité, le concile Trente, se contormant aux décisions des aulres co ciles,ra décidée (snp, sess. 5,can. 5) lorsqu'il a frap d'analhème ceux qui oseraient soutenir le contrai et <|ui auraient la témérité d'enseigner qu'encore (j les péchés soient remis dans le baptême, ils n'y s( pas néaiunoins entièrement effacés ni arrachés j qu'à la racine, mais seulement, pour ainsi dire, tranchés jusqu'à la superficie, les racines des pécl demeurant encore fortement attachées à l'âme. Ai il faut dire avec ce saitil concile qu'il n'y a rien dt les nouveau-baptisés qui soit l'objet de la haine Dieu, parce qu'il n'y a point de condamnation p( ceux qui sont véi'ilablement ensevelis avec Jé>usChi dans le baptême t,our mourir au péché, qui ne vive pins selon la cliair, et qui, étant dépoiullés du vi homiucct revêtus du nouveau (|ui est créé selon Di< sont purs, innooents ei agréables à Dieu.

Cependant il faut reconnaître avec le même con( que la concupiscence demeure dans les baptisés. M elle n'est pas proprement péché; car, comnie dit Augustin, la coulpe de la concupiscence est remise dt les enfants baptisés, quoiqiCelle leur soit laissée pour exercer. Et en un autre endroit : Dans le baptême, (

àst

PART. II. DES SACREMENTS

feâ

il, la coulpe de la concupiscence est effacée^ mais Vinfirmité demeure* Car la concupiscence , qui vient du péché, n'est rien autre chose qu'un désir et un mouvement de Came, qui de sa nature est contraire à la raison, mais qui rCest point proprement péché y lorsquiln*esl point accompagné du consentement de la volonté^ ou de négligence. Ainsi lorsque saint Paul dit (liom. 7, 7) : Je n'aurais point connu les mauvais désirs de la concupiscence si la loi ne m'avait dit : Vous n'aurez point de mauvais désirs^ il n'a pas voulu marquer par ces paroles la concupiscence en elle-même, mais le vice de la volonté. Saint Grégoire enseigne la même chose. S'Use trouve, dil-il, des personnes qui soutiemtent que les péchés ne sont remis dans le baptême, pour ainsi dire, que superficiellement, qu'y a-t-il de moins chrétien que cette prétention ; puisqu'il est certain que par ce sacrement de la foi, l'âme n'est plus attachée qu'à Dieu seul, et que le péché est attaché en elle jusqu'à la racine. Elil se sert, pourprouver celte vériié, de ces paroles deNotre-Seigneur rapportées par S. Jean (3, 10) : Celui qui a élélavén'a plus besoin que de se laver les pieds, et il est pur dans tout le reste.

Que si Ton désire quelque figure expresse de cette vérité. Ton n'a qu'à considérer ce que l'Ecriture rapporte de la guérison de Naaman de Syrie, leiiuel s'étanl lavé sept fois dans les eaux du Jourdain fut si parfaitement guéri de sa lèpre, que sa clmir semblait être celle d'un enfant. Le propre effet donc du baptême est d'effacer tous les péchés, soit celui d'origine, soit ceux qu'on a contractés volontairement et par sa propre faute. C'est, comme nous avons déjà remarqué, ce que saint Pierre, pour ne rien dire de beaucoup d'autres endroits de l'Ecriture sainte, déclare nettement par ces paroles ( Act. 2, 38 ) : Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour obtenir la rémission des péchés.

Non seulement Dieu remet tous les péciiés par le baptême, mais même toutes les peines qui leur sont dues. Car quoique ce soit une chose commune à tous les sacrements de communiquer la vertu de la passion de Noire- Seigneur Jésus-Christ, l'Apôire néanmoins n'a dit que du baptême seul ( Rom. 6, 3) que par lui nous mourons et nous sommes ensevelis avec Jésus-Christ. D'où l'Eglise a conclu qu'on ne pouvait, sans faire injure à la vertu de ce sacrement, commander à cetix qui y doivent expier leurs péchés certaines actions de piété les SS. Pères appellent ordinairement les œuvres saiisfacloires et laborieuses de la péniîence.

