‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 245 sur 368 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

tr.ino, espéraient qu au milieu des orages du cïiardin, livre X^ nar le rardin.l Anf.- a jc:l,.sn.e la barque de Pierre serait col; fiée à Monte-San-Sa^hVofTnde euLteîu d^^^^^

le de Jules m. Antoine (Capelhne, dans ses

,........, V. x^v^c ^«ivjiiiauA uuiii iiuus avons pane,

X'onvoqué et réuni à Pise un concile, dans le but, disaif-on publiquement, de réformer l'Eglise dans ses membres et dans son chef, c'est-à-dire dans le pape : c'était au fond dans l'intention de le déposer. Mais si les Pisnns, contraints par la république de Florence, dont ils dépendaient, avaient reçu dans leurs murs cette assemblée; c'avait ëié en témoignant publiquement Ihofreur que kur inspirait cette réunion sacrilège. Ils lui avaient prodigué tous les genres do mépris et é exécration ; et le peuple, donnant à son indignation un libre cours, s'élait écrié à haute voix que chacun de ceux qui étaient assemblés avait beaucoup plus besoin de réforme que ceux pour la réforme desquels ils se disaient réunis. Non-seulement le clergé avait refusé d'assister aux actes synodaux , mais même il avait fallu qu'un ordre de la répu- ^blique le contraignît à mettre à leurs disposition une église et des ornements sacrés. Ce I concile fut ensuite transféré à Milan, à la grande satisfaction des prélats français qui, ^aussi bien que le cardinal d'Albret,*n'y prenaient part que par la crainte de déplaire au Iroi ; et qui par conséquent attendaient'avideinjent la première occasion de le dissoudre. (Mais à Milan, au mépris de l'autorité royale, jlls furent reçus, non avec les honneurs dus !aux cardinaux, ordre si respecté dans le monde chrétien, mais comme des pestiférés comme des criminels : on eût dit des comèîes pe malheur qui portaient l'épouvante partout m elles paraissaient. Bien plus, quoique les iPi-ançais eussent remporté la mémorable vi- ':toire de Ravenne, et qu'ils eussent conduit ^jnsonnier à Milan le cardinal Jean de Mépiçis, légat de l'armée pontificale, qui dans \i suite, parvenu au pontificat, prit le nom do Léon X, les soldats vainqueurs ne laissèrent pas d aller en foule vénérer, comme légat du i'icaire de Jésus-Christ, cemêmeprisonnier : Ils voulurent recevoir du prélat, qui avait le )ouvoir de la leur donner, l'absolution du rime commis en combattant contre l'Eglise, 'i cela sous promesse qu'ils s'en absîienraient à l'avenir ; tant est puissant sur les

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s.intes du pontife lui-même. Or, ce qu'on se proposait par cette mesure, c'était d'ôter aux schismal.ques tout prétexte de pourvoir, à défaut du pape, par l'autorité d'in conciL aux prétendues nécessités de l'Eglise, nu s- '}u%\' ,^^P? iui-méme, à qui seul, comme chef de la république chrétienne, il apSnaitde convoquer un concile, y pouriovalt suffisamment par celui qu'il assemblait luimême. Mais c'est l'ordinaire qu'on n'accepte pas comme suffisante une satisfaction dont la demande n'était que l'occasion et non la vraie cause de la ruplure. Aussi les membres uu concile de Pise répondirent-ils aue le pape ayant été prévenu par eux, ne pouvait plus convoquer un concile, mais qu'il devait comparaître devant celui où ils l'a^ valent cité. "*

f La chrétienté voyait toujours de mauvais œil ces perturbateurs. Le roi catholique n avait pas envoyé ses prélats d'Espagne, m 1 empereur Maximilien ceux d'Allemalne comme il s y était engagé. Bien plus, ïl avait permis a une assemblée de prélats allemands tenue a Augsbourg, de condamner le con^ Clic de Pise comme schismatique. Cependant 1 Egiise, comme on le voit toujours dans les discordes invétérées entre les peuples et les princes électifs, ne retrouva la sérénité après cette tempête que par la mort de Jules. Alors les cardinaux schismatiques qu'il avait déposes, et par cela même exclus du conclave recoururent aussilôt à la clémence de Léon* son successeur. S'étant présentés en habits (le simples particuliers (Gukhardin, liv. XI^ Ils condamnèrent solennellement dans le consisloire le concile de Pisecomme schismatique (1), et s'avouèrent coupables des crimes pour lesquels son prédécesseur les avait dégrades. Ce fut ainsi qu'ils obtinrent leur pardon et qu'ils recouvrèrent leur ancienne dignité. Le roi de France se réconcilia égaleiK -^r.t avec l'Eglise, et l'on reçut comme légitime e concile de Latran, queLéon continua et conduisit à sa fin.

