‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 237 sur 368 · SI · texte numérisé non relu

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pour la sûreté générale par ceax-mémes qui ensuite le détestent en leur particulier : ceci provient de ce que les délibérations communes sont soumises à l'examen do plusieurs centaines d'yeux attentifs, tandis que les affections particulières ne sont souvent décidées que par un coup d'œil superficiel. Mais quoi qu'il en soit, il y a ici deux propositions indubitables. ., 2. La première, c'est que l'ordre épisco- I pal n'a jamais été aussi grand ni aussi puis- ' santque depuis que le pontife romain exerce sur lui la plénitude de sa primauté. Dans les temps les plus anciens, les évêques, il est vrai , paraissaient moins dépendre de lui qu'ils ne le font maintenant; mais aussi leur prééminence par rapport aux autres était bien moins reconnue qu'elle ne l'est aujourd'hui. Tout homme instruit appuiera cette assertion , et j'aurai occasion d'ailleurs de la développer plus longuement. Que pour raient sur les créatures inférieures les mains et les pieds de l'homme, si ces membres étaient autant de têtes, et s'ils ne recevaient pas d'une seule tête leur direction et leur force ?

3. L'autre proposition , également certaine, est celle-ci : Selon toutes les règles de la prudence, cette dépendance des évêques par rapport au pape ne devait pas décroître, au moment où s'élevait une nouvelle héré- . sie. Tout le monde sait que les Romains, tout jalonx qu'ils étaient de leur liberté, quand ils étaient serrés de près par un ennemi puissant, créaient un dictateur. L'Eglise entière, la religion dans son ensemble, et principalement le clergé dans tous ses membres, étaient attaqués et battus par les phalanges de Luther ; était-il sage de se se parer du général, et de se diviser en divers corps épars, ayant chacun leur chef privé? Le nocher n'est jamais plus ponctuellement obéi que dans la tempête.

4. C'est assez discourir touchant les désirs et les espérances que pouvaient alors prudemment concevoir les évêques. Mais examinons l'autre partie de la fausse supposition que Soave met en avant, je veux dire l'effet que produisit le concile. En réalité co résultat fut tel, que les évêques, sans ajouter un atome de sujétion envers le souverain pontife, ce qui n'était nullement nécessaire, obtinrent avec son bon plaisir un tel accroissement d'autorité, que l'on rapporte le nîot suivant d'un prince qui fut d'une habileté si consommée, de Philippe II, roi d'Espagne : Ces gens-là sont allés au concile simples curés, et ils en reviennent tous papes. Dans toute la série des conciles ensemble, on n'en trouvera pas qui aient fait des décrets aussi favorables à la juridiction épiscopale, au préjudice des tribunaux de Rome, que le seul concile de Trente. Mais nous en parlerons plus amplement dans le chapitre qui suit.

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