Chapitre V
Du culte et de la vénération qu'on doit rendre au trèssainl Sacrement, 11 ne reste donc aucun lieu de douter que tous les fidèles, selon la coutume reçue de tout temps en l'Eglise catholique, ne soient obligés d'honorer le trèssaint Sacrement du culte de latrie, qui esl dû au vrai Dieu. Car, pour avoir été in^itué par Noire-Seigneur Jésus-Christ à dessein qu'il soit pris et reçu par les fidèles, on ne d^jl pas moins l'aiiorer, puisque nous y croyons présent le même Dieu , duquel le Père éternel, en riniroduisant dans le monde, a dit (psal. 9()) : Et que tous les anges de Dieu radorent; le même que les mages, se prosternant en terre, ont adoré; le même enfin que l'Ecriture témoigne avoir été adoré par les apôtres en Galilée. Le saint concile déclare de
plus que la coutume a été très-saintement et Irèspieusement introduite dans l'Eglise , de destiner tous les ans un certain jour et une fête particulière , pour rendre honneur à cet auguste et adorable sacrement, avec une vénération et une solennité singulière ; et qu'il fût porté en proces>ion avec respect ei avec pompe par les rues et par les places publiques , étant bien juste qu'il y ait certains jours de iétes élabli>, auxquels tous les chrétiens puissent, par quelque démonslralion de respect solennelle et extraordinaire, témoigner leur gratitude et leur recoiinaissance envers leur commun Maître et Rédempteur, pour »m bienfait si ineffable et tout divin, par lequel la victoire et le triomphe de sa mort sont représentés. Et d'ailleurs il est nécessaire aussi que la vérité victorieuse triomphe en cette manière du mensonge et de l'hérésie, aPui que ses adversaires, à la vue d\m si grand éclat cl au milieu d'une si graside joie de toute l'Eglise, ou perdent tout courage et sèchent de dépit , ou que, touchés de honte et de confusion , ils viennent enfin à se reconnaître.