‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 265 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CGLXIL · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CGLXIL

Tel est Fesprit catholique, telles sont les pensées que les Ëvèques portent à Rome : lieu illustre et élevé, où les âmes s^élèvent encore. Oui, sur ces saintes hauteurs, un esprit plus large s'empare de Thomme et du prêtre, -de plus vastes horizons s'ouvrent devant lui.

Dans le même récit du voyage de saint Paul, il est dit que ce vaillant cœur, en approchant de Rome, se sentait tout remué et partagé entre mille sentiments confus ; mais des frèreç sortirent de Rome, ils allèrent à sa rencontre sur la voie Appienne, au delà de la tombe des Scipions, et il prit une confiance nouvelle*.

Gomme saint Paul, chacun de nous, à la rencontre de ses frères, sur la route de Rome, se sentira aussi rassuré, fortifié, consolé, porté plus haut. L'air que l'on respire à Saint-Pierre est plus large et plus pur : largior œther ! il semble tomber de ces hauteurs oti nous voyons le Père céleste. Là, dans ce centre de l*unité et de la catholicité, tout est fait un et universel. Là on se sent citoyen du monde, en môme temps que citoyen de la vie future. Et déjà quelque chose de l'éternité passe dans mes pensées. J'oublie les choses de l'heure qui s'envole, pour ne plus songer qu'aux devoirs supérieurs de mon ministère. Mes yeux se détournent de tout autre intérêt, et ils se fixent sur le ciel, sur l'avenir de la race humaine, sur cette sainte Église militante dont je suis le prêtre, et sur cette sainte Église triomphante, où je voudrais pouvoir porter avec moi, dans mes bras et sur mon cœur, tout ceux que j'ai connus, aimés, tous mes frères.

Croyez-febien, mes très chers frères, les Évêques laisseront et déposeront, au moment de franchir le seuil du Vatican, toutes les divergences éphémères. Nul n'a jamais regardé le Concile comme un champ de bataille, ou comme une assemblée oratoire, un congrès, un tribunal humain I Les hommes qui se plaisent dans ces pauvres pensées n'ont jamais contemplé ton armée pacifique, 6 Israël ! Us n'ont jamais habité sous tes tentes.

i. AcT., xxvi : c Accepit fiduciam. »

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