‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 155 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCXXXIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCXXXIII

d'autant mieux que le nouveau dogme exciterait et augmenterait chez un grand nombre les préjugés contre TÉglise catholique et spécialement contre le Pontife romain, et par là leur rendrait plus difficile de comprendre et d'embrasser la foi, en leur laissant soupçonner que la doctrine de Tinfaillibilité du Pape est une nouveauté inconnue dans les siècles primitifs.

YII. Que cette question, au sujet de laquelle il n'est pas certain qu'il y ait nécessité de la définir, pourrait peut-être soulever des divergences parmi les Évoques, qui n'ont aujourd'hui qu'un esprit et qu'un cœur dans leur vénération et leur obéissance pour le Saint-Siège ; résultat qui serait fort désastreux.

YIII. Qu'il n'est pas impossible que la définition de l'Infaillibilité du Pape puisse causer des doutes, ou, ce qui est pire^ des dissensions parmi les catholiques, qui d'ailleurs sont en bonnes dispositions, soumis en toute perfection, de bonne volonté et par conviction, à l'autorité de l'Église ; et cela parce que certains faits et documents historiques ne sont pas encore expliqués, de sorte qu'en plusieurs pays les esprits ne sont pas encore préparés à une définition semblable.

IX. Qu'un nouveau décret de ce genre ne serait pas un remède à l'obstination de quelques personnes qui rejettent les décisions du Pontife suprême et en appellent au Concile général, comme le seul juge des controverses ; d'autant plus que leurs aberrations ne viennent pas d'une erreur de l'intelligence, mais de la perversion de la volonté. L'infaillible autorité de Dieu tont-puissant n'empêche pas les hommes de repousser la vérité qu'il a enseignée et de suivre leurs propres erreurs. Us ont Moïse et les Prophètes, qu'ils les écoutent ; s'ils ne les écoutent pas, ils ne croiraient pas même au témoignage d'un mort ressuscité. Il y a aussi une différence entre la définition de l'infaillibilité du Pape et celle de toute autre doctrine chrétienne. Dans ce dernier cas, l'autorité de l'Église peut être suffisante pour écarter tout doute. Dans le premier, c'est cette même autorité, le principe et la fontaine de toute certitude dans la foi, qui est en question.

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