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CHAPITRE IIL

Diète d' Augsbourg et profession de foi qui y fut présentée par les hérétiques.

1. L'empereur se rendit en Allemagne , accompagné du cardinal Campège , qui avait mérité que le pape lui confiât cette importante légation, en raison de la connaissance qu'il avait récemment acquise de l'état des ' affaires dans ces contrées ; et une diète se réunit à Augsbourg, avec un concours extraordinaire de princes, tant séculiers qu'ecclé- ■ siasliques. Les résultats de celte diète, tous i à l'honneur de la foi catholique , sont, selon ] l'habitude de Soave , ou passés sous silence, ou déguisés avec une malignité perfide. Pour nous, afin de nous appuyer de témoignages irréprochables, nous ferons valoir non pas I celui deCochlée {Actes de Luther, an 1530), qui fut présent à la diète, mais celui même 1 des écrivains hérétiques, comme Sleidan et I principalement Georges Céiestin. Ce dernier a recueilli les actes de cette assemblée en quatre volumes ; encore passe-t-il sous silence plusieurs particularités avantageuses «au parti catholique, qui se trouvent dans Sleidan , ou qui sont constatées par des manuscrits authentiques (1).

(i) L'auteur les a entre les mains, et les a extraits

prolestants refusèrent de s'y trouver, parce qu'ils traitaient ue rites superstitieux l'usage des processions. Ils présentèrent à cette occasion un écrit, dans lequel ils reconnaissaient la présence réelle du Christ, mais ils rejetaient l'usage de porter ainsi le sacrement réduit à une moitié, et non sous les deux espèces [Céiestin, tome I deV Histoire de la diète d' Augsbourg ) ; ils traitèrent toute cette pompe de scène théâtrale ; et en conséquence, ils ne voulaient pas attester par leur présence la sainteté de cette action.

3. Mais l'électeur de Saxe, qui avait le privilège de porter le glaive impérial devant l'empereur, suivit la décision de ceux de ses théologiens dont l'opinion exposait moins les intérêts de sa prérogative, alléguant qu'il ne remplissait dans ce ministère qu'une fonction civile, et non un acte religieux , et qu'il avait pour lui l'autorité du prophète Elisée , lequel permit au Syrien Naaman de s'incliner devant l'idole , quand le roi fléchirait le genou, appuyé sur son bras. Ce tempérament ne fui pas adopté par les autres princes protestants, et ils alléguèrent dans l'écrit cité plus haut que l'ensemble et les circonstances de celte action en faisaient une cérémonie sacrée, et non purement civile.

h. Soave prend de là occasion de creuser furtivement une mine pour faire pénétrer dans les cœurs des fidèles sa doctrine pestilentielle, sous des apparences pacifiques, car voici comme il s'exprime touchant la permission accordée par Elisée à Naaman : D'après cet exemple chacun peut licitement , pour conserver sa dignité, son état, ouïes bonnes grâces soit de son maître, soit de toute autre personne éminente, ne pas refuser d'assister à un acte quelconque, auquel il ne prend part que comme à un acte civil , quoiqfje les

de deux ouvrages des archives du Valican. L'un es» «n recueil d'insiruciions, "autre est inlLUilé: Acla Wormatiœ.

(i) C'est ce qu'où lii dans Goldasl, hérélique. t. III des Constilulions impériales.

autres v prennent part comme à un acte reli- religion, en sorte qu'il n'avait pas à crainoieux ^^^ d'être noté comme parjure à la sienne 5 Cette doctrine , quoique en un sens elle pour avoir professé extérieurement une ausoit vraie et enseignée par les théologiens , tre religion qu'il aurait réputée fausse, néanmoins, dès qu'onTaffirme généralement, 7. A celte messe fut prononcé un discours et en se plaignant, comme fait Soave, des par Vincent Pimpinelli, archevêque de Rostroubles qui résultent de son inobservance, sano, nonce du pape. Avant d'avoir lu ce disouvre la porte à l'hérésie des helsécéites qui cours dans l'Histoire même de Célestin , je niaient l'obligation de professer la foi par des confesse que je fus la dupe de Soave , et que actes extérieurs [Voyez Suarez dans la Dé- je crus ce discours entièrement frivole et irfense de ta Foi/liv, VI, c. 9) ; ou du moins religieux , tant il affirme avec assurance que l'erreur de ceux qui croyaient pouvoir lici- le nonce ne prononça pas un mot de religion, temeni obéir à la loi du roi d'Angleterre, si ce n'est quand il dit que les Allemands, par laquelle il enjoignait d'aller dans les tem- s'ils avaient imité Scipion Nasica , le peuple pies des hérétiquas, et d'y entendre leurs romain et leurs ancêtres, auraient persévéré prêches, erreur contre laquelle s'est pro- dans la foi catholique, et qu'il les blâma de nonce dans deux brefs le pape Paul V. Et ce qu'ayant voulu changer V ancienne religion, dans le vrai si les martyrs avaient rencon- ils n'en avaient pas choisi une plus sainte et

