chapitre premier
Que les laïques, ni les ecclésiastiques quand ils ne consacrent pas, ne sont point obligés de droit divin à la communion sous les deux espèces.
Le saint concile donc, instruit par le Saint-Espril, qui esi l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de piété, et suivant le jugement et l'usage de l'Eglise même, déclare et prononce que les laïques, ni les ecclésiasti(iues quand ils ne consacrent pas, ne sont tenus par aucun précepte divin de recevoir le sacrement de l'Eucharistie sous les deux espèces, et qu'on ne peulen aucune manière douter, sans blesser la foi , que la communion sous l'une des espèces ne soit sufiisanle au salut. Car quoique Noire-Seigiieur Jésus-Christ, dans la dernière cène, ait institue et donné aux apôtres ce véritable sacrement sous le& espèces du pain et du vin, néanmoins, pour lavoir institué et donné delà sorte, ce n'est pas à dire que tous les fidèles chrétiens soient tenus et obliges comme p ir ordonnance de Notre-Seigneur à recevoir l'une et l'autre espèce. Ni des paroles de Notre-Seigneur, au chapitre sixième de saint Jean, de quelque façon qu'elles soient entendues, suivant les diverses inierpiélalions des saints Pères et des docteurs, il ne s'en peut pas cimclure non plus que Nolre-Seigiicur ait commandé la communion sOus les deux espèces. Car le même qui a dit (Joan. 6 ) : Si vous
ne mangez la chair au Fus de l*lwmme^ et ne buvez son
sang, vous n^urez point la vie en vous, a dit aussi
(.ibidem) : Si quelqu'un mange de ce pain^ il vivra élcr-
f nellemenl. Le même qui a dit (ibidem) : Celui qui
mange ma chair et bail man sang a la vie éternelle, a
dit aussi (ibidem) : Le pain que je donnerai est ma
chair pour b vie du monde. Enfin le même qui a dit
(ibidem ) : Celui qui mange ma chair et boit mon sang,
demeure eh moi et moi en lui , a néanmoins dit aussi
( ibidem ) : Celui qui mange ce pain vivra éternellement.