LIVRE III, DOCUMENT CCIX
De cette manière, si les circonstances exigeaient que l'assemblée générale prochaine s'occupât de la question, tous ses membres auraient entre les mains des documents qui pourraient leur être d'un précieux concours.
Comme les conseils de l'ordre et comme moi, vous penserez sans doute, très illustre grand mattre, qu'il est utile d'informer les ateliers de ces diverses résolutions, et j'ai en conséquence la faveur de vous proposer de décider que la première communication sera portée à leur connaissance avec votre approbation .
Agréez, très cher et très illustre grand maître, l'assurance de mes sentiments fraternels et dévoués.
Le Président du conseil de tordre^ De Saint- Jean.
Vu et approuvé pour être expédié aux ateliers de Tobédience :
Le Grand Maître de F ordre ^ Melunet.
(27 janvier et 16 mars 1869)
Manifeste de Joseph Ricciardi, publié d'abord en italien (27 janvier) puis en français (15 mars). L'auteur invite les « libres penseurs » de toutes les nations à une grande assemblée qui se tiendra à Naples, le jour même de l'ouverture du Concile, dans le dessein'de fonder une « association humanitaire » vraiment active, ayant pour base le principe du « libre examen > opposé à la foi aveugle, fondement sur lequel repose le Catholicisme.
Post tenebras lux!
Une importance plus considérable que Ton ne croit généralement doit être attribuée, selon nous, au Concile œcuménique que Ton prépare à Rome pour le 8 décembre prochain. Nous croyons même qu'il pourrait en résulter quelque danger pour la grande cause de la civilisation, de la liberté et du pro-
grès, si leurs amis les plus ardents ne s'empressaient d'aviser. En eiïet, des masses profondément ignorantes, guidées par Timagination plutôt que par le jugement et que la caste sacerdotale domine entièrement surtout par l'empire qu'elle exerce sur la femme, ne pourront pas manquer d'être impressionnées vivement par la voix du grand prêtre de Rome, rendue encore plus puissante parla présence d'un millier d'Evêques accourus au Vatican de toutes parts, et qui, en rentrant dans leurs diocèses, s'efforceront d'y réaliser en tous points le programme arrêté à Rome, programme qui ne pourra être qu'hostile aux aspirations les plus nobles et aux intérêts les plus chers de Thumanité. Nous sommes confirmés dans ces craintes, en voyant la joie qui anime déjàle clergé et ses nombreux adhérents, armée immense, d'autant plus formidable qu'elle suit aveuglément les ordres d'un seul chef.
Or, quel autre moyen pourrions-nous employer contre ces nouveaux efforts de l'ancien et implacable ennemi de toute liberté, sinon une ligue aussi compacte, aussi vaste, aussi active que celle qu'il s'agit de combattre, à savoir la sainte ligue des libres penseurs de tous les peuples, opposant à la foi aveugle, sur laquelle le Catholicisme est fondé, le grand principe du libre examen et le grand fait d'une propagande sans entraves?
Mais où et quand devra se réunir cette ligue généreuse de l'esprit moderne contre la vieille barbarie?
Quant au lieu de la réunion, c'est Naples qu'il faut choisir, Naples qui n'est pas seulement la ville la plus rapprochée de Rome, la plus importante de la Péninsule, et la troisième de l'Europe, mais encore celle qui eut la gloire de s'opposer sans cesse aux prétentions et aux empiétements de la Cour de Rome, après avoir, dans les jours les plus sombres du moyen âge, et alors même qu'elle était une province de l'Espagne, repoussé constamment et énergiquement cet infâme tribunal de l'inquisition, que ses dominateurs subirent en silence pendant plus de trois siècles !
Quant à l'époque, on ne saurait mieux la fixer qu'au jour