Et cette coutume n'est point contraire à celle de la primitive Eglise, qui ordonnait aux Juifs qui voulaient être baptisés de jeûner quarante jours de suite pour se préparer à le recevoir. Car elle leur imposait ce jeûne, non comme une satisfaction, mais seulement pour leur faire comprendre la digiiité de ( e sacrement, et le leur rendre plusvénérable, en les obligeant, avant que de le recevoir, de vaquer sans inierruplion pendant un certain temps au jeûne et à la prière.

Mais quoiqu'il soit certain que Dieu remette les peines du péché par le baptême, néanmoins ce sacrement ne délivre point des p«eines que les juges imposesU pour quelque grand crime, de sorte que celui qui a mérité la mort selon les lois n'en est pas exempté par le baptême. Ce serait néanmoins un acte de religion et de piété très-louable aux princes chrétiens de Vemettre ces châtiments en vue du baptême, afin que la gloire de Dieu éclatât encore davantage dans ses sacrenienis.

Toutes les peines qui sont dues au péché originel après celte vie sont encore remises par le baptême, et c'est ce que la mort de Jésus-Christ nous a mérité. Car, comme nous avons déjà dit, nous mourons avec Jésus-Christ par le baptême. Or, comme dit l'Apôtre, si nous avons été entés en lui par la ressemblance de sa mort, nous y serons aussi entés par la ressemblance de sa résurrection.

Que si quelqu'un demande pourquoi donc aussitôt après le baptême nous ne sommes pas délivrés de toutes les incommodités de cette vie, et que nous ne

sommes pas rétablis dans le même état de perfection où était Adam avant le péché, il faut répondre que c'est particulièrement pour deux raisons.

La première est, parce qu'il n'était pas juste qu'étant unis au corps de Jésus-Christ, et devenant ses membres par le baptême, nous y reçussions quelque avantage au-dessus de celui qui est noire chef. Comme donc Noire-Seigneur Jésus-Christ ayant été rempli de l'esprit de grâce et de vérité dès le moment de sa conception, n'a été néanmoins affranchi de la faiblesse de la nature humaine dont il s'était revêtu, et n'est ressuscité pour jouir de la gloire éternelle qu'après avoir souffert les tourments de sa passion et la mort même : ainsi il était juste que les fidèles, après avoir reçu de Dieu par le baptême la grâce de la justice, fussent encore revêtus d'un corps fragile et caduc, afin qu'après avoir souffert plusieurs travaux et la mort même pour Jésus-Christ, et après être ressuscites, ils fussent dignes de jouir avec lui de la félicité éternelle.

La seconde raison pour laquelle les infirmités du corps, les maladies, les douleurs, les mouvements de la concupiscence nous sont laissés après le baptême, c'est afin qu'ils servent de matière à notre vertu, et qu'ayant plus d'occasions de l'exercer, nous puissions acquérir aussi une plus grande gloire et ur»e récompense plus ample et plus abondante. Car, lorsque nous souffrons avec patience toutes les incommodités de la vie, et qu'avec le secours de Dieu nous nous efforçons de soumet4re à l'empire de la raison les mouvements déréglés de notre cœur, nous devons avoir une ferme confiance que si nous avons, comme dit saint Paul ( 2 Tim. 4, 7 ) , bien combattu, achevé notre course, gardé la foi, Dieu comme un juste juge rendra à chacun de nous en ce grand jour la couronne de justice.

Ce ul cette raison qui fil (jue Dieu, après avoir délivré les Israélites de la servitude des Egyptiens, Pharaon et toute son armée ayant été submergés dans les eaux de la mer Rouge, ne les fit pas néanmoins entrer aussitôt dans celte terre heureuse et abondante qu'il leur avait promise; mais il les exerça auparavant par plusieurs et différents événements fâcheux. Et même lorsque dans la suite il les eut mis en possession de cette terre, il en ciiassa bien la plupart des nations qui rhabilaient, mais il en laissa quelques-unes qu'ils ne purent détruire, afin qu'étant obligés de leur faire la guerre, ils eussent toujours des occasions d'exercer leur force et leur courage.

