CHAPITRE PREMIER
Conférence de Luther et de Zwingle.
1. Le landgrave Philippe, soit poureffectuer ce dont il s'était chargé dans la diète, soit pour augmenter par l'union les forces des novateurs contre les catholiques , chercha aussilot les moyens de mettre d'accord Luther et Zwingle; dans celte \ué{Sponde, en 1529, num , 13) il ménagea une confét-ence entî e eux à Marbourg ; elle eut lieu en octobre
2. Luther s'y rendit avec Mélanchton , Jonas, Osiandre, et Breritius; de son côté, Zwingle amena OEcolampade , Bucer, elHé- (iion. La conférence dura plusieurs jours. Or quoique Zwingle, qui désirait l'union, se montrât plus Iraitablc que Luther, et se laissât amener, en plusieurs points, à penëef, ou du moins, à parler comme lui, il ne put rien obtenir de l'orgueil de son rival. Le principal objet de dissentiment fut la présence réelle du Christ au sacrementde l'autel; nous en avons parlé dans le livre précédent. On raconte que Zwingle employa jusqu'aux larmes pour rendre Luther plus accommodant, mais il ne put rien gagnei*. Au contraire les luthériens, devenus plus insolents à proportion que Zwingle s'était montré flexible, décernèrenlla palme et tous les honneurs du triomphe à leur chef. Réciproquement les zwingliens irrités prirent leur revanche en mettant leur maître bien au-dessus de Luther. Ainsi, nonobstant la convention que le landgrave avait obtenue des deux parties, savoir, de s'abstenir désormais de tout procédé irritant, la controverse dès ce jour s'envenima et devint déplus en plus hostile et injurieuse.
3. Soave, dans le compte-rendu de cette conférence, commet deux erreurs notables. La première consiste à dire que Zwingle et Luther, tout à fait indépendants l'un de l'autre, et en des pays différents , se rencontrèrent dans un parfait accord de doctrines, jusqu'en l'année 1525, et qu'à cette dernière époque ils ne se trouvèrent en désaccord que sur le mystère de l'eucharistie. 11 est vrai que Luther et Zwingle étaient de même ■sentiment sur plusieurs points ; aussi est-ce pour cette conformité de doctrines , et parce (^ue celle de Luther eut tout à la (ois la prîQ?
rite de temps et l'avantage du succès , que les nouvelles hérésies sont désignées par le nom de luthériennes dans plusieurs documents. C'est ce que nous vojons non-seulement dans les brefs d'Adrien et de Clément adressés en Suisse et autres pays, comme nous avons vu plus haut, mais aussi dans les instructions données par les cantons catholiques à leurs ambassadeurs.
Mais il est également vrai que Zwingle fut en dissentiment avec Luther et avant l'année 1525, et sur un autre point de doctrine très-important, savoir, sur le péché originel. Zwingle disait, il est vrai, que, par la transgression du premier homme , ses descendants auraient (1) reçu en héritage une inclination vicieuse d'amour- propre exclusif:, laquelle, sans les mérites du Rédempteur, les aurait entraînés à pécher ; mais que lout('fois ils n'auraient contracté ni une véritable coulpe, ni un péché véritable , et seulement un péché métaphorique. Ainsi cette inclination héréditaire au péché, transmise des pères aux enfants par voie de contagion , pouvait être appelée peV/i^, de même que par métaphore on dit: la pâle mort, parce que la mort cause la pâleur. Néanmoins Soave, aussi partial en faveur des hérétiques qu'il est malveillant envers les catholiques , a mieux aimé s'en rapporter à quelques-uns de ceux (2) qui ont essayé de disculper Zwingle d'une semblable hérésie. Ces auteurs disent pour sa justiûcalion que lorsqu'il nia le péché originel il entendit par le mol péché ^ une action criminelle commise personnellement par les pécheurs , et telle sans aucun doute ne fut pas la faute d'Adam considérée dans sa postérité. Mais c'est là une mauvaise défense; car où est-ce que Zwingle donne cette signification au mot de péché? C'est lorsqu'ilaffirme qu'il n'y a point de vrai péché qui ne soit une action criminelle commise par le pécheur; et de là il conclut que l'expression de péché originel est une métaphore, comme nous verrons plus bas : que si Soave ne voulait pas donner créance à des écrivains sans nombre qui font mention de cette erreur, il devait au moins s'en rapporter aux propres paroles de Zwingle (dans le livre sur le baptême, tr, 3, digression sur le péché originel). Laissons-le confesser lui-même que son opinion est opposée au sentiment des théologiens ; ce qui n'aurait même pas l'ombre de la vérité, s'il niait seulement que la faute originelle soit un acte personnel de ceux qui en sont souillés; mais (dans ses explications sur le péché originel à Urbain Le Roi) ne s'explique-t-il pas d'ailleurs sans ambiguïté? Pouvait -on dire plus brièvement et plus clairement que le péché originel n'est pas un péché, mais une maladie, et que les enfants des chrétiens par cette maladie n'encourent pas les supplices éternels? Au contraire, y a-t-il rien
(1) Nous disons atiraienf, en employant l'expres- •ion conditionnelle, et à dessein: on en verra la raison plus bas.