ne pas fléchir le genou ; ils auraient pu eux opposer à la calomnie la vérité, aussi alléguer qu'ils ne se prêtaient pas à 8. Il était principalement question dans ces actes comme actes religieux, et en vue cette diète de réunir les forces de la Germad'adorer ces statues, mais comme à de sim- nie pour les opposer à la fureur des Turcs, pies mouvements qui de leur nature n'ont Et parce que les protestants refusaient leur pas celte signification. Qui plus est, le mai- concours, à moins qu'on ne leur accordât de tre aurait pu aller si loin dans la voie de nombreux avantages pour leur secte , le cette doctrine pacifique, qu'ils auraient sans nonce prit pour thème principal de son disscrupule articulé tous les blasphèmes que cours ce qui était présentement le plus néles tyrans leur auraient dictés pourvu qu'ils cessaire et le plus facile à persuader sous le eussent intention de remuer seulement la rapport même des intérêts humains , je veux langue elles lèvres, sans volonté, d'exprimer dire l'union des Allemands pour résister à par là aucun sentiment d'impiété. Et certes, de si redoutables ennemis. Et à celle occasiuneteileconduitenedéplaisaitpasàDieu,les sion , il fit voir combien était indispensamartyrs ne méritent nullement d'être loués ble, pour atteindre ce but, non pas la liberté comme des héros, mais plutôt blâmés comme de conscience, telle que la recherchaient les des ignorants. Ce qu'il y a de vrai, c'est que protestants, mais l'accord unanime à contoutes les fois qu'une action selon l'institu- server l'antique foi. Après ces préliminaires, lion des hommes a une double fin, l'une ci- je suis bien aise non-seulement de rapporter, vile, l'autre religieuse, alors, à part le scan- mais de traduire quelques passages du dis- (lale, on peuls'y prêter en vue de la première cours en question, afin de faire voir que la fin, sans approuver la seconde ; et telle fut maligne rédaction de Soave en exprime la génuflexion de Naaman , lorsqu'il soute- moins qu'elle n'en dénature les pensées, nait son prince par le bras. Mais lorsque par 9. Le sénat et le peuple romain^ dit-il, quoi' convention, ou d'après l'usage, une action que gentils et étrangers au culte du vrai Dieu, n*a pour but qu'un rit religieux, et qu'elle ne montrèrent point une telle apathie quand ne présente aucune autre utilité que de ser- il fallut défendre leurreligiony et ne pas subir vira professer par cet acte extérieur la reli- le joug de leurs ennemis. Ils n'eurent rien gion intérieure : dans ce cas , si la religion de plus empressé que d'apaiser leurs faux où elle se pratique est fausse et superstitieuse, dieux par les cérémonies usitées en pareil caS'i l'exercice de cette action, dans quelque in- et de repousser les hostilités par le fer et le tention qu'on la fasse, n'est qu'une énorme feu. Puis il ajoute : Mais vous , Allemands ^ impiété, une vraie félonie contre Dieu. Et qui êtes' chrétiens et adorateurs du Dieu véri^ c'est pour cela aussi qu'il n'était pas permis tabUy du Dieu tout-puissant, on vous verrait, d'obtempérer à la loi du roi d'Angleterre citée méprisant les rites de votre sainte mère l'Eplus haut ; car s'il n'y a pas de défense gêné- glise, laisser sans vengeance et l audace et les raie d'entrer, pour une fin légitime, dans les violences inouïes de l'ennemi des chrétiens? églises des hérétiques et d'y écouter leurs Les Romains crurent remarquer que Vatron, prédicants, toutefois y entrer en exécution leur consul, ne fut défait à Cannes^ par les d'une loi qui en fait un devoir religieux. Carthaginois, que pour avoir mérité le courc'est y donner extérieurement son appro- roux de Junon offensée par lui ; et vous , Albation dans le sens de la loi. lemands, abolissant tes vrais sacrifices , niant 6. On pourrait croire que Soave, dans ce les sacrements du Christ, dépouillant de leur peu de mots que nous avons cités , avait autorité les prêtres, contre ta volonté de celui composé une apologie pour se disculper lui- qui se fait annoncer lui-même comme le Seimême, s'il n'était plus vraisemblable qu'il gneur des armées, le Dieu fort et puissant dans n'en avait pAS besoin, s'étant heureusement les combats, vous auriez l'espoir de vaincre et afitranchi dans son cœur de toute espèce de de mettre en déroute vos ennemis !