Mais une autre raison qui fait voir la nécessité de celte conduite de Dieu, c'est que si, outre les dons célestes dont l'àme est ornée dans le baptême, on y recevait encore des avantL^ges temporels, oi» pourrait craindre avec beaucoup de fondement que plusieurs ne désirassent le bapiême plus pour les connnodités et les avantages de la vie présente (jue pour la gloire qu'on doit attendre dans l'autre. Or un chrétien ne doit jamais se proposer pour la fin d'aucune de ses actions les biens faux, caducs et périssables de celle vie, mais seulement les biens véritables, permanents et éternels delà vie futtire.

Ce li'cst pas que celle vie toute misérable qu'elle est n'ait aussi ses joies et ses consolations. Car que nouspeui-il arriver de plus agréable et de plus consolant, à nous qui, connue des branches, sommes entrés en Jésus-Christ par le baptême, que, après nous être chargés de sa croix, de le suivre comme notre chef, et do n'être empêchés par la vue d'aucuns travaux ni d'aucuns périls; de faire tous nos efforts poisr remporter le prix de la béatitude éternelle, à laquelle Dieu nous a appelés par Jésus-Christ pour y recevoir les uns la couronne de la virginité, les autres celle de docteurs, de confesseurs, et de prédicateurs de l'Évangile ; les uns la palme du martyre, et les autres d'autres marques d'hoimeur proportionnées aux vertus qu'ils auront pratiquées? Car tous ces noms d'honneur et de gloire ne seront accordés qu'à ceux qui, s'étant exercés dans la carrière de cette vie laborieuse

10 ) • Car quant à ce que Jésus-Christ est mort, il est mort seulement une (ois pour le péché ; ce (\u\ c^i la même chose que s'il disait : Comme Jesns-Chrisl ne peut mourir une seconde fois, nous ne pouvons aussi mourir une seconde fois au péché par le baptême, ment des maux ires-eiiecui^ - ;' ^r^'-^jr' ;;-;: j),^.^ vient que l'Église confesse haulemenl qn elle ne nous y recevons encore un smcro te doi^^^^^^ croit qu'un bapiênîe. Mais cette doctrine semble mê-

lents. Car nôtre ame y e^t rcmpl edc i^§Jf<^-J;^'^'"*^> ^ ;'L L «ne suite de la nature du baptême, qui est ,ui, nous rendant ^-''''^'^^^'^^f^,^^^ cmnrie u e Snération spirituelle, tar de mémo

l)lit par le mêmemoyen héritiers du salut éternel, u.r, J-"/^ g^,^„ i^Q^l^e de la nature nous ne naissons

qu'une fois, et que, comme dit S. Augustin, nous ne pouvons retourner dans le sein de nos mères, il n y a aussi qu'une régénération spirituelle. Et par conséquent Ton ne doit jamais réitérer le baptême, ^

Car il ne faut pas cr >ire que l'Eglise le réitère, lorsque baptisant quelqu'un dans le doute elle ii^^e de CCS paroles : Si vous êles baptisé, je ne vous briptm point; que si vous n'êtes point encore baptisé, je vous baptise au nom du Père, et du Fîls, et du S.-tsprit, Mais comme il y aurait de l'impiété à réitérer le bapterne, il est au contraire de la piélé et de la religwn de le'donner dans le doute sous celte condition. ■ Il faut néanmoins que les pasteurs usent en cela d'une grande précaution, pour éviter certains abus qui arrivent tous les jours au grand mépris de ce sacrement. Car il se trouve des personnes qui croient quil ne peut y avoir de crime à rebaptiser, sous cette condition, indifféremment tous ceux qu'on leur prcsenie, et qui non seulement ne se croient pas obligées, lorsqu'on leur apporte un enfant pour le baptiser, desin^ former s'il n'a point été ondoyé auparavant; mais encore qui, quoiqu elles sachent que l'eulant ait reçu ce sacrement dans la maison, ne laissent pas de le rebaptiser sous condition dans l'église, avec toutes les cérémonies et les solennités ordinaires. Cependant elles

et pénible, seront demeurés victorieux de leurs enne-

^^Mais pour revenir aux effets du baptême, non seulemen nous sommes délivrés par la vertu de ce sacremS des maux très-effectifs et ircf grands "•;

