‹ Histoire du concile de TrenteChapitre 39 sur 368 · Chapitre \ll · texte numérisé non relu

Chapitre \ll

De la préparation qu'il faut apporter pour recevoir dignement la sainte Eucharistie.

Si personne ne se doit exposer à l'exercice d'aucune fonction sainte sans une sainte préparation , il est certain que plus ce sacrement céleste est reconnu saint et divin par un chrétien , plus il doit prendre garde avec soin de n'en approcher et de ne le recevoir qu'avec un grand respecl et une grande sainteté; princiji: lement après ces paroles pleines de terreur que nous lisons dans l'Apôtre (i Cor. H) : Quiconque le mange et le voit indignement , mange et boil sa propre condamnation , ne faisant pas le discernement qu'il doit au corps du Seigneur. C'est pourquoi celui qui voudra communier doit rappeler en sa mémoire ce précepte (ibid.): Que chacun s'examine soi-même. Or la conlume de l'Eglise fait voir que cet examen nécessaire consiste ^ en ce que nulle peisonne, se se^Uant la conscience chargée d'un péché mortel, quelque contrition qu'il lui semble en avoir, ne doit s'approcher de la sainte Encluuislie, sans avoir fait précéder la confession sacramentelle. Ce que le saint concile ordonne devoir être perpétuellement observé par touG les chréliens et même par les prêtres qni se trouvent dans l'obligation de célébrer par le devoir de leur emploi , pourvu qu'ils ne manquent point de confesseur. Que si par une nécessilé pressante un prêtre célèbre sans s'être confessé auparavant, qu'il ne manque pas de le faire le plus tôt qu'il pourra.

Chapitrk Vni.

De la manière de recevoir cet admirable sacrement. Quant à l'usage du très-saint Sacrement, nos Pères ont très bien ei très-sagement distingué trois manières de le recevoir, nous enseignant que les uns ne le reçoivent que sacramentellement, et ce sont ceux qui sont en péché; les autres seulement spirituellement, savoir ceux qui, mangeant d'affection et d'intention ce pain céleste qu'ils se proposent, en sentent le frnii et 1 uiiiilé en vertu de cette foi vive qni opère par la charité; les troisièmes le reçoivent sacramentcllemenf et spiriluellement tout ensemble , et ce sont ceux (|ui s'cj^aminent et se préparent de telle manière, avani

SESSION XIlî.

que de s'approcher de celle divine table, qu'ils s'y pi ésenlent avec la robe nupliale. Or dans la réceplion sacramentelle la coutume a toujours été dans l'Eglise que les laïques reçussent la communion des prêires, et que les prêtres célébrants se communiassent euxmêmes ; et celle coutume doit être gardée et retenue avec justice et raison, comme venant de la tradition (les apôtres. Enfin le saint concile , de toute son af- Teclion paternelle, avertit, exhorte, prie et conjure, par les entrailles de noire Dieu, tous ceux, en général et en particulier , qui portent le nom de chrétiens qu'enfin , pour une fois, ils tombent tous d'accord et se réunissent en ce signe d'union, en ce lien de charité et en ce symbole de concorde ; et que dans le souvenir d'une si grande majesté et de Tamour si excessif de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a livré sa trèschère vie pour le prix de notre salut, et nous a donné sa chair à manger, ils croient ces sacrés mystères de son corps et de son sang avec une telle constance et fermeté de foi, et les révèrent d'un si profond respect, d'une piété et d'une dévotion de cœur telle qu'ils soient en état de pouvoir souvent recevoir ce pain qui est au-dessus de toute substance, etque véritablement il soit la vie de leur âme et la santé perpétuelle de leur esprit , afin que , soutenus par sa vigueur et par sa force , ils puissent passer du pèlerinage de cette iîhsérable vie à la patrie céleste, pour y manger sans aucun voile le même pain des anges qu'ils mangent maintenant sous des voiles sacrés.

Mais, parce que ce n'est pas assez d'exposer la vérité, si on ne découvre et si on ne rejette aussi les erreurs , le saint concile a trouvé bon d'ajouter les canons suivants, afin que tous, après avoir recoimu la doctrine catholique, sachent aussi quelles sont les hérésies dont ils doivent se garder, et qu'ils doivent éviter.