5. Jules mourut avec autant de calme que de piete, ainsi que l'atteste François Gui-

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pies chrétiens l'empire de la religion, et chardin Cwc/iarAn mêmelileTcTLn'.VZ

enJtn'"' horreur de voir l'ambition ou la si sévèrj de tous es' g nds peilCa^^^^^^^

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3. Jules opposa à ce concile, qur?ût- enfin re"cui; ir.^îl'i^ruTe'â^ne' éîèvée' ' u nlfnî

tere&=-^eïï^uîr^-:! t^J^t^^lJ^tj^^^ê^iS^ lie convoque a Latran. Il y fut déterminé

(1) Flavien dnns le discours qu'il fii. à sa ti^orl r '" e^t inséï-é dans les Aimnk& de Uzoviu^.

(i) Les :icles de ce conciliabule, d'ailleurs (ron vaille par Edmond Richcr, furent imprimés en 1012 a l'aria, JM 4°, et sonl moiiiiés comme une rareté dan^

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qui seraient inaperçues dans les^ autres hommes, vues à cette grande lumière , de^ viennent monstrueuses. De plus, il est si difficile de concilier en même temps vis-avis des autres princes le rôle de père dans

HISTOIRE DU COiNCILE DE TRENTE. 6$!

bile général ne peut toujours contenir ses troupes sous la loi d'une discipline rigoureuse.

/ 7. Mais laissons ces reproches adressés à Jules aussi bien par d'autres historiens que

les choses spirituelles avec celui souvent de par Soave, qui les copie toujours dans ce qu'ils

compétiteur dans les choses temporelles , ont écrit contre les papes. Revenons au con-

qu'on blâme quelquefois les pontifes comme cile illégitime dePise. Soave n'a pour lui ni

trop intéressés ou comme peu charitables, la vérité, ni le témoignage des autres histo-

pour avoir défendu ou revendiqué les mé- riens, quand il dit que ce furent les manières

mes sujets à la protection desquels les oblige hautaines de Jules à l'égard des cardinaux et

le pacte réciproque qui existe entre le sei- des princes qui rendirent cette assemblée

eneur et le vassal. Néanmoins des papes, nécessaire. Quand aux cardinaux, nous sa-

méme de ceux à qui la piété des fidèles a élevé vous par les historiens contemporains {Paul

des autels (Saint Léon IX), n'ont pas craint Jove et Guichardin cités plus haut), d'accord

de prendre les armes pour défendre leurs en cela et nullement suspects de partialité

Etats. Jules était d'un naturel violent et pour les pojitifes, que le schisme n'eut point

colère. Mais nous savons que si ces passions impétueuses, quelquefois s'opposent à la

d'autre cause, comme nous l'avons dit plus haut, que l'espérance ambitieuse de parvenir

glise la majeure et la meilleure partie de son aux difflcultés qu'il aperçoit dans tout ce qui

domaine, qu'une providence particulière de n'est pas lui-même, trouve, par une consé-

DieU a accordée aux pontifes; car d'un côté nn^nna n^r>occaît.a ea nmnra arlmîccinn Hnnc

il n'est pas assez petit pour que celui qui le

possède puisse en être aisément dépouillé Pour les princes qui furen

par la puissance des princes séculiers , et ce concile, ce ne furent pas t

d'un autre coté il n'est pas assez grand, hautaines que les manières (

pour qn'on puisse attribuer à des craintes «"i i— -^a^i, . np„„* „,:

humaines et non à l'influence de la religion,

la profession du christianisme.

6. Et comme c'est contre Jules que Soave commence à exercer sa dent toujours prête à mordre, je vais faire connaître ici en peu

quençe nécessaire, sa propre admission dans l'exclusion de tous.

Pour les princes qui furent les auteurs de

tant les manières douces de Jules qui leur déplurent. Tant qu'il persévéra dans la ligue de Cambrai, ils ne lui reprochèrent pas d'être moins pacifique et moins modéré qu'il ne convenait au père commun. Mais, quand il fit la paix avec les Vénitiens, il commença à paraître insupportable, et ce

de mots et avec sincérité le jugement que je fut parce qu'il refusa de rentrer dans la ligue

porte de ce pontife. 11 est vrai qu'avec son dont nous venons de parler et qu'il dirigea

goût pour les expéditions militaires il se ses armes d'un autre côté, qu'on trama le

porta à quelques excès que ne nécessitaient complot de le déposer, comme s'il avait élé

point le recouvrement et la conservation de une torche de discorde pour la chrétienté.

tout dans ceux qui exigent ardeur et élan, ne Trente. Ce ne fut pas de son temps que Thé

franchisse jamais les bornes étroites dans rosie de Luther déclara la guerre à l'Eglise,

lesquelles se renferme le devoir? Les plus Quant à l'honneur du pontifîcatromain, quel