blit par le même moyen . ,■ a

comme dit l'Evangile: Celui q m croira et sera baptisé Temluvém^vo. k 16 ). Et i;Apôire assure (Eph. 5 28 ) flue rEqlise est purifiée dans le bapleme de l eau par la parole de vie. Ov celte grâce, selon que le concile de Trente ( supra, sess. 0, cap. 7 de J"^l-) ;;'donne de le croire sou-, peine d anatheme, ne^ consiste pas seulement dans la remission des pèches, mais c'est une qualité divine imprimée en 1 ame, qui est comme un rayon de lumière qui elîace toutes les taches de nos âmes, et qui en augmente la beauté et la pureté. C'est ce que l'Ecriture nous marque clairenient lorsqu'elle assure que la qrâce est répandue dans nos cœurs{Rom. 5, 5 ), et qu'elle l'appelle ordinairement les arrhes et le gage du Saint-Esprii.

Outre celte grâce que Dieu répand en nous par le baptême, nous y recevons encore toutes les vertus. C'est pourquoi S. Augustin prétend que lorsque l Apôtre dit, dans son Epître à Tite (3, i> ), que Dieunous a sauvés par l'eau de la renaissance et par le renouvellement du Saint-Esprit qu'il a répandu sur nous avec une riche effusion par Jésus-Christ noire Sauveur, il faut entendre par ces paroles, qu'i/ a répandu sur nous avec une riche effusion, la rémission des pèches et l'abondance de toutes sortes de vertus.

Le baptême nous unit aussi a Jesus-Christ comme

*. . • I p rv^ ^^.,<^ ^...rw Aa i-»iôn-ia fine»

]'' Tt^^l^ls^corpst onh^i^ço^^ ^le ;;;:'ie'p;;v;nrfair:^^ans;acrilége et sans être irrégu-

ullcl et e moivem^^^^^^^^ POur lieres, comme parlent tous les auteurs ecclésiastiques.

la force e ^^^"^^^^^'^^^^^^^^ c'est auss de Car le pape Alexandre ne permet d user de cet e for-

1^ nSu le de Jésu X^^ q^'i nous me de baptiser qu'à l'égard de ceux dont, après un,

la plénitude de Jésus ^' i'^^ ♦ "^. '^,i'. .J,^ ,' ^,^^,^ rApr^ii,. il pst douteux et incertain s'ils on

rend capables de toutes les actions de la piete chrétienne se répand sur tous ceux qui sont punîtes par le baptême. , ,

El l'on ne doit pas trouver étrange qu encore que nous soyons ainsi ornés et munis de toutes sortes de vertus par le baptême, nous ne puissions neaiiiiioms commencer, ou du moins achever aucunes bonnes œuvres qu'avec beaucoup de diflicuUé, de travai et de peine. Car ce n'est pas (pie Dieu ne nous ail libéralement accordé dans le baptême les vertus qui sont les principes des bonnes œuvres ; mais cela vient i|ue même après le baptême la chair fait conlinuellemenl une cruelle guerre à Pesprit. Et celle résistance et ce combat ne nousdoivent point faire perdre courage m nous affaiblir, mais au contraire nous appuyant sur le

«recours de Dieu, nous devons avoir une ferme con- ^. ^ , . - « i „a

fiance nue persévérant dans l'exercice continuel d'une que la porte du ciel leur est ouverte, non pas a la ve

onne^vie; Ztcequi est honnête, tout ce qui est juste, riié pour y entrer aussitôt qui s sonl^ baptises m

mtcenuiesLaint (Phil. 4 ) nous deviendra facile et seulement dans le temps auquel il plaira a Dieu delcs

agréable. El c'est ce que nous devons continuellement retirer des misères de cette vie mortelle, qui ne peu-

une ëxac"te rcdierdiLs il esl'douteux et incertain s'ils ont été bien baptisés; mais, en tout autre cas, il n'est jamais permis à qui (lue ce soit de réitérer le bapleme, même' sous cette condition.

Endn le dernier avantage que nous recevons parle baptême, cl qui est comme celui auquel tous les autres se rapportent comme à leur fin, c'est qu'il nous ouvre le ciel, dont l'entrée nous avait été fermée auparavant par le péché de nos premiers pères. Et cet effet et tous les autres, qu'opère en nous ce sacrement, nous ont été sulfisammeni marqués par ce-qui se passa au baptême de Notre-Seigneur. Car l'Evangile remarque que le ciel s'ouvrit, et que le S.-Esprit descendit en ce n.onicnt sur Jésus-Christ en forme de colombe. Ce qui nous marque que les dons du S.-Esprit sont maintenant communiqués à ceux qui sont baptises, et

méditer et tâcher de pratiquer, si nous voulons que le Dieu de paix soit avec nous. ^

Nous sommes encore marqués par le baptême d un caractère qui ne peut jamais s'effacer de nôtre âme. 11 n'est pas besoin de rien dire ici davantage de cet effet du baptême, chacun pouvant avoir recours à ce que nous en avons dit avec assez d'étendue, lorsque nous avons traité des sacrements en général.