(2) Henri Roulenger, sermon 10' de la doc. 3, Martin liiicer sur le chap. V de l'Ep. aux Rom.; Adolpiie Gauthier, dans TApoiogie de Zwingle.
de plus imbécile, rien de plus étranger à l*Ecriture que de prétendre que Veau du baptême peut nous soustraire à cette contagion, qu'elle n'atteint que ceux qui ne sont pas baptisés , et qu'elle n'est pas seulement une maladie , mais aussi un crime ?
Zwingle ne compare-t-il pas ensuite le pé- :hé originel à des maladies auxquelles sont naturellement sujets certains peuples ? N'ajoute-t-il pas : Ainsi cette inclination à pécher pan amour de soi-même est le péché originel ; et cetteinclination n'est pas proprement péché, mais une source de péché, un attrait qui porte au péché?
Et de plus, comme je l'ai insinué, il ne veut pas même que ce péché métaphorique soit contracté de fait, par la postérité d'Adam ; mais il dit seulement qu'il l'aurait été. Car voici ce que Zwingle enseignait comme la doctrine la plus probable : Par les mérites du Christ toute la nature a été réintégré^, de manière qu aucun enfant ou adulte, né de par rents, soit chrétiens, soit gentils, ne périt, s'il ne commet quelque faute contraire à la loi» En outre, il faut savoir en quel sens il attribue ce bienfait aux mérites du Sauveur: il fait dépendre le salut ou la réprobation éternelle du pur arbitre de Dieu , sans aucun égard pour nos mérites ou démérites; il dit que comme le père de famille tue également et le loup qui a déjà porté le carnage dans la bergerie, et le louveteau qui, incapable encore d'égorger les brebis, porte en lui-même une inclination naturelle à les égorger; ainsi Dieu aurait condamné les enfants, quoique non pécheurs, à cause de cette inclination native au péché , si le Christ par ses mérites ne les avait délivrés. Du reste, il ne reconnaît en eux rien qui soit digne de punition.
k. Nous ne trouvons pas plus de force dans cette autre allégation des défenseurs de Zwingle : savoir, que dans la conférence solennelle avec Luther, dont nous allons parler, il aurait reconnu le péché originel, et la mort de tous qui s'en suivrait s'ils n'étaient rachetés parle sangduChrist. En effet, voyons ce qui suivit cette conférence. Les luthériens ayant présenié leur célèbre confession , une conférence eut lieu entre les luthériens et les catholiques pour tenter un accommodement. Or les deux parties tombèrent d'accord sur le second article conçu en ces termes : Us condamnent les pélagiens et les autres, tels que les zwingliens, et les anabaptistes, qui nient le péché originel. Et cependant la confession des zwingliens avait élé produite; il faut donc conclure que le dissentiment de ces sectes en ce point était notoire à tout le monde D'ailleurs on a pu comprendre par les citations que nous avons apportées de Zwingle lui-même, en quel sens il admettait le péché originel et la dainnation qui s'en suivait, et combien ce sens était opposé soit à la vérité catholique, soit à la doctrine des luthériens. Zwingle n'était donc d'accord avec Luther que dans le langage et non dans la croyance.
5. La seconde méprisede Soave. qui en contient deux tout à la fois, consiste à prétendre que le dissentiment de Luther et de Zwindé
au sujet de la présence réelle du Sauveur égard la qualité de disciple, il soutint avoir
lion semblable : il serait donc plus difficile maître.
de terminer les disputes de mots , dans les- D'où on peut voir que ces deux hérésiar-
quelles chaque partie peut sans avoir à rougir ques prenaient les considérations humaines
d'une rétractation s'enlendre avec l'autre par- pour règle dans l'enseignement des divins
lie et admettre une troisième manière de par- mystères.
