CCLXVIII
(20 novembre 1869)
Citations de VUnivert pour montrer l'origine des controverses actuelles entre catholiques, et fixer la question des votes par « acclamation » au Concile.
Dans la lettre pastorale de Mgr l'Évêque d'Orléans, nos lecteurs ont remarqué un texte de Mgr TÉvêque de Poitiers, dont le sens s'y trouve assez détourné. Ce texte est tiré de l'homélie que l'illustre Prélat a prononcée devant le clergé de sa ville épiscopale pour combattre et, à vrai dire, pour condamner l'ouvrage de Mgr Maret, dont la lettre pastorale reprend et reproduit l'argumentation sur le même point.
Cet épisode nous rappelle d'autres paroles de Mgr l'Évèque de Poitiers, qui prennent aujourd'hui une importance historique. Bu 48§3, après le premier congères catholique de M^liues,
OÙ les idées des catholiques libéraux s'étaient découvertes, non sans éclat, Mgr TÉvêque de Poitiers publia sa grande Instniction syîiodale sur les principales erreurs du temps. On se souvient de l'effet que produisit ce magistral discours. L'éminent Prélat, faisant allusion aux doctrines des catholiques libéraux, avertissait doucement ceux-ci de prendre garde. 11 les conjurait de ne point troubler la paix, et leur annonçait que TEglise ne les laisserait pas entamer le dépôt de la vérité. Nous reproduisons cet avertissement, sur lequel, depuis, tant de lumière est tombée.
« En effets tandis que la presse impie et rationaliste proclame la sécularisation désormais absolue des lois, de Téducation, du régime administratif, des relations internationales et de toute l'économie sociale, comme étant le fait et le principe dominant de la société nouvelle, de cette société émancipée de Dieu, du Christ et de l'Église, nous avons vu surgir, sous l'empire de préoccupations honnêtes et estimables, des adeptes inattendus de ce système nouveau.
ce Des chrétiens ont paru penser que les nations n'étaient pas tenues, au même titre que les particuliers, de s'assimiler et de professer les principes de la vérité chrétienne ; que des peuples incorporés à l'Église depuis le jour de leur naissance pouvaient légitimement, après une profession douze ou quatorze fois séculaire du Christianisme, abdiquer le baptême national, éliminer de leur sein tout élément surnaturel, et, par une déclaration solennelle et retentissante, se replacer dans les conditions de ce qu'ils croient être le droit naturel; enfin que la génération héritière de celle qui aurait accompli, en tout ou en partie, cette œuvre de déchristianisation légale et sociale, pouvait et devait l'accepter, non pas seulement comme une nécessité, mais comme un progrès des temps nouveaux, que. dis-je, comme un bienfait même du Christianisme, lequel, après avoir conduitles peuples à un certain degré de civilisation, devait se prêter volontiers à l'acte de leur émancipation, et s'effacer doucement de leurs institutions et de leurs lois, comme la nourrice s'éloigne de la maison quand le nourrisson a grandi.