LIVRE III, DOCUMENT GCL
(14 novembre 1869)
L'Evéque de Rodez, dans une lettre au directeur de VUnivers^ dit que la réfutation complète du livre de Mgr Maret ne peut être faite dans une lettre circulaire. — A quoi sert-il de condamner les erreurs quand on admet le principe d'où elles découlent? Il conclut que le livre de Mgr de Sura, loin de contribuer à la paix religieuse, est un nouveau brandon de discorde.
Marseille, 14 novembre 1869.
Monsieur le Rédacteur,
Votre numéro d'hier, contenant une lettre de Mgr Maret à mon adresse, est venu me joindre ici, où je suis de passage, et je crois devoir disposer d*un moment libre pour y faire une courte réponse.
1^ Ce vénérable Prélat dit, qu'en repoussant son système gallico-parlementaire comme contraire à rÉcritvre^ à la tradition vivante de l'Église, aux décisions des Conciles et des Papes^ je n'ai pas prouvé ces inculpations.
Tout le monde comprend que je ne me suis pas proposé d'exposer les détails de cette grande thèse. Ce n'était pas une circulaire qu'il eût fallu faire pour cela, c'était un livre, ou du moins une brochure considérable, comme celle, par exemple, de Mgr l'Archevêque de Malines ou celle de Mgr Plantier, Évèque de Nîmes. J'ai donc voulu seulement exprimer mon appréciation, en indiquant les chefs de preuves qui la justifient. Le clergé auquel je m'adressais en connaît très bien les détails, et j'aurais fait un travail inutile en les lui exposant. Du reste, quand j'ai dit : « En nous rangeant du côté des ultramontains fougueux, depuis saint Irénée, etc. », j'ai indiqué une partie des sources où chacun peut puiser la conviction de l'infailli^ bilité pontificale, et j'ai ajouté que je laissais à la presse catholique le soin de réfuter le livre contre lequel je me prononçais. Deux gros volumes comme ceux de Mgr Maret ne s'improvisent pas, surtout quand on a un diocèse à gouverner.
lier et de délier les cooscieaces. L'un et l'autre oat été conférés divinement à l'Église pour la conservation du dépôt de la vérité révélée et pour la sanctiUcation des ftmes. Si donc le péché du ministre de Dieu peut l'anéantir dans un cas, il peut l'anéantir dans tons; le péché est plus fort que la gr&ce d'état, et le mystère de la Rédemption est anéanti.
Aussi, on a fait observer très justement à l'écrivain auquel je réponds, que son argument contre rinfaillibilité personnelle du Pape se retourne contre l'infaillibilité collective du Concile, et que, sous prétexte de donner une base plus solide à ce haut privilège en le faisant remonter des Evéques au Pape, il détruit en réalité cette base, et donne gain de cause à l'hérésie de Wicleff, qui fut le maître de Jean Huss et le prédécesseur de Luther. Tout se tient et s'ench^oe dans la logique du mal comme dans celle du bien, et quand on s'appuie sur le principe d'une erreur, c'est en vain qu'on s'efforce de la réFuter.
3° Je puis faire la même réponse à Mgr Marel, lorsqu'il dit que personne n'a flétri avec plus d'énergie qu'il ne L'a fait le schisme de B&le. Qu'a-t-il fait, en eiïel, ce Concile, ou, pour mieux dire, ce conciliabule auquel l'école gallicane a voué tant de sympathie? Il a fait l'application de la théorie d'après laquelle un Concile qui se dit œcuménique peut déposer le Pape et en élire un autre, dès que la majorité se prononce contre le Pontife sur un point de doctrine. Or, qui no voit que cette théorie, applicable chaque dix ans, comme le veut Mgr de Sura, est la subversion même de l'Église, et qu'elle n'est [iroprc qu'à nous