Chapitre IX
Des œuvres de satisfaction.
Le saint concile déclare de plus que l'étendue de la bonlé et libéralité de Dieu est si grande , que par le moyen de Jésus-Christ nous pouvons satisfaire à Dieu le Père non seulement par les peines que nous embrassons de nous-mêmes pour ciiâlier en nous le péché, ou qui nous sont imposées par le jugement du prêtre selon la mesure de nos fautes, mais encore, pour dernière marque de son amour , par les afflictions temporelles qu'il nous envoie dans le monde, en les soulfrant patiemment.
^tt ôacvement be r^^tvemeï:£)nctton.
Le saint concile a trouvé à propos d'ajouter à ce qui vient d'être exposé de la pénitence ce qui suit louchant le sacrement de rexlrême-oiiction, que les saints Pères ont estimé comme faisant la consommation non seulement de la pénitence, mais de toute la vie chrétienne, qui doit être une continuelle pénitence. Premièrement donc, à l'égard de son institution , il déclare et enseigne que comme notre Rédempteur infiniment bon, qui a voulu pourvoir en tout temps ses serviteurs de remèdes salutaires contre tous les traits de toutes sortes d'ennemis, a préparé dans les autres sacrements de puissants secours aux chrétiens ponr se pouvoir garantir pendant leur vie, et mettre à couvert des plus grands maux spirituels; aussi a t-il voulu munir et fortifier la fin de leur course du sacrement de rexlrême-onction comme d'une forte et assurée défense. Car quoique durant toute la vie notre adversaire cherche et épie les occasions de dévorer nos âmes par queLiue moyen (jue ce soit, il ny a pourtant aucun ten^ps auquel il emploie avec plus de force et plus d'attention ses ruses et ses finesses pour nous perdre entièrement, et pour nous faire déclioir, s'il pouvait, de la confiance en la miséricorde de Dieu, que lorsqu'il nous voit près de sortir de la vie.