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LIVRE III, DOCUMENT GCVI

dans Tordre social, et elle a établi son Vatican ici même, dans ce 'Paris où les idées bouillonnent et se purifient comme dans une vaste fournaise, et d'où part, depuis un siècle, le magni« fique rayonnement qui illumine le monde. Nous y venons chaque année de tous les points de Tobédience pour discuter et résoudre les questions qui intéressent notre institution, et je voudrais pour la confusion de ceux qui nous calomnient, que Técho de nos débats pût retentir au dehors. Les hommes sincères qui ne connaissent pas la maçonnerie jugeraient alors si elle mérite les objurgations dont elle est l'objet.

Ces débals, ils sont animés sans doute, passionnés même parfois; mais vit-on souvent des assemblées où la sincérité, le désintéressement, le pur amour de la vérité furent en plus grand honneur? J'admirais, tous ces jours, la logique, la verve, le talent des orateurs que nous avons entendus ; mais ce qui me touche bien davantage encore, c'est que tant d'hommes de conditions diverses aient abandonné spontanément leurs affections, leurs travaux et leurs intérêts pour se consacrer à une œuvre qui ne peut leur rapporter ni gloire ni profit. On n'agit pas ainsi d'ordinaire dans le monde profane, et je voudrais encore pouvoir montrer la composition même de cette assemblée aux détracteurs de la maçonnerie.

Savants, propriétaires, industriels, avocats, commerçants, médecins, magistrats, journalistes, militaires, ouvriers, artistes, vous tous qui me faites l'honneur de m'entendre, pourquoi êtesvous réunis et quelle passion vous anime?... Âh! c'est la plus belle et la plus pure de toutes, c'est l'amour de rhumanité! Tenez, aujourd'hui que les partis aiment à se caractériser d'un mot, savez-vous comment je voudrais vous nommer? Les Insatiables!... Oui, insatiables de vérité, de justice et d'amour, voilà le nom qui vous convient; et, pour obéir à la passion qui vous domine, pour remplir la mission que vous vous êtes donnée, songez aux grandes choses qui vous restent encore à faire. — L'instruction est-elle assez répandue, les principes de l'association sont-ils bien définis et compris, la bienfaisance, l'enseignement supérieur, les bibliothèques, l'organisation des IV. *^ 2

relrailes, Tassurance, la mutualité, ne sont-co pas autant de sujets qui appellent nos méditations, que nous pouvons expé-^ rimenter chez nous d'abord, pour les répandre ensuite dans le monde?... Ne craignons pas que les sujets d'étude nous manquent jamais. Il en surgit chaque jour de nouveaux, et parmi ceux qui s'imposent aujourd'hui le plus impérieusement à nos esprits, il en est deux inestimables que nous saurons conquérir et garder : La paix et là liberté !...

Âpres ce discours, plusieurs fois interrompu parles applaudissements dé rassemblée, le F.*. Babaud-Larivière reçoit les félicitations du grand maître, et l'assemblée tout entière s'associe à ces félicitations par des acclamations réitérées et par une triple et chaleureuse batterie.

(30 août 1869)

Le grand mattre de Tordre maçonnique de France, conformément à la décision de l'assemblée générale en date du 9 juillet, invite les ateliers de son « obé^ dience » à examiner le projet d'une grande réunion qui aurait lieu le 8 décembre de Tannée courante, en yue d'affirmer solennellement, en face du Concile, « les grands principes » de la franc-maçonnerie.

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