LIVRE IH, DOCUMENT GCLXVIII
c< Couséquemment à cela, ils ont déclaré que le droit essentiel du Christianisme. ne s'étendait point au delà d'une part relative dans la liberté commune et dans Tégale protection due à toutes les doctrines. Ils ont été jusqu'à demander à l'Église de descendre dans les replis de sa conscience, d'examiner si elle avait été assez juste par le passé envers la liberté, et, dans tous les cas, de comprendre que, puisqu'elle s'accommodait aujourd'hui de la facilité laissée à ses défenseurs, elle ne pouvait, sans ingratitude et déloyauté, refuser de sanctionner à l'avenir, partout et toujours, ce système de libéralisme à la faveur duquel on pouvait encore plaider sa cause à l'heure présente.
« Il est vrai, Messieurs et chers coopérateurs, toutes ces assertions et ces opinions, jetées dans le courant delà publicité quotidienne par des hommes ardents et généreux, aux yeux desquels le présent est tout, ne doivent pas être regardées de trop près, ni discutées trop rigoureusement. Issues des accidents mobiles d'une situation temporaire, elles ressembleront beaucoup à ces feuilles qui couvrent un matin la surface du fleuve, et qui s'écoulent avec ses eaux pour ne plus reparaître. D'ailleurs, plusieurs des propositions que je viens de rapporter ont été déjà, les unes rétractées, les autres atténuées et modifiées par leurs auteurs; d'honorables écrivains de la même école, après avoir désavoué certaines expressions, expliqué certaines maximes, ont déclaré que le reste n'avait réellement pas fait partie du programme. Certes, ce n'est pas nous qui chercherons à faire naître les diversions en face de l'ennemi, ni à entretenir les divisions dans le camp chrétien, à l'heure où la réunion de toutes les forces en un seul faisceau serait si désirable.
«Si des erreurs que nous considérons comme très injurieuses envers Dieu, envers Jésus-Christ et envers l'Église, et en même temps comme destructives de tout ordre chrétien , par conséquent, de toute société régulière et de toute vraie liberté, venaient à se prévaloir des sages temporisations de l'Église, celle-ci, obéissant à une nécessité longtemps éludée par elle, et opiniâtrement
créée par ceux-là mêmes qui lui reprocheraient davantage Tînopportunité de son intervention, se verrait forcée d'élever la voix. Elle n'aurait, du reste, qu'à invoquer sa doctrine séculaire, sa pratique invariable, ses protestations et ses réserves renouvelées dans plusieurs circonstances mémorables, les décisions multipliées et les condamnations expresses de ses Pontifes jusqu'à nos jours, l'autorité convaincante de l'histoire, l'exemple de tous les pays et de tous les temps, les leçons éloquentes des événements modernes, les intérêts sacrés de l'avenir, enfin la logique du bon sens et de la raison, même naturelle.
« Espérons que cette fâcheuse nécessité lui sera épargnée. Bien qu'à l'heure où je parle, les échos nous apportent d'au delà de la frontière, des paroles rendues peut-être infidèlement, que ni ma soumission privée aux enseignements de rËglise, ni mon devoir d'état et l'honneur que j'ai de siéger parmi les défenseurs des vérités et des traditions catholiques, ni la saine appréciation des maux du présent et des remèdes nécessaires qu'y doit apporter l'avenir, ne me permettraient de ratifier, j'ose dire néanmoins que, malgré des apparences contraires, ces doctrines sont désormais assez contestées, même dans l'esprit de leurs adhérents, pour ne plus nous alarmer au delà d'un certain degré. »
Après cette citation, qui rétablit la vérité historique sur l'origine de la lutte, et qui montre de quel côté l'agression est venue, nous redresserons un autre fait, qui n'est pas bien présenté dans la lettre pastorale.
On lit, § Yll : « Les journalistes qui semblent vouloir enjoindre au Concile de définir l'infaillibilité du Pape et de la définir par acclamation, se doutent-ils, » etc.
Nous croyons que Ton trouverait difficilement un journaliste laïque qui ait même semblé vouloir enjoindre au Concile de définir l'infaillibilité et de la définir par acclamation. Ces expressions animées ne sont justifiées par aucun article dont nous ayons souvenir, et si la lettre pastorale prétend désigner VUjiiverSy c'est une erreur. h'Uniuers n'a rien demandé de tel. L'eût-il fait, ce serait peut-être accorder beaucoup d'importance