DISSERTATION DU
spiraiions divines. On fit ressortir l'insiiluiion, les caraciéres, la forme, la verln , refficace de ces saints mystères, de ces onctions célestes. La docirine sur le saint sacrilice de la messe, sur la communion sous les deux espèces et celle des enfants, devint l'objet d'uii'e discussion consciencieuse et de définitions orthodoxes : ensuite on fixa les dogmes saluiaires des indulgences, du purgatoire, du culte et de Tinvocalion des saints, des images et des reliques. Tous ces points furent discutés en suivant à la lettre et religieusement la parole de Dieu, cl cela avec tant de sagesse et de lucidité, qu'il était évident pour tout homme sage que les décisions éiaienl dictées par le Saint-Esprit lui-même, descendu, selon la divine promesse, pour enseigner la vérité.
On ne se contenta pas de démontrer. Dieu aidant, les dogmes de la foi chrétienne et la religion du culte divin , on songea à réformer les abus , on proscrivit toutes les superstitions, tous les honteux trafics, tous les actes irrévérencieux. Le saint sacrifice de la messe ne dut plus être célébré que dans les lieux consacrés à Dieu , et non dans les maisons prol'anes, chez de simples particuliers ; on en fixa les rites, on le»dégagea de cérémonies mystérieuses et coupables. La maison du Seigneur ne fut plus troublée par des chants efféminés, des conversations particulières, des ventes et achats scandaleux. On abolit des empêchements au mariage qui n'aboutissaient quViu scandale; on décréta l'annulation des mariages clandestins, et par cette salutaire innovation on ferma l'accès à de graves abus.
Combien d'autres décisions furent rendues en vue du rétablissement de la discipline! Les emplois ecclésiastiques cessèrent d'être la proie d'hommes avares et ambitieux : an leur substitua des hommes probes, vertueux et savants, des pasteurs plus jaloux de l'intérêt de leurs ouailles chéries, que de leur autorité sur elles, et pour qu'elles eussent de plus fréquentes occasions de se nourrir du pain salutaire de la parole de Dieu, on obligea les évêques et ceux ayant charge d'âmes, à garder strictement la résidence, à veiller assidûment sur leur troupeau , au milieu duquel ils devaient toujours être présents. Pouvait-on rien décider de plus salutaire, de plus équitable, de plus conforme aux devoirs des pasteurs, de plus propre à garantir la sécurité, l'intégrité, le salut du troupeau ?
On restreignit des privilèges abusifs , à l'aide desquels s'introduisait la corruption dans les mœurs et d:ins renseignement. On chassa pour touJDurs de l'Eglise les charlatans, les distributeurs non autorisés d'indulgences, les mendiants dégoûtants ; enfin, on ne laissa plus aux prolestants à cet égard aucun prétexte de plaintes, aucun sujet d'incriminations contre l'Kglise.
Combien d'autres décrets vinrent régler le culte à rendre au Seigneur, avancer la perfection des âmes , assurer la pompe des cérémonies religieuses et la gloire immortelle de l'Eglise l ce fut presque une
R. P. J. BINER. Am
inspiration de Dieu, que cette proscription lancée contre le scandaleux cumul des bénéfices. Ce fut un frein mis à l'avarice, un moyen de forcer les pasteurs à résider parmi leurs ouailles. L'on rétablit Tusai^e des conciles provinciaux à des époques fixées; l'on hâta l'activité et l'on réprima l'avarice des visiteurs ; l'on autorisa l'érection de nouvelles paroisses, lorsqu'elle sejait exigée par l'iniérêidu saint des peuples, malgré l'opposition du recteur de l'Eglise métropolitaine. Les prêtres reçurent des règles de conduite et d'enseignement, et pour que ceux qui se destinent au service de Dieu comnoift ses ministres fussent à même, dès leurs premières années, de puiser à la source des vertus et de la science, on recommanda aux évêques les séminaires où s'en conservaient les germes, et qui assuraient à l'Eglise des fruits si brillants et une si ample moisson.
