‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 126 sur 536 · LIVRE III,- DOCUMENT CCXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE III,- DOCUMENT CCXXVI

(26 septembre 1869}

Mgr Dupanloap, Ëvéque d*Orléans, conjure le P. Hyacinthe de « s*arrôter sur Ja pente » où 8a faute Ta engagé et « qui conduit à des abîmes que To^iJ troublé de son âme n*a pas vus. »

Orléans, le 25 septembre.

Mon cher confrère,

Aussitôt que de Paris on m'eut appris ce que vous étiez sur le point de faire, j'ai essayé, vous le savez, de vous épargner atout prix ce qui' devait être pour vous une si grande faute et un si grand malheur, en même temps qu'une profonde tristesse pour l'Église : j'ai fait partir à l'heure même, et do nuit, votre ancien condisciple et votre ami pour vous arrêter, s'il était possible. Mais il était trop tard; le scandale était consommé, etdës maintenant vous pouvez mesurer, à la douleur de tous les amis de l'Eglise et ^ la joie de tous ses ennemis, le mal que vous avez fait.

Aujourd'hui je ne puis plus que prier Dieu et vous conjurer vous-même de vous arrêter sur la pente où vous êtes, et qui conduit à des abîmes que Tœil troublé de votre âme n'a pas vus.

Vous avez souffert, je le sais ; mais, laissez-moi vous le dire, le P. Lacordaire et le P. de Ravignan, je le sais aussi, ont souffert plus que vous, et ils se sont élevés plus haut dans la patience et la force par l'amour de l'Église et de Jésus-Christ.

Comment n'avez-vous pas senti quelle injure vous faisiez h l'Eglise votre mère, par ces prévoyances accusatrices? Et quelle injure à Jésus-Christ, en vous plaçant comme vous le faites, seul en face de lui, au mépris de son Église !

Mais je veux espérer et j'espère : ce ne sera qu'un égarement passager.

Revenez parmi nous : après avoir donné au monde calholY. 12

Hque cette douleur, donnez-lui une grande consolation et nn grand exemple. AJlez vous jeter aux pieds du Saint-Père. Ses bras vous seront ouverts, et, en vous pressant sur son cœur paternel, il vous rendra la paix de votre conscience et l'honneur de votre vie.

Recevez de celui qui fut votre Évèque, et qui ne cessera jamais d'aimer votre âme, ce témoignage et ces conseils d'une véritable et religieuse affection.

f Félix, Évégue ^Orléans.

(26 septembre 1860)

Monseigneur,

Je suis très louché du sentiment qui vous a dicté la lettre que vous me faites l'honneur de m' écrire, et je suis très reconnaissant des prières que vous voulez bien faire pour moi ; mais je ne peux accepter ni les reproches ni les conseils que vous m'adressez.

Ce que vous appelez une grande faute commise, je l'appelle un grand devoir accompli.

Veuillez agréer, Monseigneur, l'hommage des sentiments respectueux avec lesquels je demeure, en Jésus-Christ et eu son Église,

Votre très humble et obéissant serviteur, Frère HTAcurraE.

Paris, le 26 septembre 1869.

Page 1