‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 244 sur 368 · ARGUMENT DU LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

ARGUMENT DU LIVRE PREMIER

Etat du christianisme au commencement du seizième siècle de notre ère. - Origine et issue du faux concile de Pise.- Indulgence publiée par Léon X. - Attaques de Lifter contre les indulgences et ensuite contre d autres dogmes de foi. — Monitoire lance contre Luther par Vauditeur de la Chambre. -- Délégation de cette cause donnée au cardinal de Vio, alors léqat en Allemagne. - Conférences entre lui et Luther.- Appel que fait celui-ci de la sentence du cardinal comme d'un juge suspect.

— Démarches réciproquement contraires faites auprès du duc de Saxe par le légat et par luiher. — Celles de ce dernier prévalent, et murcfuoi. — Alarmes de Luther et appel fait par lui au futur concile. - Déclaration pu^ bliée dans cet intervalle par le souverain pontife, sur la valeur des indulgences, -j Mort de l'empereur Maximilien et suites de cette ^^ort. — Nonciature de Charles Miltiz auprès du duc de Saxe, à V occasion de la rose d'or qu'il fut chargé de présenter à ce prince, mais principalement pour traiter de l araire de Luther. — Comment ce nonce fut accueilli.

— // conduisit pendant deux ans entiers ces négociations avec zèle, mais non avec prudence. — Ses entretiens avec Luther, et lettres écrites par celui-ci au souverain pontife. — Dispute solennelle qui eut lieu à Leipsiclc entre Carloslad et Luther d'une part, et Jean Eckius de l'autre. — Commencement de l hérésie de Zwingle en Suisse. — Condamnation de la doctrine de Luther en diverses universités. — Bulle de Léon contre lui. — Livres de Luther brûlés dans quelques villes en exécution de la bulle. — A son tour Luther brute solennellement àWittenberg cette même bulle, le corps du droit canon et autres livres. —

. Nonciature simultanée auprès du nouvel empereur Charles F, tant de Caraccioli , que d'Aléandre, auquel est spécialement confiée l'a'ffaire de Luther. — Dispositions favorables que les nonces trouvent dans Charles V , et exécution de la bulle en Flandre. — Difficultés rencontrées et surmontées pour obtenir Vcxécution de cette bulle à Cologne et en d'autres villes d'Allemagne. — Diète générale tenue par Charles à Worms. — Dispositions diverses des esprits, tant parmi les conseillers de ce prince, que parmi tous les autres membres de ta diète touchant l'affaire de Luther. — On propose à la diète de publier contre les luthériens un ban impérial. — Aléandre prononce devant la diète un discours qui dure trois heures. — Citation et comparution de Luther avec un sauf-conduit. Interrogations et admonitions qui lui sont adressées dans ta

diète, et ses réponses. — Menaces par Icsquelle^t ses partisans cherchent à effrayer la diète. Démarches non officielles que fait faire l diète auprès de Luther, et son obstination. Congé donné à Luther. — Son départ , eJj^ comment il se fait volontairement enlever su la route. — Ban impérial publié contre s personne, ses partisans et sa doctrine.

1. J'ai voulu commencer ma narration ai] point précis où Soave commence la sienne afin que, marchant toujours de compagnie avec lui, je puisse sur la route donner l'cvei au lecteur, lorsque dans certains passage leur guide vient à trébucher par ignorance ou que par mauvaise foi il cherche à les con duire dans le précipice. b

Au seizième siècle de l'ère chrétienne, 1 schisme et l'hérésie persévéraient en Orientai Le Ciel leur avait infligé un châtiment doni les rigueurs et les suites douloureuses s'éten daient jusqu'aux royaumes catholiques , j veux dire, la domination des Turcs; pe " auparavant ces derniers étaient entrés ei| vainqueurs dans le palais impérial de Con stantinople, et ils opprimaient tout à la for la partie coupable de la chrétienté qu'ils t( naient sous le joug, et la partie innocent qu'ils épouvantaient. En Occident, au co traire, la vraie foi régnait dans presque toul sa pureté. Seulement de viles et méprisablei hérésies, professées par un petit nosnbn d'hommes rustiques et ignorants , présen talent ça et là quelques taches légères comme invisibles. C'étaient les restes ou de anciens vaudois ou des sectateurs de Jeai Hus, condamné et brûlé au siècle précédent dans le concile de Constance. Mais ces reste négligés produisirent ce qui n'est que tro] ordinaire dans les maladies contagieuses quelquefois un haillon impur qu'on a ouhlii de brûler réveille tout à coup le fléau, qui se vit avec une nouvelle fureur.

2. Les démêlés des princes avec le chef d' la religion avaient naguère fait naître quel CjUe appréhension de malheurs semblables Et néanmoins ces affaires s'étaient hcurcu sèment terminées, quand ensuite un homm plus fciible et de plus basse condition devin pour l'Europe la cause et la source d'unes grande ruine. Tout récemment une horrib! tempête avaitété soulevée dans l'Eglise parle différends survenus entre Jules II etLouis XII roi de France ( Paul Jove et Guichardii dans les histoires de ces temps-là). Le pap' était allé jusqu'à excommunier ce prince; e aux autres causes de discorde était venues joindre l'ambition de quelques cardinaux qui tous, dans leur particulier, comme il eï ordinaire aux hommes que cette passion do

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