m LIVRE TROISIF.ME. 77g

Le discours en son entier présente des ce qui fut dit jd'un mauvais peintre {Marlicn]

pensées semblables, et tend à prouver par qui avait fait une image de Vénus : qu'il l'a-

indurtion, du moins au plus, combien le vait ainsi représentée pour complaire à Pûi-

peuple qui avait hérité de l'empire romain las, son ennemie. Il y a plus : le discours de

était tenu de défendre sa religion qui était la Pimpinelli parut si éloquent et fut si généra-

véritable, puisque leurs ancêtres avaient lement goûté, que le collège des cardinaux,

donné des preuves si héroïques de leur zèle en plein consistoire, décréta (/e6ym7/ef 1530,

pour leur fausse religion. Kn les exhortant voir le journal des Lodovisi, déjà cité) qu'il

à combaîtfe contre les Turcs, ne veut-il pas lui en serait fait compliment au nom de toute

qu'ils commencent par se vaincre eux-mêmes , l'assemblée.

qu'ils s'efforcent d'apaiser Dieu, s'ils désirent 10. Le jour suivant le légat fit dans la diète

l'avoir propice , qu'ils s'occupent de réparer un autre discours, à la louange duquel il suf-

les ruines de la foi chrétienne? leur donnant fira de dire que ce fut un discours si grave et

bien à entendre que l'un ne peut s'obtenir si éminemment pieux, que la mahVnité de

sans l'autre. Ne les reprend-il pas de ce que la tunique de Jésus-Christ, déjà déchirée en plusieurs lambeaux, est par eux détruite et réduite au néant? Ne leur reproche-t-il pas d'avoir , par des suggestions diaboliques , voulu abolir et travestir en moqueries, en impudicités les enseignements du Christ qui sont ceux de la vérité, de la pureté même , qui ont pour eux le consentement des Pères et le témoignage de l'Esprit-Saint? Ici il ajoute cette pensée qui a été si complètement défigurée par Soave : Lorsqu'ils avaient voulu enfanter une monstruosité pareille^ ils au-

Soave n'y trouve rien à reprendre. Un autre jour les princes et les villes protestantes présentèrent à César leurs professions de foi. La luthérienne fut rédigée jpar Mélanchton (1), d'après une briève instruction que lui avait donnée Luther à Cobourg(â). Ce dernier ne fut pas conduit à Augsbourg, parce qu'on ne voulut pas offenser l'empereur, en lui présentant en face un homme qu'il avait proscrit par l'édit sévère de Worms. Celle profession de foi était considérée par eux comme une doctrine nouvellement descendue du ciel ; aussi les théologiens auraient-ils dé-

raient dû au moins introduire une religion siréla présenter revêtue de leurs signatures, plus sainte et plus sage^ afin de s'éloigner et se faire ainsi considérer comme autant de

raisonnablement et non follement de la voie véritable^ de la voie suivie par leurs ancêtres^ de cette voie hors de laquelle on ne peut en trouver une meilleure. J'avoue que sans ce

prophètes. Mais pour que cette pièce eût plus d'autorité dans cette assemblée, il fut décidé de l'appuyer par la force du pouvoir, plus que par le crédit de la science ; et pour

correctif les premiers mots de la.phraseau- cela on chois l pour la signer ceux qui, outre leur plume, portaient en leurs mains lebâton de commandement.