Cependant, comme l'Église, fondée sur la nature et la venu du caractère que le baptême imprime, a défini qu'il ne devaii pas se réitérer, les pasteurs doivent avertir souvent les fidèles de prendre garde de l()nd)pr dans l'erreur contraire. L'Apôtre nous enseigne celte vérité lorsqu'il dit ( Eph. 4, 5 ) qu'i/ n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi et qu'un baptême, et qu'exhortant les Romains de prendre garde, après être nions au péché avec Jésus-Christ par le baptême, de

vent compatir avec la vie bienheureuse, pour les faire passer à l'immortalité et à la gloire.

Voilà quels sont les fruits et les avantages que le sacrement de baptême communique par lui-même également à tous ceux qui le reçoivent, mais qui, a la vérité, sont fort différeiits, selon les dispositions avec lesquelles chacun s'en approche. Car il est certain qu'à proportion (juc l'on est plus ou moins dispose i recevoir ce sacrement, l'on participe plus ou moins i la grâce et aux autres avantages qu'il communique. § 7. Des prières et des cérémonies du baptême.

Il ne reste plus maintenant qu'à expliquer en pei de mots les prières et les cérémonies avec lesquellc: on administre le sacrement de baptême, et c'est et qu'il faut faire le plus clairement qu'il sera possilile Car ce que S. Paul dit du don des langues, qu il es inutile lorsque celui qui parle n'est point entendu a

perdre la vie qu'ils en ont reçue, il ajoute ( Rom. 6, ceux qui recoulent, se peuLair^ presque avec aui4u

de fondement des cérémonies des sacrements, puisqu'elles sont les images elles expressions des choses qu'ils opèrent dans ceux qui les reçoivent. Ainsi si les fidèles ignorent ce qu'elles signifient, elles ne peuvent leur être utiles en aucune manière.

C'est pourquoi les pasteurs doivent faire tous leurs efforls pour en donner une parfaite connaissance à leurs peuples; car, (|uoiqu'elles ne soient pas absolu- 'ment nécessaires, elles n'en méritent pas pour cela moins leur estime et leur vénération, conmie l'autoliié de ceux qui les ont instituées, qui sont sans conicslalion les apôtres, et la fin pour laquelle ils ont voulu qu'on les observât, les en doivent pleinement persuader. En effet, il est constant qu'elles font que lie sacrement s'en administre avec plus de religion et jde piété, qu'elles nous remettent devant les yeux tous lies dons excellents qu'il renferme, et qu'elles imprijment plus fortement dans notre esprit le souvenir des biens infinis que Dieu a laits.

Or, afin d'expliquer avec ordre les cérémonies et les |prières dont l'Eglise se sert dans radminislralion du baptême, et que les fidèles puissent plus facilement iretenir ce qu'on leur dira , il faut les réduire à trois classes.

La première est de celles qui s'observent avant que l'on vienne aux fonts baptismaux; la seconde de jcelles qui se pratiquent lorsque l'on baptise; et la iLroisième de celles qui se font après le baptême. ' Premièrement donc, l'on prépare l'eau qui est conservée dans les fonts bapiismaux pour l'usago de ce sacrement, et qui a été consacrée par l'effusion de l'huile et du saint chrême, au samedi de Pâques et de la Pentecôte, suivant la coutume ancienne de l'Eglise. Car il faut savoir qu'il n'est pas permis de faire cette consécration en tout temps, mais seulement la veille de ces deux fêtes, qui sont les plus saintes et les plus solennelles de l'année, et auxquelles seules l'on administrait autrefois le baptême, hors la nécessité. De sorte que, luoiqiie présentement l'Eglise ait jugé à propos de ne plus dilTérer le baptême jusqu'à ces jours, à cause des langers où la vie des hommes est continuellement ex- 3osée, elle observe encore néanmoins, avec beaucoup |1e religion, la coutume de ne bénir les fonts baptisnaux que la veille de ces jours solennels de Pâques itde la Pentecôte.