1er; tandis qu'il serait plus facile de terminer 8. La véritable raison pour laquelle en ce
les disputes sur le fond des choses, dan> les- point ils ne trouvèrent aucun tempérament
quelles on ne peut conclure la paix sans que qui pûl ménager un accord, c'est que par le
l'un des contendanls avoue sa défiile et de- passé leur controverse à ce sujet avait été
vienne le trophée de son émule. Mais quoi bien comprise par le public, et n'était pas de
qu'il en soit, qui a jamais pu imaginer que nature à pouvoir être enveloppée de mots
maintenant une erreur toul à fait puérile de ses partisans.
dans laquelle tombe Soave. Il avait iu que riiADîT-Di?
Luther et Mélanchlon n'admettaient pas la CHAPITRE IL
présence du Christ dans le sacrement hors de De ce qui eut lieu entre Clément et Vemmreur
l usage, ainsi que nous 1 avons fait connaître à l'occasion du couronnement de ce dernier
dans le livre précèdent, et il avait compris à Bologne.
que Luther niait par là la présence réelle du
Christ, et qu'il accordait seulement une pré- 1. Soave passant de l'entrevue des héré-
sence métaphorique, présence que Zwingle siarqu3s à celJe des princes, raconte que si
admettait pareillement, et qui reviendrait à l'empereur fut couronné à Bologne par le
dire que le Christ n'est présent que par ma- pape, ce fut parce que celui-ci ne trouvait
nière d'opération et de grâce départie à ceux pas convenable de recevoir dans Rome ceux
igèi
lion sacramentelle. Aussi ne veut-il pas que çon, comme on peut s'en convaincre d'abord
la durée de celte action se mesure mathéma- par une lettre contraire que le pape fit
tiquemenl, mais moralement, à partir depuis écrire (par Sanga, sous la date du 27 août
le commencement de l'oraison dominicale, et 1529, deuxième livre des Lettres des princes) à
à continuer jusqu'à ce que tous les fidèles l'évêque de Vaison, son nonce auprès de
aient pu facilement communier, ainsi qu'il l'empereur. Il est dit dans celte lettre que si
l'explique dans une lettre à Simon Wolfe- Sa Majeslé voulait donner la paix à l'Italie,
rino (A la date du 20 juillet 1543, tom, IV des comme Sa Sainlelé le lui conseillait, ce serait
OEuvres de Luther). une chose agréable au pape qu'il voulût bien
... . , . irgent
ami qu'il n'avait pas voulu en ce point ado- de forces par suite des derniers malheurs et
pter l'opinion de Zwingle, pour ne pas attirer de ses infirmités; mai* que s'il était résolu à
encore davantage la haine des peuples sur continuer la guerre, et s'il voulait, pour en
ses partisans, montrant bien parla qu'il en- faire les préparatifs, être au plutôt libre de
seignait la foi non selon la vérité, mais selon passer en Allemagne, le pontife, pour lui
la politique. Et d'autre part, lorsqu'il écrivait complaire, se résignerait à la fatigue d'un
à Albert de Brandebourg, grand maître de voyage à Bologne.
gliens pour le gagner à leur secte , il ne lui prêts à se rendre à Sienne pour presser la parlait qu'avec horreur de celte doctrine, guerre contre Florence, et de là à Rome pour comme opposée à l'Ecriture, aux saints Pè- le couronnement de l'empereur, lorsque ce res , aux usages les plus anciens de l'E- dernier s'excusa sur les instances de son glise. frère et des princes allemands, qui le sollici- 7. Zwingle non plus ne montra pas plus de talent de se trouver au plus tôt à une diète, sincérité; car dans les premières années de Le but de son frère était d'y être élu roi des son hérésie , il n'avait pas avancé cette er- romains ; celui des princes, de hâter le coureur ; et dès qu'il sut qu'elle était née et avait cile. En conséquence, le roi fui inopinément pris racine en, Allemagne , non-seulement il couronné à Bologne [Biagio de Césènp, dans la prêcha en Suisse ; mais dédaignant à cet les mémoires manuscrits de lâîiO). C'est ce
^7i HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. 772
