‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 127 sur 536 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

Lettre très affectueuse du comte de Montalembert au P. Hyacinthe. Tout en reprochant à celui-ci sa faute inexcusable, il lui propose un moyen encore possible de la réparer*

La Roche-en-Breny, le 28 septembre 1869. Mon paavre cher ami^

Hait jours se sont écoulés depuis le coup terrible que vous m'avez ibfligé par la publication de votre lettre dans le Temps, et je n'en suis pas encore revenu. Pourquoi donc faut-il que j'aie été condamné à assister deux fois, dans une trop longue vie, et de si près, à des catastrophes comme celles de M. de Lamennais et la vôtre ? La sienne, du moios, s*est fait attendre trois ans, et pendant tout ce temps, j'ai fait tous les efforts que comportaient ma jeunesse et ma faiblesse pour détourner le coup. Mais vous, mon pauvre ami, vous m'avez foudroyé! Comment avez-vous pu mépriser à ce point mes conseils, mes avertissements, mes prières? Je vous ai aimé avec la tendresse d'an vieillard et d'un mourant pour le fils chéri de son &me Je vous ai prodigué toute la lumière que je puisais dans cette affection, dans les nombreuses et profondes sympathies qui aous unissaient, et aussi dans une longue et rude expérience des luttes d'ici-bas. Et vous avez pris cet affreux parti, que vous nous laissiez à peine entrevoir, non seulement sans me consulter, mais sans même daigner discuter avec moi les termes de ce congé injurieux et calomnieux que vous venez de signifier à l'Église et à vos frères, à vos amis les plus chers et les plus dévoués !

Vous avez méprisé bien plus encore que mon amitié, le grand exemple du P. Lacordaire, que je vous ai tant de fois cité, qui a rencontré, tout le long de sa vie, des croix bien autrement lourdes, des calices bien autrement amers que les vôtres, et dont le nom surgit dans toutes les mémoires et sur

LE CONCILE DU VATICAN, ivtes dans cet orage que vous venez de soulever si

aviez su vous borner aux cinq premiers alinéas de vous eussiez grandi de cent coudées aux yeux du en restant irréprochable devant tous ceux d'entre à veuleut rester catholiques. Mais dans tout ce qui it inexcusable.

ivez pas été persécuté, comme on le croirait, à vous le ce pharîsaïsme que vous avez mille fois raison de le dénoncer, personne n^a moins souffert que vous, vous a pas empêché d'acquérir avant quarante ans é et une renommée sans rivale dans l'Église de )s supérieurs religieux eux-mêmes vous avaient 'ici avec une indulgence singulière et vous avaient iberté à peu près complète. Ce qui a manqué préciilre gloire, ce sont les persécutions et les adversités et le cœur de Lacordaire ont pris leur ti'empe sur-

riez eu encore mille fois raison de signaler la guerre r l'école dominante à la société moderne et à la laine; mais nul chrétien ne comprendra que vous du responsable le Catholicisme tout entier, etqu'un eligieux, en parlant de la façon dont la religion est :temps comprise et pratiquée, n'ait pas trouvé un al mot de justice et de vérité au profit de ces merbarité, de chasteté, d'humilité et d'abnégation que ante chaque jour avec une fécondité sans pareille stoire.

appelez au Concile et vous ne l'attendez pas, alors >isà peine vous séparent de sa réunion. Mais d'avance icz, vous le déclarez suspect, et avec une iniquité par , vous lui imputez de n'être pas libre dans sa prépa- Qoment même où les Évêques d'Allemagne viennent ter à la fois leur souveraine indépendance et leur le u n'admettre aucun décret incompatible avec la et la science, avec la juste liberté des peuples et les

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