Chapitre III
Du ministre de ce sacrement, et du temps auquel on le
doit donner.
Quant à ce qui est de déterminer quête sont ceux qui doivent recevoir ce sacrement et ceux qui le doivent administrer, la pr:ilique nous en a été aussi mar quée assez clairement dans les paroles qui ont été citées, lesquelles font voir que les propres ministres de ce sacrement senties prêtres de l'Eglise : sous lequel nom il ne faut pas entendre en ce lieu, ou les plus anciens en âge, ou les premiers en dignité d'entre le peuple, mais ou les évêques ou les prêtres ordonnés par eux en la manière convenable, par l'imposition des mains sacerdotales. Il est aussi marqué par les mêmes paroles que cette onction doit être faite aux malades, principalement à ceux qui sont attaqués si dangereusement, qu'ils paraissent près à sortir de la vie : d'où vient qu'on l'appelle aussi le sacrement des mourants. Que si les malades, après avoir reçu celte onction, reviennent en santé, ils pourront être encore aidés et secourus de nouveau de l'assistance de ce sacrement, quand ils tomberont en quelque autre pareil (langer de la vie.
11 ne faut donc en façon du monde écouter ceux qui, contre le sentiment de l'apôtre S.Jacques, si clair et si manifeste, s'avisent de publier que celle onciion n'est qu'une invention humaine, ou un usage reçu des Pères, qui n'est fondé sur aucun précepte divin, et n'enferme aucune promesse de grâce; ni ceux non plus qui soutiennent que l'usage de celle onction a pris (in, comme si elle ne regardait seulement que la grâce de guérir les maladies, qui était dans la primitive Eglise; ni ceux qui disent que la coutume et la manière que la sainte Église romaine observe dans l'adminisiralion de ce sacrement est contraire et répugne au sentiment de Tapôlre S. Jacques, et que pour cela il la faut changer en quelque autre ; ni ceux enfin qui assurent que celle onciion dernière peut être négligée sans péché par les fidèles : car tout cela est très-visiblement opposé aux paroles claires et précises de ce grand apôlre. Et certainement l'Eglise romaine, qui est la mère et la maîtresse de toutes les autres, n'observe autre chose dans l'administration de cette onction, quant à ce qui regarde et ce qui constitue la substance de ce sacrement, que ce que S. Jacques en a prescrit : de sorte qu'on ne pourrait mépriser un si grand sacrement sans un grand crime, et sans faire injure au Saint-Esprit même.
Voilà ce que le saint concile œcuménique fait profession de croire louchant les sacrements de pénitence etd'extrême onction, et ce qu'il enseigne et propose à croire et à tenir à tous les fidèles chrétiens. Et voici sur le même sujet les canons qu'il leur présente pour les garder et observer inviolablement. prononçant condamnation et ana thème perpétuel contre ceux qui soutiendront le contraire.
^u èacvement trèô-êaint be pénitence.
CANON I
Si quelqu'un dit que li pénitence dans l'Eglise catholique n'est pas véritablement et proprement un sacrement institué de Jésus-Christ Noire-Seigneur, pour réconcilier à Dieu les fidèles, toutes les fois qu'ils tombent en péché depuis le baptême : Qu'il soit anathème.
CANON II
^ Si quelqu'un, confondant les sacrements, dit que c'est le baptême même qui est le sacrement de peni-
6lf
sacrements n*élaient pas
tence, comme si ces deux ,
distingués ; et qu'ainsi c'est mal a propos qu on appelle la pénitence la seconde table après le naufrage : Qu il soit anaihème.
CANON III
Si quelqu'un dit que ces paroles de Nolre-Seigneur et Sauveur (Joan 20 , Maill». 16 )
Recevez le Sainl-
Esprit ; les péchés seront re\ms a ceux a qui vous lesrcmettrez et seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ne doivent pas être entendues de la puissance de remettre et de retenir les péchés dans le sacrement de pénitence, comme l'Eglise catholique les a toujours entendues dès le commencement ; mais contre l'institution de ce sacrement détourne le sens de ces paroles, pour les appliquer au pouvoir de prêcher l'Evangile : Qu'il soit anathème.
CANON IV
Si quelqu'un nie que, pour l'entière et parfaite rémission des péchés, trois actes soient requis dans le pénitent, qui sont comme la matière du sacrement de pénitence, savoir : la contrition, la confession, et la satisfaction, qu'on appelle les trois parties de la péniience, ou soutient que la pénitence n'a que deux parties savoir : les terreurs d'une conscience agitée a la vue de son péché qu'elle reconnaît , la foi conçue par l'Evangile, ou par l'absolution, par laquelle on croit que ses péchés sont remis par Jésus-Christ : Qu'il soit anathème.
CANON V
Si quelqu'un dit que la contrition à laquelle on parvient par la discussion, le rainas el la délestation de ses péchés; quand, repassant en son esprit les années de sa vie , dans raniertunie de son cœur, on vient à posorla grièveté, la multitude el la difformité de ses péchés, et avec cela le hasurd où l'on a éié de perdre le bonheur éternel, et. d'encourir la damnation éternelle , avec résolution *de mener une «meilleure vie; qu'une telle contrition donc n'est pas une douleur véritable el utile , et ne prépare pas à la grâce , mais qu'elle rend l'homme hypocrite et plus grand pécheur; enfin que c'est une douleur forcée , et non pas libre ni volontaire : Qu'il soit anathème.
CANON VI
Si quelqu'un nie que la confession sacramentelle, ou ail été instituée ou soit nécessaire à salul de droit
t()UJ(
conforme à l'institution et au préceple de Jésus- Christ, mais que c'est une invention humaine : Qu'il soit anathème.