11. C'est là celte célèbre confession d' Augsbourg ^ qui demeura comme l'évangile des luthériens (3). Les zwingliens à leur tour

raient en vente expnmc ce mauvais sens; mais par ces derniers mots il faisait bien comprendre qu'il ne leur demandait pas celte condition comme possible, et que l'impossibilité même de la réaliser les convaincrait d'avoir commis une faute inexcusable en voulant abandonner cette religion. De plus, ne leur rappelle-t-il pas que dans cette guerre il s'agissail de répandre le sang, non des chrétiens, mais des ennemis du nom chrétien? Ne leur repr«sente-t-il pas : que fi on lève le

(1) Më'anclilon , cVst- à-dire Terre mire (c'est le sens de son nom en allemand) s'appelait IMiilippe, SI l'on veul avoir sur lui de plus amples renseigncuienis, on peut consulter un opuscule de Gaspard tsemherg, 1G22, iuipriuié à Cologne sous ce liUe : Historia de

voile dont se couvrent des doctew^s pervers qui *''/«» moribus, rébus gesùs, sludiisac dm'tqtie morte prce-

n'apportent rien de nouveau, mais qui^ pour la ruine des peuples , ressuscitent les opinions ruinées par les saints conciles ; que si leur malice est réprimée par les vertueux princes qui étaient présents à cette réunion , alors la ville sainte de Jérusalem, le sépulcre de notre Seigneur, et les autres lieux arrosés du sang du Rédempteur seront enlevés aux infidèles et à d'infâmes brigands"^ Ne dit-il pas que dans une pareille guerre, ils défendront, non comme les autres, leurs biens, leur patrie , leurs parents , mais le Christ lui-même ? Ne conclut-il pas par une invocation affectueuse des deux princes des apôtres et du Sauveur lui-même, lançant avec des textes choisis de l'Ecriture les malédictions du ciel sur les ennemis d'une entreprise aussi sainte, s'ils persistaient dans leur obstination , et répandant au contraire sur eux toutes sortes de bénédictions, s'ils consentaient à la favoriser? Que l'on fasse maintenant la comparaison de l'original avec le portrait réduit que nous en a donné Soave, et on pourra dire de lui

CoNC. DE Trente. I.

dicanlinm inlhermiornm pliil. Miianchtonh, Mnliliiœ Flacci lUyrici, Georgn niajoris, et Audreœ Osiandri.

(2) Gel écrii de L-nihcr conleunil, d*:ipié.s ce que rapp<ule Ghilrée , liv. XllI, page 320. dix-sept ariicles, qui servirent à Méliuichlou de base priucipjle pour sa confession de foi.

(3) Mais évangile assez mallrailé par eux mêmes dans les si nombreuses et si d scordanies éditions, dont [David.Clémenl a Hui le catalogue , dans sa Bibliothèque curieuse, t. II, p. 217. Je n)e conlcnierai à cet égard de rapporter un passage remarquable d'une lettre écrite par révêque de Varmia, Osiu de Trente, le 10 décembre 1561, et adressée à Albcri, mnrquis de Brandebourg. Qnod ad confession em augustanani attincl..,. ea prope jam est exlincla. Ministri namque qui sunl sub ducibus vinariensibus , et in Suxoniœ civi' talibuSy nec his omnibus , eam suis lautum finibus essa circurnscriplam asseverwit. Quia el auclorem ipsum Melanchlonem ab illa excludunt, quc.m in Zwingli, sive Cfdvmi fide (louchant la présence du «orps de Jésus- Glirisi dans reuchari>lie) morluum esse cerlum el i>;dubilatum est. El sunl ejusdem cciifessionis hujus aliquoi iibri, diversis in locis ac lemporibus typis excnsi^ qui mirabiliter inter se variant. Neque taceni hoc rigi^ diores lutherani, qui corruplam eum a Melanchlouii postea fniifi^ non dubiianter affirmani,

[Vingt-cinq.}

IHSTOIUE DU ( ONClLi: DE TRENTE.

TBO

présentèrent ensuite la leur sous le nom de quatre villes libres dos plus importantes •

SU d;

Conférences tenues par ordre de Vempereur entre les catholiques et les luthériens ^ et édit publié à la clôture de la diète.

sies qu'elle exprimait, et pour ne pas perdre,

1. Charles, ayant fait lire la réfutation en présence des protestants , les pressa avec de vives instances d'accepter cette doctrine antique et universelle , et fit un choix de dixl'eucharistie , comme on fa déjà exposé, sept d'entre les princes et orateurs catholi- Mais la première conserva seule de la repu- ques pour traiter avec eux. Frédéric, électeur talion, comme embrassée par tant de princes, palatin, dans un discours éloqitent (le cou-

et depuis, comme nous le dirons, tolérée en

Allemagne.

