‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 102 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCXVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCXVII

Il dît en outre qu'à cette époque il n'y avait pas de Pape certain, d'autant plus que Jean, qui avait convoqué le Concile, s'était déjà retiré. Il ajoute qu'il importe peu d objecter que le Concile rCétant point œcuménique ^ ne pouvait pas déposer les trois Papes qui étaient douteux; car, répond-il, bien que le Concile ne puisse pas définir de nouveaux dogmes de foi sans l'autorité du Pape, il peut bien néanmoins, en temps de schisme, pourvoir rÉglise (Tim pasteur, lorsque celui-ci est incertain. Il ajoute que Jean et Grégoire renoncèrent spontanément, dans la suite, au pontificat, comme nous le lisons dans la douzième et dans la quatorzième session. Et quoique Benoit n'ait jamais consenti à renoncer, cependant son successeur Clément YIII céda tous ses droits à Martin V, qui fut ensuite reconnu pour Souverain Pontife par l'Église universelle.

C'est de cette cinquième session que Maimbourg infère la supériorité absolue du Concile sur le Pape. Mais nous lui répondons en premier lieu, que, sans ôter de leur importance aux paroles des décrets portés dans cette session, on ne peut nallement en déduire une semblable supériorité, attendu que le Concile n'entend parler que du cas où il y aurait un schisme et un Pape douteux ; c'est ce qui ressort clairement de ces paroles mêmes que nous avons rapportées ci-dessus, qu'on doit obéir au Concile « en ce qui a rapport à l'extirpation du schisme actuel », ainsi que de ces autres paroles qui succèdent aux premières : « le Concile déclare que quiconque refuserait d'obéir à ses prescriptions au sujet des matières susdites ou d'autres qui s'y rapporteraient, etc. » Or; quelles étaient ces matières SUSDITES, sinon l'extirpation du schisme et la déposition des Souverains Pontifes douteux? Du reste, dans la séance du il septembre 1417, ainsi que Tattestent les actes du Concile, les trois nations qui étaient en opposition avec l'Allemagne, déclarèrent qu'un Pape certain, dûment et canoniquement élu, ne peut être lié par un Concile : Papa rite et canonice electus a Condlio ligari non potest. Et c'est pour cela que dans le décret de la quarantième session, décret porté conciiiairement par les cinq nations, on a statué que le Pape qui serait prochainement

élu aurai ta réformer rÉglise dans son Chef et dans ses membres : synodus decemitquod Romanus Pontifex de proximo assumendus debeat reformare Ecclesiam in capite et in membris ' . Notons bien qu'il n'est pas dit que ce sera le Concile, mais le Pape qui réformera.

Ajoutons que dans le traité que les Cardinaux exposèrent au Concile, ils énoncèrent, entre autres propositions, les deux suivantes : TÉglise romaine peut être appelée à bon droit la TÊTE de toutes les Églises ; comme cette Église est appelée la tète de toutes les Églises, elle est aussi celle du Congre général, et même de TÉglise universelle : Romana Ecclesia... omnium Ecclesiarum... caput merito dicipotest; Romana Ecclesia^ sicui omnium Ecclesiarum caput dicitur^ sic et Concilii generalis^ imo universalis Ecclesise^. Voici quelle fut la réponse du Concile, et ses remarques à propos des deux mots de tête et de Conculk. Quant au mot tête, dit-il, nous l'admettons, mais non toutefois pour favoriser le schisme ou les dissensions. Quant au mot Concile, il faut distinguer : cela est vrai dans un Concile déterminé, surtout lorsqu'il s'agit d'extirper Thérésie ; mais il n'en est pas de même, quand il s'agit d'enlever de l'Église romaine un schisme qui s'est élevé parmi les Cardinaux : Nota super verbum caput : hoc concedatur, no7i tamen ad fovendum schisma aut deformitates. Item nota super verbum Concilu, subdistinguendum : hoc est verum in aliquo Concilio^ maxime cum agitur ad... hasresim extirpandam; ubi autem agitur de schismate toilendo i7i Romana Ecclesia^ quod per Cardinales ortum habuit. . . ibi non habet locum '.

Ceci n'est-il pas décisif?

Ajoutons encore que la proposition quarante et unième de Wicleff, ainsi conçue : Il n'est pas nécessaire pour le salut, de croire que l'Église romaine tient le premier rang entre les Églises : Non est de necessitate salutis credere Romanam Ecclesiam esse supremam inter alias: Ecclesias, fut l'objet d'une cen-

Page 1