Que pouvez-vous donc réclamer encore , vous qui refusez d'obéir à cette sainte et souveraine assemblée de l'Eglise tout entière ? Que l'on prescrivît des bornes aux censures ecclésiastiques et surtout aux excommunications? on Ta fait ; que les jugements s'instruisissent au lieu où la discussion avait pris naissance? c'est ce qui est arrivé; que le clergé fût réformé; qu'on abolît le concubinage, les gains illicites, le commerce, le trafic, les scandales que vous lui reprochez? ces abus ont été détruits; que l'on décidât les questions de controverse nouvellement élevées? c'est ce qu'on a fait après mûre délibéralion, avec tout le soin désirable et la bonne foi la plus incontestable : et quels sont les auteurs de celte décision? tout ce que l'Allemagne, l'Italie, la France, l'Espagne, la Hongrie, la Bohême, l'Angleterre, l'Irlande, le Portugal, la Pologne, la Suède, la Belgique, la Moravie, l'Illyrie et la Grèce ont de plus illustre ; ce sont des cardinaux , des patriarches, des archevêques, des évêques, des orateurs, des abbés, des généraux d'ordres, des procureurs, des théologiens, des jurisconsultes, des docteurs fameux par l'étendue de leur science, par la pénétration de leur esprit, par la ferveur de leur piété, par la pureté de leur vie, ainsi que par leur expérience consommée.
Que demandez-vous donc encore? Celui qui a convoqué le concile, qui l'a présidé par ses légats, c'est celui que la sainte Ecriture, l'usage, les coutumes de nos pères ont investi du droit de le convoquer et de le présider.On a appelé à ce concile, de tous les pays du monde chrétien, ceux que le Saint-Esprit a établis évêques pour le gouvernement de l'Eglise de Dieu, et on leur a donné droit de suffrage, à l'exemple de tous les synodes ecclésiastiques, même des temps les plus reculés. Tout a été discuté avec la plus scrupulcuse attention; les arguments des protestants ont été pesés; les décisions ont été rendues en pleine liberté ; on ;i'a rien dissimulé ; toutes les plaies ont été mises à nu ; la controverse a été soutenue avec vivacité, pour que la vérité en sortît dans tout son éclal et dans toute sa force. Que conclure de tout ce qui précède, sinon que tous les prétextes allégués |!ar
les proiesiants pour Juslifler leur refus d^^ssisier au crets , sont de frivoles allégations qui ne repQsenl concile et leur rébellion conire ses salutaires dé- absolument sur aucun fondement.
AITANT-FEOPOS DE L'EDITEUR.
Qui croirait qu'il n'y ait jamais eu çn La plupart des autres conciles n'ont guère
France d'autre histoire un peu étendue du roulé que sur un point ; et, lorsqu'une fois il
concile de trente, que le tissu de calomnies était éclairci , Vauguste assemblée regagnait
traduit de Fra-Paolo ? Certes, il y a de quoi les divers sièges de l'univers catholique , sans
surprendre tout Français et tout catholique, toucher aux autres points, parce que celui'-
surtout quand on considère que dans la lan~ là seul était attaqué. C'est ainsi qi^'à Nicée,
giiemême du moine de Venise, il existe depuis on ne fit que proclamer la maternité divine,
deux siècles un monument littéraire, un chef- qu'à Constantinople et à Ephèse, on se con-
d'œuvre de critique qu'on peut regarder corn- tenta de définir l'unité de personne en Jésus^
mêla réfutation péremptoire de son libelle. Je Christ, et de distinguer ses deux natures. Le
tjcwo; par/errferHisloire du concile de Trente, concile de Trente, au contraire, toucha à
par Pallavicini. Cependant tout devait, ce presque tous les articles de la doctrine catho^
semble, porter à faire cette version : l'excel- tique. Luther et Calvin, traitant de religion^
lence de l'ouvrage, qui est tout à là fois comme ne peuvent être comparés qu'à des bûcherons
un cours de politique chrétienne et un cours entrant dans une forêt la hache à la main,
de religion ; le nombre des éditions de Fra- et coupant à droite et à gauche les hrunches
Paolo que les protestants de toutes sortes, les les plus vitales, sans s'inquiéter du vide im-
jansénistes et les philosophes ont midtipliées mense qu'ils faisaient autour d'eux ; si bien
dans les diverses langues de l'Europe; la su- qu'étudier le concile qui les a combattus çl
périorité même du concile de Trente, qui régit frappés, c'est étif^dier la théologie presque en-
presque tout aujourd'hui, soit en dogme, soit tière. Du reste, pour avoir une idée de toutes
en morale, ^oit en discipline, et qui surpasse les^questions qui ont occupé successivement les
tous les autres conciles par sa longue durée. Pères de ce grand concile, il suffit de jeter les
par les entraves ^ui lui furent suscitées, par yeux sur la table des matières du livre lenfer^
les grands hommes qui y figurèrent, enfin par mant ses décrets, et de comparer celte variété
le nombre et l'importance des matières qui y de points éclair cis ou définis avec les tablÇA
furent traitées. <i^s autres conciles.