12. Mélanchton s'ingénia de toute manière à pallier ce qu'il y avait d'odieux dans sa secte. Et voilà pourquoi il passa sous silence dans sa confession, autant qu'il fut en lui, les opinions les plus abominables et les plus réprouvées. De sorte que l'empereur et les membres de la diète, s'en étant aperçus, firent demander aux protestants s'ils ditïéraient en autre chose du sentiment des catholiques : après une mûre délibération, les luthériens répondirent négativement. Celle confession contenait vingt-un articles de leur foi, et sept principaux: abus qu'ils reprochaient à l'Eglise romaine. En voici les litres : de la communion sous les deux espèces, du mariage des prêtres, de la messe, de la confession, de la distinction des mets, des vœux monastiques, du pouvoir de l'Eglise,

13. L'empereur la communiqua aux catholiques , et elle fut réfutée dans un écrit composé par Cochlée , Fabri et Eckius. Cet écrit ne faisait aucune mention des contradictions que présentait la doctrine des luthériens selon les temps où elle avait été enseignée , afin de ne pas les rendre plus opiniâtres par un semblable reproche; il laissait aussi de côté tout ce qui aurait eu l'air de traits piquints, plutôt que de preuves , et qui parlant n'aurait servi qu'à aigrir le cœur sans convaincre l'esprit. Le légat donna avis que cette réfutation serait notifiée aux adversaires non par écrit, mais seulement de vive voix, parce

tenu se trouve dans Sleidan , liv. VI ï, année 1530) les exhorta à la concorde. Les luthériens, après en avoir délibéré pendant deux: jours , s'excusèrent par quatre raisons : la première , qu'ils n'avaient pas été suffisamment entendus par l'empereur {Voy. Cochlée déjà cité) , aux termes de là citation par laquelle il les avait convoqués ; la seconde, que la réponse des adversaires ne leur avait pas été communiquée par écrit; la troisième, qu'ils ne pouvaient, au préjudice de leurs consciences, souscrire à celte réponse;, la quatrième, que le concile n'avait pas été réuni comme il avait été décidé à Spire.

2. A cela l'électeur palatin répondit au nom de toute la dièle. Quant au premier point, l'empereur avait écouté avec bienveillance tout ce qu'ils avaient eu à dire et de vive voix et par écrit , et il était encore prêt à les écouter s'ils avaient autre chose à lui proposer. Quant au second point, l'empereur leur avait fait entendre plusieurs fois la lecture de l'écrit , mais il leur en avait refusé la copie, se rappelant les railleries outrageantes et les dérisions que s'étaient permises leurs prédicateurs contre son édit de Worms, au grand détriment de la dignité impériale ; c'était là la raison pour laquelle il n'avait pas voulu leur communiquer la réponse par écrit, à moins qu'ils ne promissent de ne la montrer qu'avec sa permission. Sur le troisième chef, il fut dit qu'ils ne devaient pas prendre en mauvaise part la réponse qui leur était faite, qu'ils devraient plutôt sentir un poids sur lai

qu'il prévoyait qu'autrement ils auraient conscience pour avoir abandonné la foi proprésenté de nouvelles répliques , sans qu'il fessée dans tant de royaumes, pendant tant de pût y avoir de fin à ce débat, et tout cela au siècles, par tant de Pères et de conciles, et détriment de la dignité du siège apostolique, pour en avoir adopté une si mal réglée et si

ils auraient tourné en ridicule devant la multitude toute la doctrine et l'autorité de l'E-

pu jusqu'alors s'occuper du concile; mais que d'ailleurs Luther , à Worms , en avait

glise, comme si cet écrit avait été la défini- ouvertement méprisé l'autorité , et n'avait tion d'un concile entier. Les hérétiques près- jamais voulu consentir à se soumettre au con-

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sèrent vivement pour obtenir une réplique par écrit, puisque c^était par écrit qu'ils avaient communiqué leur doctrine; mais l'empereurs'en tintaupremier refus , à moins qu'ils ne promissent de tenir la réplique secrète jusqu'à ce qu'il leur permît de la com-

cile futur , et que depuis il avait écrit beaucoup de choses contre l'autorité des conciles: qu'ainsi c'étaitsans raison qu'ils demandaient un tribunal que leur chef avait déjà récusé comme incompétent.

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