qu'on lit plus en détail dans les mémoires ou, si ce moyen ne réussissait pas, de les préauthentiques de ce temps ; on y trouve que venir par la force, sans lâcher la bride à la déjà beaucoup de cardinaux et de courtisans licence des peuples, à l'ambition des grands, s'étaient mis en roule de Bologne pour Sien- à la perversité des hérésiarques, ne afin d'attendre dans celte dernière ville la 4. Après avoir rapporté ce discours, qui, venue du pape et de l'empereur. s'il eût élé réellement tenu par le pape, de- Or si sur un fait si facile à connaître et à vail êlre loué comme sage (1), pieux etconvérifier même dans des histoires imprimées, firme par l'événement, Soave conclut que de Soave a été à ce point ou négligent ou peu pareils raisonnements n'auraient pas dû sorvéridique, qui voudra l'en croire sur ce qu'il tir de la bouche de frère Jules de Médicis raconte ensuite des entreliens secrets entre (c'était le nom du pape dans Tordre militaire le pontife et l'empereur touchant le concile? de Rhodes), bien moins encore de celle de Certes, à voir son assurance et les détails ClémentVII, et que toutefois ils persuadèrent dans lesquels il entre, on peut le comparer l'empereur. Or il ose blâmer frère Xules de aux poêles qui racontent les événements de Médicis, religieux militaire, pour avoir parlé la plus haute antiquité et les plus secrets, ainsi; tandis que lui, religieux, soumis à sans aucune hésitation, et avec toutes leurs une règle beaucoup plus étroite, et qui exiparticularités, comme s'ils leur étaient ré- geait une plus haute spiritualité, n'a pas vélés par la muse. honte de publier un livre que son étendue 3. Toutefois, je ne puis m'empêcher de seule empêche de traiter de libelle à jamais m'étonner ici de son langage. Il met dans la diffamatoire contre l'Eglise; un livre qui ne bouche du pape des arguments très-solides, tend qu'à propager des maximes en compaet qui tendaient à montrer qu'il ne craignait raison desquelles les doctrines de Machiavel pas de voir sa puissance abaissée par le con- pourraient sembler pieuses ; un livre, en un cile, soit à raison des promesses du Christ, mot, qui n'est qu'une semence fertile d'à-
maines, qui devraient lui faire mépriser de tu, et avec un cœur pieux, je ne dis pas toute
semblables craintes, n'eût-il mis sa confiance mon histoire, mais, s'il en a la permission,
que dans les hommes, et non pas en Dieu. 11 toute celle de Soave.
était évident, en effet, que dans le concile les 5. Pour ce qui est ensuite de la vérité du évêques, qui seuls ont le pouvoir de décider, récit, il est certain que le pontife put bien devaient, même à ne consulter que leur in- exprimer l'opinion que le concile ne contritérêt personnel, soutenir toujours l'autorité huerait pas au bien public (2), sans s'y mondu pape, qui les défendait elles protégeait trer entièrement opposé, comme le prétend eux-mêmes contre les usurpations et les ri- Soave. Premièrement , Guichardin , cité par ralitésdes laïques: les princes également ne nous précédemment {liv, XX, déjà cité)^ et pouvaient manquer de la soutenir par les qui pouvait avoir sur cette affaire en partimesures les plus efficaces pour tenir en culier les renseignements les plus exacts , respect les prélats, leurs sujets, lorsque, à la raconte que l'empereur s'excusa pour lors faveur de la vénération obtenue parmi les du voyage de Rome, par cette raison que peuples, ils voudraient porter trop haut leurs les princes d'Allemagne sollicitaient son reprétentions, tour dans ces contrées précisément en vue
Certes, ce discours, ou réel, ou supposé, du concile. Or comment aurait-il pu allé-
n'est que l'expression de la vérité même, et guer au pontife une telle excuse s'il eût
montre clairement que la puissance du pape été déjà convenu entre eux de ne pas le
a éléfort sagement établie par le Christ pour réunir?
être à la fois la sauve-garde et le contre- En outre , nous avons à la date de cette
poids de toutes les autres puissances. même année (d la date du 31 /m7/en530) ,
Après cela, Soave ajoute que le pape dis- une réponse écrite du pape à l'empereur, qui,
suadait l'empereur de vouloir le concile, comme on verra ci-après , lui demandait le
parce que ce n'était là qu'un prétexte des concile, comme le remède le plus opportun
hérétiques rebelles, qui au fond de leur cœur . ^ i> u • • i r
ne pouvaient qu'en attendre une condamna- ^ W I>«^ns ce moi de Pallavicini le Cour.yer
iicpwuva ,^^^ f .^ ^r^«/iQrv.nAo CA r^vnliP Irouvc unc prcuve que le discours atinbue a Cle-
tion, et qui, une f o s condamnes, se reyole- ^^^^^ ^,j ^,^»^^ ^^^ ^;^^ invenii.)n de Soave. Mais cha-
<nioi-
raient plus eflronlenient contre le pouvoir, ^^^^ ^^.^^ ^j,^,^,^ discours peui être sage et pieux,
soit ecclésiastique, soit civil. Ainsi a l occa- ^j,,^ invenié, comme Tobserve iré.-bien l'abbé Buo-
sion du concile, le premier de ces pouvoirs nafede {M J., p. 74).