À tout moment l'on cite ce concile ; son nom C'est à force de réfléchir sur les pensées qut sonne sans cesse à toutes les oreilles, et près- précèdent, que l'Editeur a d'abord formé lé que personne n'en sait bien l'histoire. Cepen- dessein de publier THistoire de Pallavicinit danty à moins d'avoir cette connaissance, il puis l'importance du concile de Trente gran* est comme impossible d'avoir exactement celle dissant de jour en jour à ses yeux, à mesura du concile lui-même. Quelques commentaires qu'il l'approfondissait, il s'est déterminé ^ sur le texte, ou ce que l'on peut en dire dans l'entourer d'une foule de compléments dont une histoire générale de l'Eglise, ne sauraient tout le monde sentira le prix, suppléer à l'histoire spéciale d'un événement La présente publication ne devait en effet aussi important. Sans elle on n'aura qu'une contenir que Pallavicin seul, et avait été anscience imparfaite de la nature et de la suite noncée en kvolumes in-S", du prix de 6 francs des discussions ; on ignorera les motifs des chacun ; mais, selon qu'il vient d'être dit, la, décrets ; on ne saura point pourquoi le con* réflexion ayant convaincu l'Editeur qu'une cite s'est montré doux dans telle circonstance, histoire nue du plus célèbre des conciles, ne et sévère dans telle autre. Tout ce qui se sera produirait pas tout le bien qui était dans ses passé dans les conférences particulières, dans vœux, il résolut de bouleverser en quelque les assemblées préparatoires et au dehors, sera sorte son idée primitive et de grouper autour comme non avenu. Il en sera de même des né- de Pallavicini tout ce qui pourrait le compté-^ gociations entamées ou nouées, des embûches ter parfaitement. Pour arriver à ce but les tendues, des obstacles surmontés: il n'est pas m-8° furent changés en in-k° ; cette métamor" jusqu'aux personnages les plus influents dont phose donnant plus de lettres à la ligne, plus les noms et les gestes ne soient des énigmes, de lignes à la page et plus de pages au volusi l'histoire particulière du concile ne les me, a permis à l'Editeur de faire sur le saint met en relief. En un mot, lire le concile seul, concile de l'rente le tout le plus complet, non c'est lire des textes de lois en dehors des pas qui ait été publié, tnai s qui peut-être ait motifs d'exposition et des discussions qui ont jamais été imaginé. C'est ainsi que, sans touprécédé, et sans rien soupçonner de ce qui a cher à l'ancien prix, et même en le baissant été modifié, ajouté ou retranché, avant qu'on d'un franc par volume pQur les souscripteurs s'arrêtât à la rédaction présente. aux Cours complets d'Ecriture sainte et de
INTRODIJCTION.
Théologie, V Éditeur y a fait entrer 1° le textft même du concile ; 2"» son Catéchisme ; 3" dles Dissertations sur sa réception et sur son aUr torité en France et dans les divers états catholiques ; k' son Apologie contre les attaques auxquelles il a été en butte depuis le moment de sa convocation jusqu'à nos jours; 5" la réfutation des motifs qui empêchèrent les protestants d'y paraître On voit du premier coup d'œil de quelle
hoi
importance sont des adiTitions si considérables et néanmoins gratuites.
puissent ces augmentations dévoiler aux lecteurs V esprit qui préside à cette ptiblteation, et les porter^ par la propagation de son œuvre, à seconder de plus en plus la réalisation du bien qui est le but unique et constant de ses efforts !
INTRODUCTION
ET