LIVRE III, DOCUMENT GGXLVIII
Messieurs, nous sont suggérées par Tapparition récente d'un manifeste qui est comme le dernier mot du gallicanisme expirant sous la réprobation de douze Papes qui Tont repoussé par les formules les plus énergiques, sans toutefois y attacher la note formelle d*hérésie, ce qui fait que la bonne foi seule peut excuser ceux qui y adhèrent encore de nos jours. Nous regrettons vivement que ce livre, intitulé : Du Concile général et de la Paix religieusej soit sorti de la plume d'un Évèque qui s'est trop souvenu qu'il était doyen de la faculté non canonique de la Sorbonne, au point de confondre l'époque présente avec le temps passé. Cet anachronisme a réjoui le ban et rarrière-ban des ennemis de l'Église et de la Papauté, des gros bonnets et des petits crevés de la libre pensée, qui sont en même temps les ennemis de l'ordre social. Us ont exalté Mgr l'Evèque de Sura in partibus infidelium^ comme s'ils étaient des ouailles de son diocèse. Ils l'ont proclamé le plus docte de ses confrères. Ils ont déclaré que son livre faisait craquer le vieil édifice de la Papauté, et peut s'en faut qu'ils ne lui aient attribué l'infaillibilité que cet auteur conteste au Souverain Pontife. Enfin, ils ont décidé que ses adversaires ne sont que de fougueux ultramontains.
Ces extravagances puériles sont un fâcheux symptôme ; car, quand on veut apprécier la valeur d'un homme ou d'une chose, il faut par-dessus tout, savoir de quel côté vient l'éloge ou le blâme.
Il serait injuste de contester à l'écrivain dont nous parlons, le talent, l'habileté, et des formes obséquieuses envers le Chef de l'Église. Mais le fond de ses doctrines est l'abaissement de la Papauté au profit du Concile œcuménique, quoiqu'il n'y ait jamais eu et qu'il ne doive jamais y avoir de Concile œcuménique sans la Papauté, à qui seule il appartient de le convoquer, de le présider, de le proroger, de le dissoudre et de l'approuver.
En écrivant un jour à Louis XYI, le célèbre Manuel lui dit : Sire, je n'aime pas les roisi Que Mgr Maret nous le pardonne, mais en le voyant, son livre à la main, en faire hom*"
mage à Sa Sainteté, il nous semble Tentendre dire : Très Saint Père, je 71' aime pas les Papes!
Pour vous y Messieurs et chers coopérateurs, vous aimez les Papes, parce que vous aimez Jésus-Christ, dont ils sont les YicaireS; parce que vous aimez la sainte Église, dont ils sont la tête, parce que vous aimez l'humanité, dont ils sont les sanctificateurs et les civilisateurs. Vous aimez surtout Pie IX, qui représente si bien Pidéal de Dieu sur la terre. Demeurez donc fermes et stables dans votre foi et votre amour, en secondant de toutes vos forces Tceuvre de Dieu par la parole et par les bonnes œuvres.
En publiant son ouvrage, Mgr de Sura a déclaré qu'il accomplissait un devoir. Est-ce comme Évêque ou comme doyen de la Sorbonne? Lui seul pourrait nous le dire. Au même moment Tex-përe Hyacinthe, devenu apostat, a fait la même déclaration. C'est donc une formule mise à l'ordre du jour. Nous nous en emparons, et nous aussi nous remplissons un devoir en repoussant le syslème du Prélat comme contraire à l'Écriture y à la tradition vivante de l'Église, aux décisions des Conciles et des Papes, comme sentant l'hérésie deWicleff et conduisant au schisme, selon les errements du conciliabule de Bàle.
Quant à la réfutation détaillée de cette triste production, le temps nous manque pour nous y livrer, et nous en laissons le soin à la presse catholique, qui s'en acquitte avec un plein succès.
En nous rangeant du côté des ultramontains fougueux, depuis saint Irénée, saint Jérôme, saint Augustin, saint Ambroise, saint Thomas d'Aquin, Bellarmin et toutes les écoles catholiques, jusque et y compris Fénelon, nous croyons être dans la vérité, sans même qu'il soit besoin d'une décision du Concile pour fixer notre croyance *.
1. Le Concile œcuménique de Florence, en 4439, s^exprime ainsi : « Diffinimus... ipsum Pontificem Romanum successorem esse beati Pétri Principis Apostolorum et verum Christi Vicarium, ioiiusque Ecclesiœ caput et omnium chrisiianorum Patrem ac Doctorem existere, et ipsi in beato Petro pascendi, rcgendi ac gubernandi universalem Ecclesiam a Domino nostro Jesu Cbristo plenam potestatem iraditam esse, > Cette définition ii*a