éminents et les plus sages d'entre les saints qu'ait été Jules, nous savons qu'un très-

n'ontsusetenir dans ces justes bornes^ même grand nombre de papes ont élé saints, et que

par rapport aux mortifications corporelles : d'autres ont été plus coupables qu'il ne l'a

aussi saint Bernard a-l-il eonxlamné comme jamais été, même à s'en tenir aux assertions

imprudentes et indiscrètes celles qu'il avait de Soave et de tout autre. Mais un auteut

longtemps pratiquées ; car ici-bas, comme vrai ne doit pas permettre que la possession

l'enseigne la foi catholique, par opposition à paisible de la louange soit une faveur accor-

l'orgueilleuse doctrine des pélagiens, on n'a dée par l'adulation, et non pas une conquête

jamais de vertu exempte de toute passion ou de la vertu, ou bien que les flétrissures du

pure de tout défaut. C'est à chacun de voir blâme soient destinées à servir la malignité

pu

s'il faut plutôt louer Jules de cette fermeté et de cette activité qu'il déploya dans un âge déjà avancé, en se privant du repos, en se dévouant à tant de laborieuses entreprises et en bravant tant de périls pour rajuster les lambeaux du manteau de saint Pierre, qu'il ne devait plus porter qu'un petit nombre d'années et qu'il ne pouvait laisser à quelque membre de sa famille ; ou si plutôt il faut le blâmer de l'impuissance où il se trouva, lorsqu'une fois sa bile eut été justement

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de l'envie, et non à châtier le vice. L'un ei l'autre de ces deux abus paralyse égalemeni cette force dont la nature arma la renommée pour en faire la gardienne de l'honneur.

9. D'un autre côté, je ne serais pas éloigna de reconnaître en Jules l'excès des choses dont Soave lui reproche le défaut. Cet historien l'accuse de s'être peu appliqué aux fonctions sacerdotales. Et moi, au contraire, j( pense que si, soit par sa propre faute, soii par le vice de son siècle, auquel le concile d(

échauffée, de se préserver de quelques sail- Trente n'avait pas encore apporté de remède lies désavouées par la raison. Lu plus ha- on eut quelque chose à lui reprocher sur ce

LÎYHE PRKMIliU,

,nlicle, cependant il n'a jamais fait autant lie tort à la religion que par un excès opposé, quoique cet excès ait été déterminé par des intentions droites et par les circonstances. Je veux parler d'une entreprise qui appartenait, il est vrai, au premier dos pontifes, mais, en même temps, au plus puissant des rois, et qui, par conséquent surpassait les forces de son trésor. On voit qu'il s'agit de la reconstruction delà merveilleuse basilique <le Saint-Pierre, Cette Eglise, qu'avait élevée la puissance du religieux Constantin, etque, depuis, une puissance plus grande que la sienne, celle du temps, avait détruite, il forma le projet de la rétablir plus magnifique qu'elle n'était d'abord. Un penchant naturel portailJules II à des entreprises glorieuses; or ce penchant, quand il poursuit la gloire humaine, sans s'y arrêter comme à sa fin dernière, et quand il s'appuie, pour l'obtenir, sur des moyens avoués par la vertu, n'est point dépourvu de rectitude morale, d'après la doctrine des Pères.

Jules avait une dévotion particulière pour le prince des apôtres, non-seulement parce qu'il en était le successeur, mais encoreparce que, étant cardinal, il avait pour titre le nom <le l'église où l'on conserve les chaînes du même apôtre. I>ès cette époque, il avait orné cette Eglise du beau porti^jue qui existe encore aujourd'hui. Parvenu au pontificat, et voyant ses obligations pour le saint augmentées aussi bien que ses moyens pour l'honorer, il résolut de lui bâtir, sur 1rs plar.s du fameux architecte Bramante, le plus beau t^nple qu'on eût peut-être jamais vu sur la torre. Mais la piété somptueuse d'un Salonion ne peut être louée d'une manière absolue que lorsqu'elle est accompagiicc des richesses de Salomon. D'ailleurs la magnificence, quelle que soit la sainteté de son objet, doit être à proportion plus circonspecte dans les princes que dans les simples particuliers. Ceux-ci dépensent leur propre bien, ceux-là le bien d'autrui, puisqu'ils ont pour patrimoine la substance de leurs sujets. Aussi cet édifice matériel de saint Pierre ruina-t-il en grande partie son édifice spirituel ; car, pour réunir autant de millions qu'en absorbait l'immense construction de celte église, il fallut que le successeur de Jules recourût aux moyens qui donnèrent naissance à l'hérésie de Luther, hérésie qui appauvrit l'Eglise de plus de millions d'âmes (1) encore.

CHAPITKE II.

Qualités de Léon X , successeur de Jules , et indulgences qu'il publie,

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