L'eau du baptême étant ainsi préparée, Ton apporte 3u l'on conduit ceux qui doivent être baptisés à la )orte de l'église, dont l'entrée leur est défendue, étant ndignes d'entrer dans la maison de Dieu jusqu'à ce ju'ils aient secoué !e joug de la servitude honteuse iu péché, et qu'ils se soient soumis entièrement à ceui de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Alors le prêtre leur demande ce qu'ils désirent de Eghse, et ayant reçu leur réponse, il les instruit pi e- Tiierementde la doctrine de la foi chrétienne, dont ils loivenl iaire profession dans le baptême. Celte couurne d'instruire les fidèles avant que de les baptiser .'ient de Jésus-Christ ; car on ne peut douter que lorsin'il commanda à ses apôlres d'aller par tout le monde )rêcber l'Evangile à toutes les créatures, les bap-, isant au nom du Père, et du Fils, el du S.-Esprit, et eur apprenant à observer toutes les choses qu'il leur ivait commandées, il n'ait voulu leur marquer par-là ju'ils ne devaient donner le baptême à ceux qui vou- Iraieni le recevoir qu'après les avoir au moins initruits des principaux mystères de la religion chrélenne. Or, comme celle instruction se fait par manere de catéchisme, qui consiste en demandes et en •épouses, si celui que l'on instruit est dans un âge ■aisonnable, il répond lui-même aux demandes qu'on m iait, et si c est un enfant, le parrain répond et s'oblige solennellement pour lui.

Ensuite l'on fait l'exorcisme qui est composé de )rieres et de paroles ires-sainles et propres a chasser e démon, a rompre ses liens, et à abattre et à afaiblir ses forces; cet exorcisme est suivi d'autres cécmonies qui sont toutes mystérieuses, ei marquent

l>ART. II. DES SACRÈMENtS.

chacune en particulier quehiue effet considérable de ce sacrement.

Ainsi le sel que l'on met dans la bouche de celui que l'on doit baptiser marque que par le don de la grâce et de la loi qu'il reçoit au baptême il doit être délivré de la corruption du péché, trouver du goût dans la pratique du bien, ei prendre plaisir à se nourrir des vérités divines.

Les signes de croix qu'on lui fait ensuite sur le front sur les yeux, sur la poitrine, sur les épaules el sur les oreilles, signifient que tous ses sens sont tellement lorlihes et purifiés par la grâce du baptême, qu'il est un sujel digne de Dieu, et capable de connaître et de garder ses commandements.

Enfin la salive qu'on lui met aux narrines et aux oreilles, en l'envoyant en même temps aux fonts banlismaux, marque de même que cet. aveugle de l'Evangile, à qui Noire-Seigneur, après lui avoir converties yeux de boue, avait commandé de s'aller laver dans la piscine de Siloé, y recouvra la vue.Leseaux du baptême ont aussi la vertu d'ouvrir et d'éclairer l'esprit de celui qui est baptisé, pour connaître les vérités divines

Toutes ces cérémonies étant achevées on vicii aux fonts baptismaux, el là on fait encf)re d'antres cérémonies qui comprennent en abrégé toutes les obu galions de la religion chrétienne. Premièrement '»c prêtre interroge par trois fois celui qui doit être hsiL lise, en ces termes : Renoncez-vous a Satan, a tol- TEs ses œuvres ET A TOUTES SCS PojiPES? ? Il' répoud chaque fois, ou le parrain pour lui : J'y renonce It cela marque que celui qui se veut enrôler souâ l'étendard de Jésus-Christ doit premièrement s'en^^a ger à abandonner le monde el le diable, el promettre de les détester toute sa vie comme ses plus cruels ennemis.

