‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 117 sur 536 · IV. Séance du même jour, à 3 heures de Vaprès-midi · texte numérisé non relu

IV. Séance du même jour, à 3 heures de Vaprès-midi

Discussion de l'opportunité d'une définition dogmatique de r infaillibilité pontificale. Le rapporteur présenta sur ce sujet alternativement l'affirmative et la négative : il examina si l'on

trouvait dans les circonstances actuelles de sérieux etsuffisaaLs motifs de procéder à cette définition, ou si l'on n'y voyait pas plutdt des raisons de l'écarter.

Relativement au premier point, il établit que jusqu'ici les Conciles avaient uniquement décidé les questions qui présentaient une tirgens nécessitas et un besoin réel. Or, la présente question n'offrait ni l'une ni l'autre de ces deux conditions : il n'y avait danger ni pour la pureté de la foi, ni pour la paix de l'Eglise, Une seule circonstance pourrait taire déroger à ta règle : celle où le Pape ne jouirait pas de toute l'autorité et de toute l'influence nécessaires à l'exercice de son ministère.

Abordant alors le côté négatif, le rapporteur pnssa eo revue les divers obstacles qui, selon les prévisions humaines, pourraient s'opposer a la réunion des Églises si ardemment désirée, même par les non-catholiques. Les chrétiens d'Orient sont déjà d'accord sur le primatus honoris; probablement ils se soumettraient aussi au primatus Jurisdictionis, mais ils se montrent si opiniâtrement attachés aux anciennes traditions qu'il n'est pas possible d'espérer jamais les voir reconnaître comme dogme l'infaillibilité du Pape.

La même considération est à faire valoir, du moins en partie, à l'égard des protestants : ils paraissent se rapprocher chaque jour davantage de la maison paternelle et désirer plus vivement que jamais une Église pourvue d'autorité doctrinale et de sacrements; mais ils ne comprendraient pas du tout l'infaillibilité du Pape. Même pour les catholiques de l'Allemagne, il y aurait lieu de redouter de fâcheuses conséquences de la définition projetée. L'Église catholique, si fortement attaquée dans ses principes fondamentaux, a surtout besoin d'unité et d'union parfaite pour atteindre son but suprême. Or, comme le peuple ne semble pas encore universellement comprendre et apprécier parfaitement celte doctrine, d'ailleurs difficile à formuler; comme il est évident que cette définition exciterait une véritable méfiance contre les catholiques dits instruits, et que, d'un autre côté, elle accroîtrait probablement dans une forte mesure les soupçons des gouvernements contre l'Église catholique

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