CANON VII
Si quelqu'un dit que dans le sacrement de péniience il n'est pas nécessaire de droit divin , pour la remission de ses péchés, de confesser tous el un chacun l3s péchés mortels dont on se peut souvenir, après y avoir auparavant bien el soigneusement pensé , même les péchés secrets qui sont contre les deux derniers pi éceples du Décalogue et les circonstances qui changent l'espèce du péché; mais qu'une telle confession est seulement utile pour l'instruction el pour la consolation du pénitent, et qu'autrefois elle n'était en usage que pour imposer une satisfaction canoniiiue; ou si quelqu'un avance (pie ceux qui s'attachent à confesser tous leurs péchés semblent ne vouloir rien laisser à la miséricorde de Dieu à pardonner ; on enfin qu'il n'est pas permis de confesser les péchés véniels : Qu'il soit anathème.
CANON vin.
Si quelqu'un dit que la conicssion de tous ses péchés, telle que l'ohserve l'Eglise, est impossible et n'est qu'une tradition humaine que les gens do hien doivent tâcher d'abolir ; ou bien que tous et chacun les fidèles chrétiens , de l'un et de l'autre sexe , n'y sont pas obligés une fois l'an , conformément à la constitution du grand concile de Latran , et que pour cela il faut dissuader les fidèles de se confesser dans le
temps du carême : Qu'il soit anathème.
CANON IX
Si quelqu'un dit que l'absolution sacramentelle du prêtre n'est pas un acte judiciaire, mais un simple ministère qui ne va qu'à prononcer et déclarer à celui qui se confesse que ses péchés lui sont remis, pourvu seulement qu'il croie qu'il est absous, encore que le prêtre ne l'absolve pas sérieusement, mais par manière de jeu ; ou dit que la confession du pénitent n'est pas requise, afin que le prêtre le puisse absoudre : Qu'il soit anathème.
CANON x.
Si quelqu'un dit que les prêtres qui sont en péché mortel cessent d'avoir la puissance de lier et de délier ; ou que les prêtres ne sont pas les seuls ministres de l'absolution , mais que c'a eié à tous et à chacun des fidèles chrétiens que ces paroles ont été adressées ( Matlh. 16 et 18) : Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera aussi lié dans le ciel ; et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera aussi délié dans le ciel. Et celles-ci (Joan. 20) : Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez ; de sorte qu'en vertu de ces paroles chacun puisse absoudre des péchés : des publics , par la répréhension seulement , si celui qui est repris y défère ; et des secrets, par la confession volontaire; Qu'il soit anathème.
CANON XI
Si quelqu'un dit que les évêques n'ont pas droit de se réserver des cas, si ce n'est, quant à la police extérieure; et qu'ainsi cette réserve n'empêche pas qu'un prêtre n'absolve véritablement des cas réservés : Qu'il soit anathème.
CANON xn.
Si quelqu'un dit que Dieu remet toujours toute la peine avec la coulpe, et que la satisfaction des pénitents n'est autre chose que la foi, par laquelle ils conçoivent que Jésus Christ a satisfait pour eux : Qu'il soit anathème.
CANON XIII
Si quelqu'un dit qu'on ne satisfait nullement à Dieu pour ses péchés, quant à la peine temporelle, en vertu des mérhes de Jésus-Christ, par les châtiments que Dieu même envoie et qu'on supporte patiemment , ou par ceux que le prêtre enjoint, ni même par ceux qu'on s'impose à soi-même volontairement, comme sont les jeûnes, les prières, les aumônes, ni par aucunes autres œuvres de piété; mais que la véritahle el bonne pénitence est seulement la nouvelle vie : Qu'il soit anathème.
CANON XIV
Si quelqu'un dit que les satisfactions par lesquelles les pénitents rachètent leurs péchés par Jésus-Christ ne font pas partie du culte de Dieu, mais ne sont que des traditions humaines qui obscurcissent la doctrine de la grâce, le vrai culte de Dieu, el même le bienfait de la mort de Jésus- Christ : Qu'il soit anathème.
CANON XV
Si quelqu'un dit que les clés n'ont été données à l'Eglise que pour délier el non pas aussi pour lier, et que pour cela les prêtres agissent contre la fin pour laquelle ils ont reçu les ces, et contre l'instituiion de Jésus-Chrisi , lorsqu'ils imposent des peines à ceux qui se confessent ; el que ce n'est qu'une fiction de dire qu'après (|ue la peine éternelle a été remise en vertu des clés la peine temporelle reste encore le plus souvent à expier : Qu'il soit analhème.j
iDu sacrement U V^t$tvc\\H^Ùnction*
CANON I
Si quelqu'un dit que rextrême-onction n'est pas véritablement et proprement un sacrement institué par Notre-Seigneur Jésus- Christ et déclaré par l'apôtre sahit Jacques; mais quec'estseuleinent un usage qu'on a reçu des Pères , ou bien une invenlion humaine : Qu'il soit anathème.
ed
SESSION XIV
CANON II
Si quoiqu'un dit gue Tonction sacrée qui est donnée a.jx nialndes ne confère \,as la grâce, ne remet pas les péchés ni ne snulage pas les malades, et que inaiiiieiiant elle ne doit phis être en usage, comme si ce n'avait été autrefois que ce que Ton appelait la grâce de guérir les maladies : Qu'il soit anathème. CANON m.
Si quelqu'un dit que la pratique et l'usage de l'extrême-onclion , selon que la sainte Eglise romaine l'observe, répugne au sentiment de Tapôlre saint
été suspendu de la fonction de ses ordres ou de ses
grades, ou dignités ecclésiastiques.