‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 146 sur 536 · IV. U · texte numérisé non relu

IV. U

2i0 LE CONCILE DU VATICAN.

de l'esclavage et d'une législation inégale a disparu ; T Angleterre d'aujourd'hui a émancipé les hommes des pénalités religieuses, elle a aboli Tesclavage et donné des lois égales aux populations de ses royaumes.

Cette nouvelle Angleterre de nos jours, en dépit de toutes ses maladies (et elles sont graves et menaçantes, héritage des péchés de nos ancêtres), est néanmoins juste, équitable, miséricordieuse et généreuse. La bienveillance se montre là .où régnait autrefois le mauvais vouloir, et il s'est produit une réaction en faveur de ceux que l'on avait lésés et faussement accusés. On en voit partout la preuve dans la vie privée et publique; et cette réaction aura dorénavant des résultats que le plus confiant n'oserait prévoir aujourd'hui. On peut trouver peut-être çà et là quelques esprits à demi instruits ou quelques personnes intéressées et violentes qui maintiennent encore l'ancienne barrière contre le Catholicisme. Mais le peuple anglais ne nous regarde plus, vous et moi, comme des idolâtres. Il y a vingt ans, il en était ainsi. Mais la lumière du jour et le bon sens du peuple anglais ont détruit cette superstition. Il sait que nous croyons à plusieurs mystères d'un ordre surnaturel, mais il fait lui-même profession de croire à des mystères surnaturels. Il ne peut nous appeler superstitieux ou crédules sans accepter lui-même cette qualification. Il commence aussi à voir que Tordre surnaturel a besoin d'un fondement plus solide et plus stable que celui qu'il trouve au milieu d'un si grand nomibre de contradictions ; il se voit, à la fin, obligé dans son argumentation de s'appuyer sur le témoignage de la chrétienté.

Mais en faveur de qui la chrétienté se porte-t-elle témoin? Si le Christianisme et les Écritures chrétiennes doivent être défendus contre la critique du scepticisme, le témoignage inflexible et répandu dans le monde entier de l'Église catholique doit être invoqué. La conscience de cette dépendance a une douce influence sur l'esprit de ceux qui regardent le Christianisme comme une révélation divine et les livres de l'Écriture comme inspirés. Et c'est avec joie que je me rends garant que le peuple ansflais est tout pénétré d'une pieuse croyance à ces

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deux vérités divines. En disant cela, je n'oublie pas le matérialisme, rignorance, Tindillérence, Tathéisme pratique de millions d'êtres. Néanmoins, la tradition chrétienne de l'Angleterre survit encore, bien que gravement mutilée et privée de son autorité divine.

Il y a, dans la communion anglicane et parmi les non-conformistes, des millions d'âmes qui croient en Jésus-Christ, en sa personne et en sa rédemption, avec une foi aimante et bi«n sentie; et leur foi porte de nobles fruits. Plusieurs de leurs erreurs viennent d'un sentiment de zèle pour ces mêmes vérités. C'est un coup de maître de l'ennemi de la vérité de leur avoir fait rejeter les paroles de Jésus-Christ et sa volonté par zèle pour sa personne et son œuvre. De même que ceux qui, en tuant ses disciples, croyaient accomplir un devoir envers Dieu, ils rejettent l'unilé et l'autorité de son Église, ainsi que les sacrements ordonnés par lui et les doctrines tombées de ses lèvres en croyant qu'ils honorent par là sa personne et sa vérité. Mais on a, à la fin, reconuu cette illusion due à Tesprildu mal. Les esprits sensés et justes reconnaissent aujourd'hui que toutes les vérités dont ils étaient si jaloux sont menacées et même perdues pour beaucoup de monde. Mais ils ne peuvent nier que dans l'Église catholique, non seulement ces vérités ne sont ni menacées ni perdues, mais encore qu'elles sont enseignées dans toute leur plénitude et leur précision. La mission et l'œuvre de l'Église catholique en Angleterre sont celles de saint Paul à Corinthe. Au milieu d'un peuple tout à fait civilisé, intelligent, d'un luxe raffiné, philosophe et aimant la discussion, il prêchait Jésus- Christ et Jésus-Christ crucifié. Des personnes lui demandaient des signes visibles, d'autres la sagesse : ceux-ci étaient incrédules, ceux-là critiquaient; tous voulaient une instruction éloquente et logique : quaut à lui, il prêchait, affirmait, réaffirmait comme ayant autorité et soutenu par la conscience d'une mission et d'un mandat divins. Le peuple s'irritait du sujet et de la manière dont il était présenté, mais bien davantage contre la manière d'enseigner, qui n'était qu'une perpétuelle affirmation. Ils ne voyaient pas que son autorité divine faisait partie de sa

missioQ, et que la certitude divine de ce qu^il easeignait était le fondement de celte autorité, que leur « foi devait s'appuyer non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu ».

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