‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 320 sur 536 · LIVRE IH, DOCUMENT GGLXXV · texte numérisé non relu

LIVRE IH, DOCUMENT GGLXXV

d'elle, qu'imiter l'exemple du divin Maître, qui a dit à ses Apôtres : J'ai bien d'autres choses à vous apprendre, mais vous ne pouvez pas aujourd'hui les porter! Adhuc habeo multa vobis dicere, sed non potestis portare modo. »

La seconde de ces assertions, je vous le dirai en toute simplicité, Monseigneur, a blessé en moi les justes susceptibilités de mon respect pour une Église que les Papes ont souvent comblée d'éloges, et qui ne le cède à aucune autre en dévouement au Saint-Siège.

Vous dites. Monseigneur : « Il est donc certain que le gallicanisme est plus dangereux pour les catholiques que Vanglù canismè. »

Le gallicanisme! sans défendre tout ce qu'on a coutume d'appeler de ce mot, qui est aussi vague et aussi mal défini que celui d'ultramontanisme que Ton a coutume de lui opposer, il m'est impossible d'accepter l'injustice et l'injure d'un tel parallèle; il n'est possible à personne de rapprocher en rien Bossuct de Cranmer, et, quelque chose qu'il y ait à dire sur Louis XIY, de le comparer à Henri YIIL

Mais c'est assez, et je m'arrête.

Comme vous m'en avez prié, Monseigneur, j'ai publié avec plaisir l'explication que Votre Grandeur a bien voulu me donner sur sa doctrine. Mais je n'ai pu désavouer ni retirer mes citations.

£t maintenant, le Concile est ouvert. L'Épiscopat tout entier est réuni autour de Pie IX. Ne pensons plus qu'à contribuer, dans l'oubli de toute question irritante, chacun selon ses forces, à la grande œuvre de pacification et de lumière que le Saint-Père a voulue pour le salut des âmes, et que le monde attend.

Veuillez agréer, etc.

f Félix, Évêque d^ Orléans.

[20 décembre 1869)

Mgr Manning, satisfait de la déclaratioa de TÉvôque d*Orléans, ne veut pas insister sur une question de mots. Il ne veut pas davantage reprendre, dans sa lettre, la discussion de la thèse. Il gardera également le silence sur certains détails de la réponse de Mgr Dupanloup.

Moriseig-neur,

Par la lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire, j'apprends que, dans votre lettre pastorale, vous ne m'attribuez pas ridée d'opposition ou de scission entre le Pape et l'Ëpiscopat.

Cette assurance réduit la question aux termes de ma thèse, c'est-à-dire « que le Pontife, lorsqu'il parle ex cathedra^ est infaillible sans consulter le corps épiscopal ».

Bien que le mot « séparément » soit inexact et ambigu, et que la phrase produite par Yotre Grandeur, comme citation de mon post-scriptum, ne se trouve pas dans le texte original, je ne veux pas insister sur des paroles. J'espère que personne ne sera entraîné dans l'erreur par ces inexactitudes.

Je me borne, Monseigneur, à rectifier une erreur de termes. Quant à la discussion de la thèse, je ne la reprends pas ici, pour des raisons que tout le monde saura comprendre.

Je garde également le silence sur certains détails de votre réponse, tant j'ai le désir d'écarter en ce moment toute question irritante et personnelle.

Ce n'est pas sans une vive douleur que je me trouve en désaccord avec un vénérable collègue pour lequel j'ai eu pendant de longues années une profonde admiration et une entière confiance. Chaque jour je demande à Dieu que ces dissentiments puissent bientôt s'effacer.

Agréez, Monseigneur, les assurances des sentiments fraternels de votre serviteur en Jésus-Christ.

t Henri-E. , Archevêque de Westminster.

Rome, 20 décembre 1869.

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