LIVRE m, DOCUMENT CCXXXIII
certainement. Premièrement il mettra plus visiblement que jamais en lumière la seule alteroative présentée à l'intelligence humaine, savoir : le rationalisme ou la foi ; et ensuite il montrera aux pouvoirs civils du monde chrétien l'inévitable avenir qu'ils se préparent maintenant à eux-mêmes.
Quant au premier point, il sera plus que jamais manifesté que la base sur laquelle il a plu k Dieu que l'édifice de la Révélation reposât en ce monde, c'est, dans l'ordre naturel, le témoignage de l'Ëglise catholique, laquelle, si on la considère seulement comme un témoignage historique, procure la plus haute et la plus certaine évidence pour le fait et pour les objets de la révélation chrétienne. Ceux qui nient la suffisance de ce témoignage humain et historique ruinent la base du Christianisme; cens qui, sous prétexte de criticisme historique, nient que le témoignage de l'Église catholique soit le maximum de l'évidence, même historiquement parlant, ruinent également le fondement de la cerlîlude morale par rapport à tout l'ensemble du Christianisme . Si le témoignage historique de l'Église catholique pour la stabilité de la foi dans le Siège et dans le successeur de saint Pierre n'est pas suffisant pour établir, comme un fait historique, que l'Église chrétienne a ainsi cru et enseigné, l'histoire est dès lors un pauvre et peu solide fondement pour les événements et les actions du passé. Les prétentions du criticisme historique contemporain ont abouti et aboutiront à sous-miner la paix, la sécurité et même la foi de plusieurs. Mais « la cité assise sur un mont » est toujours là élevée et hors d'atteinte. On ne saurait la cacher et elle est h elle-même son propre témoignage antérieur à son histoire et . indépendant de cette histoire. Son histoire doit être apprise d'elle-même.
L'Église catholique est non seulement un témoin humain et historique de son origine, de sa constitution et de son autorité; elle est aussi un témoin surnaturel et divin qui ne peut oi faillir ni errer. Dans l'ordre des témoignages humains, c'est un motif suffisant pour convaincre un homme prudeut que le Christianisme est une révélation divine. Ce motif de crédulité
est suffisant pour l'acte de foi envers TËglise comme témoin divin. Dans Tordre surnaturel, TÉglise est par là reconnue pour être divine dans sa fondation, dans sa constitution et dans ses prérogatives. Le même témoignage qui prouve que le Christianisme est une révélation divine prouve que TÉglise catholique est une partie de la foi du Christianisme, et qu'elle est pareillement le moyen d'incorporation, le canal de la vérité et de la grâce pour le monde. Le même témoignage qui prouve que l'Église catholique est divinement fondée prouve aussi qu'elleest infaillible, et le même témoignage qui prouve que VÉglise est infaillible prouve aussi Tinfaillibilité du Siège et du successeur de saint Pierre. J'ai déjà dit que le témoignage en faveurde l'infaillibilité du Siège et du successeur de saint Pierre surpasse en clarté et en étendue le témoignage en faveur de Tinfaillibilité de l'Église, considérée sans rapport avec son Chef et son centre. Mais ce cumulus de témoignages prouve que l'Église et son Chef sont un témoin à la portée de la vue et de l'ouïe, soutenu et guidé par une assistance divine, pour déclarer au inonde la révélation de Jésus-Christ. Ce n'est donc pas par les recherches du criticisme sur l'histoire du passé, mais par des actes de foi à la voix vivante de l'Église présentement, que nous pouvons conuaître la foi. Ce n'est pas par le criticisme faillible de l'esprit humain, exercé sur les écrits douteux ou même authentiques d'écrivains non inspirés, mais par la foi au divin ordre du monde chrétien, que Dieu veut que nous apprenions les doctrines de la Révélation. A moins que le criticisme historique nous conduise en présence d'un témoin divin et nous abandonne à son enseignement, nos plus hautes certitudes ne sont que purement humaines. Aucune certitude historique ne peut. être appelée science, si ce n'est par courtoisie. Même la théologie qui peut être ramenée à des principes d'absolue certitude par le moyen de la foi n'est pas proprement une science* . 11 est grand temps que Je^ prétentions de « la science historique » et des *< historiens scientifiques » soient réduites à leur propre sphère et à leurs limites.
{. Greg. de Vaj.ent., t. I, d. 1, 2, 1, p. m, p. 22. Ingold., 1592.