©u tvh^^aint sacrement be r^ucl)ariêtie.

CANON I

Si quelqu'un nie que le corps ei le sang de Notre < Seigneur Jésus-Christ, avec son âme et la divinité, et par conséquent Jésus-Christ tout entier, soil contenu véritablement, réellement, et substanliellenienl au sacrement de la très-sainte Eucharistie; mais dit qu'il y est seulement comme dans un signe, ou bien en figure, ou en vertu : Qu'il soit anathème.

CANON II

Si quelqu'un dit que la substance du pain et du vin reste au très-saint sacrement de TEucharistio, ensemble avec le corps et le sang de Noire-Seigneur Jésus- Christ , et nie cette conversion admirable ei singulière de toute la substance du pain au corp?, et de louie la substance du vin au sang de Jésus-Chrisl, ne restant seulement que les espèces du pain et du vin : laq«ielle conversion est appelée par l'Église catholique du nom très-propre de transsubstantiation: Qu'il soit analhème.

CANON m.

Si quelqu'un nie que dans le vénérable sacrement de l'Eucharistie Jésus-Christ tout entier soit contenu sous chaque espèce , et sous chacune des parties de chaque espèce, après la séparation : Qu'il soit anathème.

CANON IV

Si quelqu'un dit qu'après que la consécration est faite le corps elle sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne sont pas dans l'admirable Sacrement deTEucharislie; mais qu'ils y sont seulement dans l'usage, pendant qu'on les reçoil, et non au{)aravant ni après ; ei que dans les hosties, ou parcelles consacrées que l'on réserve ou qui restent après la communion, le vrai corps de Notre-Seigneur ne demeure pas : Qu'il soit anathème.

CANON V

Si quelqu'un dit ou que le principal fruit de la irèssainte Eucharistie est la rémission des péchés , ou qu'elle ne produit point d'autres effets : Qu'il soit anathème.

CANON VI

gi quelqu'un dit que Jésus-Christ , Fils unique de

Dieu, ne doit pas être adoré au saint sacrement de l'Eucharistie du culte de latrie, même extérieur; et que par conséquent il ne faut pas non plus l'honorer d'une fêle solennelle et particulière, ni le porter avec pompe et appareil aux processions, selon la louable coutume et l'usage universel de la sainte Église ; oii qu'il ne fanl pas l'exposer publiquement au peuple pour être adoré; et que ceux qui l'adorent sont idolâtres : Qu'il soit analhème.

CANON VII

Si quelqu'un dit, qu'il n'est pas permis de conserver la sainte Eucharistie dans un vase sacré, mais qu'inconli>ieiit après la consécration il la faut nécessairemont distribuer aux assistants ; ou qu'il n'est pas permis de la porter avec hoimeur et respect aux malades : Qu'il soit anathème.

CANON VIII

Si quelqu'un dit que Jésus-Christ, présenté dans l'Eucharistie, est mangé seulement spirituellement et non pas aussi sacramentalemenl et réellement : Qu'il soit anathème.

CANON IX

Si quelqu'un nie que tous et un chacun des fidèles cln éiiens, de l'un et de l'autre sexe, ayant atteint l'âge de discrétion, soient obligés de communier tous les ans, au moins à Pâques, selon le commandement de la sainte mère Église : Qu'il soit anathème.

CANON x.

Si quelqu'un dit qu'il n'est pas permis à un prêtre célébrant de se communier lui-même : Qu'il soil ana thème.

CANON XI

Si quelqu'un dit que la foi seule est une préparation suffisante pour recevoir le sacrement de la irèssainte Eucharistie : Qu'il soit anathème.

Et pour empêcher qu'un si grand sacrement ne soit reçu indignement, et par conséquent à la mort et à la condamnation , le saint concile ordonne et déclare q«e ceux qui se sentent la conscience chargée de quelque péché mortel, quelque contrition qu'ils pensent en avoir, sont nécessairement obligés, s'ils peuvent avoir un confesseur, de faire précéder la confession sacramentelle. Et si quelqu'un avoil la témérité d'enseigner ou de prêcher le contraire, ou bien même de l'assurer avec opiniâtreté, ou de le soutenir en dispute pubUque : Qu'il soit dès-là même excommunié.

DÉCRET DE RÉFOUMATION.

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