PSALM. LXXXVIII
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raison contre tous; or, je vous demaDde de me citer un seul vrai catholique que vous n'ayez pas coDsterué. Notez bien que je ne parle pas de ceux que vous avez indignés, révoltés, elc... Je n'ai en vue que ceux qui vous aimaient, qui comptaient sur vous. J'admets volontiers que vous ayez le droit de dédaigner certains éloges comme certaines injures. Mais ce que vous ne devez ni ne pouvez dédaigner, ce sont les larmes et les gémissements de ceux qui vous aimaient et vous admiraient, qui partageaient toutes vos souffrances, toutes vos convictions, toutes vos aspirations. Adieu; je suis bien souffrant aujourd'hui et c'est par un violent effort sur moi-même que je vous adresse ces lignes.
Toujours votre ami sinci^re, dévoué et affligé, mais fidèle,
Cu. DE MOSTALEMBERT.
(23 octobre 1869)
l.c Monde annonce que le P. lljncinlhc osl iJé|>os£ de toutes les charges qu'il avait dans l'ordre. Il est déclare aUcînl, par son apostasie, cl sous le coup d« l'excommunication majeure, ainsi que de toutes les autres censures et peiae* ecclésiastiques Édictées contre les apostats.
Le terme fixé, par le R. P. Préposé général des cannes déchaussés, au P. Hyacinthe de l'Immaculée-Conception, défïniteur provincial et supérieur de la maison de Paris, pour qu'il rentrât dans ledit couvent étant expiré; vu les pièces et les témoignages authentiques constatant que ledit P. Hyacinthe n'est pas encore rentré dans ce couvent, l'autorité supérieure de l'ordre, par décret en date du 18 octobre 1869, a déposé le P. Hyacinthe de l'Immaculée-Conception de toutes les charges qu'il avait dans l'ordre, le déclarant d'ailleurs atteint, par son apostasie, et sous lecoup de V excommunication mnjetire, ainsi que de toules les autres censures et peines ecclésiastiques édictées par le droit commun et par les constitutions de l'ordre conire les a
signale aussi plusieurs défauts.
Montauban, le 3 octobre 1869.
Monsieur le Rédacteur,
Mgr l'Évéque de Sura vient de composer et de publier un ouvrage assez volumineux sur lo Concile général et la Paix religieuse. Nul assurément n'a le droit d'en être surpris, ni de lui faire pour ce fait même la moindre observation. Il est revêtu du caractère épîscopal; il a étudié beaucoup la théologie; il est doyen de la faculté de théologie de Paris, et quoique cette faculté ne jouisse pas de la consécration pontificale, comme en avait joui pendant des siècles la célèbre école de Paris, comme en jouissent encore les écoles du même genre qui existent en d'autres contrées ; quoiqu'elle ne soit qu'une école diocésaine consacrée seulement par l'autorité de l'ordinaire, cela n'ôte rien à la valeur propre et intrinsèque de son ouvrage. Aussi, en temps ordinaire, cet écrit eût-il paru sans attirer l'attention autrement ou plus que beaucoup d'autres. On l'aurait lu, sans doute, ne fAt-ce qu'à cause de la réputation de l'auteur; mais on l'aurait lu avec inBniment moins de prévention qu'on ne le lira aujourd'hui. Je me sers de ce mot, tout en reconnaissant que de soi la prévention peut empêcher de bien voir et que l'auteiur pourrait se servir de cet aveu contre ceux qui n'adopteront pas ses doctrines et ses vues.
Mais cette prévention, l'auteur l'a prévue et même il l'éveille, il la provoque par sa manière de procéder. D'avance il cherche, sinon à la détruire tout & fait, au moins à l'afTaiblir en mettant son écrit sous la sauvegarde du devoir et du droit épiscopal.
Et d'abord, en lisaat avec attenlîon la letlre qu'il a adressée aux Ëvêques en leur envoyant son ouvrage, et qu'il a fait même publier dans les journaux, on voit, on sent que Mgr de Sura n'est pas bien sûr du terrain sur lequel il s'engage, qu'il craint et prévoit des objections et des résistances. C'est évidemment pour cela qu'il se retranche d'avance dans son devoir, dans son droit, comme si le devoir et le droit d'un auteur le mettaient à l'abri de l'erreur et de la critique, comme s'il suffisait, pour faire justice des oppositions et des critiques, de pouvoir dire : J'avais le droit et le devoir do composer et de publier mon livre. Mgr de Sura est donc visiblement inquiet sur l'accueil qui sera fait à son travail, ou plutôt il sent qu'il excitera de vives oppositions. Il craint non sans raison de ne pas réussir auprès de ses collègues et du Concile, et pour réussir néanmoins il a recours à des procédés qui, si je ne me trompe, auront un résultat tout opposé à celui qu'il désire.
Le premier, c'est de faire présenter l'ouvrage au Saint-Pèra par l'ambassadeur de France. C'est évidemment se donner à lui-même et à son ouvrage une importance plus qu'ordinaire. Tous les jours les Ëvèques adressent directement au Souveraia Pontife les lettres qu'ils lui écrivent, ou les lui font parvenir par l'intermédiaire du Nonce apostolique, et jamais Sa Sainteté n'omet de leur répondre, avec sa propre signature, quand la chose le demande. Je n'accuse pas, je n'affirme pas, mais je pose en fait que l'opinion publique consentira difficilement à ne pas supposer ou que le gouvernement protège l'œuvre de Mgr de Sura, ou du moins que Mgr de Sura ne serait pas fâché qu'il en fût ainsi. Elle y soupçonnera une alTaire semi-poliliqtie et semi-religieuse ; elle craindra que le gouvernement ne soit ici de compte à demi avec le Prélat ; et par suite, le gouvernement lui-même sera doublement compromis, sans profit pour Mgr de Sura.
Il sera, il se trouve déjà compromis en ce que, ayant plusieurs fois déclaré par la voie des journaux officieux qu'il enteiidait laisser au Concile une pleine et entière liberté de délibérer, de définir ce qu'il jugerait convenable, à la grande