serait, il est vrai, ruiné dans ces contrées, (2) Le Courayer, pour appuyer le récit dans le(|iiel
mais ne ferait que s'accroître dans les pays Soave cherche a repiésenier Clémeui VU comme cn-
calholiuues tandis que le second serait éga- nemi du concile, ciie ces paroles de noire nuieiir, cl
leinent anéanti en Allemagne, ou y recevrait omet les suivantes : Sans s'y monirev ^J^^ièrenieni op--
■; . ^^. . A^i»û/» cnnc nhfpnir oil- pose. Or qui ne voit, reprend ici laldîe Buonafede (il/,
du moins un grand ecliec, sans obtenir ail- J 75)%„^,„lre chose est cette disposition, eiaui.e
leurs aucun avantage. Du moins, il était cer- ^.jj^^^g (.g, j^ i,aipei craindre le concile par égoïsme et
tain que le concile, aussi bien que toute par imérèl pour ses usurpations, jusqu'à n'épargner ni
autre négociation, aboutirait a une guerre ; artifices ni Iraudes pour rempécher, ei jusqu'à vou-
etdans ce cas, le meilleur expédient était de loir n'employer qup le fer et le feu, comme Soave
réduire les luthériens par un coup d'autorité, le prétend ei veut le faire dire ici à Clément Vli.
pour rextirpatlon de l'hérésie. On y lit en propres termes : J'en suis sûr, mes intentions en ce qui regarde le bien universel vous sont assez connues pour vous empêcher de douter qu'aucun retard puisse venir de moi. Comment le pontife aurait-il pu écrire ces lignes, si à Bologne il avait de tout son pouvoir dissuadé l'empereur d'assembler le concile, et si pour cela il s'était humblei»cnt recomman(té aux bons offices do (jaltinara?
6. %oave dit ensuite que l'empereur se rendante la diète d'Augsbourg, dans l'inlenlion de réduire les luthériens sous l'obéis-
sance de l'Eglise, le pontife, «fin de se concilier le roi Ferdinand, lui aceorda la dîme
2. L'empereur arriva à Augsbourg, le 15 juin , la veilie de la fête du Saint-Sacrement. 11 Ot son entrée au milieu d'un pompeux cortège de princes, d'ambassadeurs et d'électeurs ; et dans cette entrée on suivit le cérémonial qu'il avait prescrit lui-même par une constitution donnée à Inspruck (1); c'est-à-dire que son frère, comme roi de Bohême, chevaucherait à sa droite , et le légat à sa gauche. Dans celte constitution étaient alléguées diverses raisons, et de l'utilité qu'apportait à l'Allemagne l'arrivée du légat, et de la prééminence qui était due à l'empereur sur les autres princes. A la procession qui eut lieu le jour suivant, il marcha
pour la guerre contre les Turcs, et même l'or et l'argent des églises. Qui n'aperçoit ici la malignité de cet homme? Est-ce que peut-être les papes, et par devoir et par coutume, n'ont pas toujours fait d'amples concessions pour défendre les Etals chrétiens , , . ,v . contre les attaques d'un si terrible ennemi ? que la cérémonie ne commença qu a cette Est-ce que peut-être ils n'ont pas l'approba- heure-la , l empereur ayant désire de s y voir tion des Pères, des théologiens et des cano- accompagne par tous les princes; mais les
constamment la tête nue, sous les ardeurs du soleil à son midi, voulant, par un hommage également périlleux et incommode , professi r sa foi en ce mystère en face de tant d'hérétiques qui étaient présents. J'ai dit sous les ardeurs du soleil à son midi , parce
nistes? Pourquoi donc, dans une action si pieuse, si juste, si indis ensable, si ordinaire, aller imaginer dans le souverain pontife des vues d'intérêt privé ? Mais nous voyons aussi que le duc de Savoie, ayant à se défendre contre les incursions des Suisses hérétiques , un légMt lui fut envoyé avec pouvoir de lui accorder le même subside {dans le consistoire du 5 décembre, 1530; journal cité par les Lodovisi ). Certes, si l'on admet une pareille méthofie d'interprétation, il n'est sorte de délibération humaine qui puisse échapper au blâme, n'importe le parti qu'on prenne entre deux opinions opposées.