‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 319 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CGLXXV · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CGLXXV

mot propre pour dire indépendamment de : Independently of.

Ce n'est pas tout, Monseigneur, et les arguments développés par vous dans le post-scriptum ne m'avaient pas permis d'entendre votre thèse autrement que dans le sens de Vinfaillibilité séparée^ c'est-à-dire de l'infaillibilité en dehors et séparément do l'Épiscopat.

En effet, résumant à votre point de vue, — c'est une question à laquelle je demeure étranger, — les thèses de Mgr Maret, vous affirmez contradictoirement, non pas que l'infaillibilité a été promise par Notre-Seigneur à l'Eglise enseignante, c'est-àdire au corps enseignant, composé des premiers Pasteurs et de leur Chef suprême, mais au Pape seul, qui seul donne à rEglise universelle une infaillible déclaration de la vérité. {Univers j ibid.)

Et plus bas, vous ajoutez :

« Les jugements ex cathedra sont essentiellement des juge^ ments du Pontife, en dehors du corps épiscopal réuiii ou dispe7*sé. Le concours du corps épiscopal peut être ou ne pas être uni à l'acte du Pontife, qui est parfait et complet de lui-même. » {Univers, ibid.)

Du moment, en effet, que le Pape peut porter des jugements infaillibles, indépendamment de tout concours, antécédent ou subséquent, formel ou tacite des Évéques, de telle sorte que Vunion avec l'Episcopat n'est pas nécessaire, selon les propres paroles de VUnivers expliquant votre thèse, c'est bien là, ou je ne comprends plus les termes, le Pape définissant eii dehors et séparémeiit de l'Episcopat.

'Ainsi donc. Monseigneur, la traduction de VUnivers luimême, le témoignage d'Anglais connaissant très bien leur langue, et enfin votre propre argumentation, voilà sur quoi je me suis appuyé pour interpréter votre doctrine dans le sens de V infaillibilité séparée, de l'infaillibilité en dehors et séparément du corps épiscopal.

Et maintenant. Monseigneur, puisque vous m'avez ramené sur ces questions, permettez-moi de vous présenter, en finissant; deux simples et courtes observations, relatives à deu3£

olC LE CONCILE DU VATICAN.

assertions, non plus de votre post-scriptum^ mais de voire lettre pastorale elle-même.

Dans Tune, vous niez d'une manière générale et absolue qu'il y ait jamais une question préalable d'opportunité à poser, lorsqu'il s^agit de faire ou de ne pas faire une définition dogmatique. Vous dites : « Dans l'Église de Dieu, et dans la vérité de la Révélation, » je cite toujours la traduction du journal de AI . Veuillot, « il est toujours opportun de déclarer ce que Dieu a voulu faire connaître à l'homme. Bien plus quopportwi, » En sorte que l'opportunité ou l'inopportunité d'une déGnition ne doit jamais être comptée pour rien.

Mais, s'il en était ainsi, Monseigneur, il faudrait donc, quant à la question qui nous occupe, dire que l'Église aurait été dix-huit siècles entiers sans faire ce que, selon vous, il était toujours opportun et bien plus qu'opportun qu'elle fit.

Je vois, au contraire, que l'Église, dans ses Conciles, n^a jamais défini que ce que les besoins des temps et des âmes réclamaient, et je puis citer, du Concile de Trente en particulier, un exemple entre beaucoup d'autres, où la question d'opportunité fut posée, même sur un point qui en lui-même aurait été reconnu certain.

Quand on agita au Concile de Trente la fameuse question de la résidence^ on partagea d'abord cette question en deux, qui furent ainsi posées :

1** La résidence est-elle de droit divin?

2"" Si les théologiens, consultés, se déclarent unanimement pour le droit divin, et si le jugement des Pères confirme cette opinion, convient-il que le Concile la définisse et qu'il Férige en article de foi?

On reconnaissait donc qu'il eût pu être inopporttm de définir une vérité qui aurait été certaine et révélée !

J'oserai enfin invoquer ici, Monseigneur, le simple bon sens, la raison chrétienne. Je ne puis croire, quant à moi, l'Église dispensée, dans ses actes les plus graves, des considérations de la prudence et des ménagements de la charité !

Elle ne fait d'ailleurs, en suivant ces inspirations si dignes

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