Ensuite le prêtre lui fait encore cette demande • Croyez-vous en Dieu le Père tout-puissant. Il répond ; Je le crois. Et éiant de même interrogé sur tous les autres articles du Symbole, il fait une profession solennelle de la foi. Ainsi ii est constant que ces deux promesses renferment toutes les obli«atioiK du christianisme. °

Enfin, lorsque le prêtre est prêt de le baptiser il lui demande s'il veut être baptisé. A quoi il n'i pas plutôt consenti lui-même , ou le parrain pour lui si c'est un enfant , qu'en mêiiie temps le prêtre verse 1 eau bénite sur lui, en disant : Je le baptise au nom du Père, et du Fils, el du Saint-Esprit. 0\rmire-Seioneuv a voulu que , comme l'homme en obéissant volontaimenl au serpent avait été injustement condamné nul ne lût aussi du nombre des siens que ceux qui se donneraient volontairement à lui, afin que, p;ir une obéissance toute volontaire à ses commandenienls ils pussent mériter le salul éternel. '

Le baptême étant achevé , le prêtre oint du chrême le sommet de la tête du nouveau-baptisé, pour lui laire c-omprendre qu'il est depuis ce moment uni à Jésus- Christ comme le membre à son chef, qu'il fait partie de son corps , et qu'il prend son nom de direlien de Jésus-Christ comme Jésus Christ a pris celui de Christ de l'onction quM a reçue de son Père. Saint Ambroise remarque qu'il est aisé de comprendre ce que signifie le chrême, par les prières que le prêtre fait en l'appliquant.

Le prêtre ensuite ou revêt le nouveau ))aptisé d'une robe blanche, ou, si c'est un enfant, il lui met un petit linge sur la tête , en prononçant ces paroles • Recevez cette robe blanche , pour la porter sans tache au tribunal de Notre-Seigneur Jésus-Christ, afin que vous ayez la vie éternelle. Cette robe blanche, selon le sentiment des saints Pères, est le symbole de gloire de la résurrection, pour laquelle nous renaissons par le baptême ; de l'érlat et de la beauté dont l'âme est ornée dans ce sacrement , après que les taches de ses péchés y ont été effacées ; et de l'innocence et de l'intégrité que celui qui est baptisé doit garder durant toute sa vie.

CATÉCHISME Dtl CONCILE DE TRENTE. ^64

. Humé pour trouve rien en lui qui empêche Tefifet de ce sacre-

lui^marqu^r^quTdoit ^if eienir et augmei^^^^ par ses ^^^}^ ^ ^^^^. ^^^- , epscigné et reconnu que bonnes œuvres la loi et la chanlé qu il reçoit aans ^^^^ ^ b . ^^^ ^^ ^^ ^^^^^^^^ ^ ^^ Tessence d'un verilal^onlAmp . , .. A 1.-: Kl.. oA/i^^rviant ftP imiive dans la conlirmalion. ti cst

» son âme et ue son coip». , . . ,

Absi Suxqui nffeclcni de donner ou de faire (tonner des noms^de païens, et ï?^rliculièremeni de ceux qui ont été les plus impies , a ceux que 1 on baptise , son fort à blânier. Car ils foi.t connailre par le peu Siime atfils font de la piéié chrétienne , puisquils Drem^nt^p ais r à renouveler la mémoire de ces ifS imVès I et qunis veulent que les oreilles des iîdX siieSt cinlinuellement frappées de ces noms

^"^SHeî'pasteurs sont soigneux d'expliquer aux fidè-

*on ne puisse rien ajouter a ce que ilU, puisque nous avons expliqué la significaiion du Som de ce sacrement, son essence et ses Pares, que nous avons montré par qui il a ele msliiue, 3uels sont les minisires qui sont necessaues pour radminislrer , et quels sont ceux qui doivent servir comme de maîtres et de pédagogues pour soutenir la faiblesse des nouveau-baplisés ; que nous avons lait voir quels sont ceux à qui on le doit administrer et en quelles dispositions ils doivent être, cl quelle en est la vertu et^'etacace ; et qu'enfin nous avons expliqué, amant que le dessein que nous nous élions proposé le pouvait permeitre, les cérémonies quon V doit observer. Mais il faut que les pastyurs, en expliquant ces vérités, se proposent particuliereineni 5e porter les lidèles à penser conlinuellemeni aux moyens de garder les promesses qu ils ont laites si rolennellement à Dieu, lorsqu'ils ont reçu le bap» lême , et à embrasser une manière de vie qui reponde à la profession et à la sainteté du nom de chrétien qu'ils portent.

Page 1