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X. Les grecs scmsMATiQUES et les protestants

« Les grecs schismatiques ont un grand désir de se rapprocher de nous, il en est de même des protestants. La définition les éloignerait davantage et mettrait le dernier sceau à la séparation. »

Tel est le sujet des paragraphes 4 et 5 de la lettre.

Mgr d'Orléans s'est convaincu par le rapport des Évêques orientaux et des ministres anglicans que ce désir est 1res réel ; il est persuadé que le dogme de l'infaillibilité les éloignerait. La réponse du Patriarche de Constantinople, les écrits des protestants lui prouvent qu'ils viendraient bien à nous, mais la crainte de la définition les fait hésiter. Ah! si nous avions le moindre espoir de voir les orientaux se réunir à nous, et que la définition empêchât seule laréalisation de ce grand bien, comme nous supplierions la divine Providence de ne pas permettre que le Concile sanctionne le fatal décret! Mais nous sommes loin de partager les prévisions de Mgr TEvêque d'Orléans. Nous avons passé notre vie à étudier Thistoire ecclésiastique, et consacré les plus sérieuses recherches au schisme grec; à plusieurs reprises nous avons visité TOrient; nous n'ignorons même pas les langues de divers peuples de ces régions : eh bien, nos conversations intimes avec plusieurs grecs schismatiques nous ont

conduit k des conclusions bien différentes. J'entends encore résonner à mes oreilles^ comme une prophétie, les paroles qae me dit un jour à Venise, il y a quelque vingt ans, le T. R. P. Antimo Massarachi, savant prêtre grec schismatique à qui j'avais été à même de rendre service. C'était à l'aurore du Pontificat actuel, et notre vénéré Pie IX avait fait de nobles tentatives pour la réunion de l'Eglise orientale à la nôtre. Je demandais au P. Ântimo si elles avaient quelque chance de succès : « Qu'avant tout, me fut-il répliqué, le Pape renonce au pouvoir temporel. » Dernièrement, aune nouvelle tentative le Patriarche de Gonstantinople répondit : « Nous ne saurions admettre que les Apôtres ne soient pas égaux entre eux puisqu'ils ont été également illuminés par l'Ësprit-Saint, ni qu'il y en ait un qui, d'institution divine, soit le premier. Cette primauté n'a d'autre fondement que les décrets des Conciles. Faites disparaître toutes les nouveautés que, depuis dix siècles, vous avez admises, et alors nous pourrons nous entendre. » Voilà bien le vrai langage de l'Église grecque. Qu'importe après cela, de rechercher s'il lui est propre ou s'il lui a été dicté par Saint-Pétersbourg, résidence du véritable et terrible pape de cette Église? Aujourd'hui le pouvoir temporel n'est plus, ou, du moins, le peu qui en reste est bien menacé ; cela ne touche ni les grecs, ni les protestants, ni cette espèce particulière de catholiques qui a inspiré le Janus et les Berner kimgen; ils en réclament quand même la disparition. Tous, il est vrai n'y mettent pas la franchise du Patriarche de Constantinople. La Papauté a aussi ses girondins qui témoignent leur affection pour le Pape de la même façon que Yergniaud et ses collègues pour Louis XVI et la monarchie constitutionnelle, et encore peut-être avec moins de sincérité \ La monarchie si vantée de 1791 aboutit à la république septembriste, et Louis XVI et les girondins montèrent à l'échafaud. Ajoutons toutefois qu'ici les situations changent et que le Vatican a pour veiller sur lui un bien plus

1. Qu'on se rappelle les paroles du Times citées par la Gazette d'Augsbourg, du 6 novembre 1869 : « Le Pape ne pourra prétendre au Pontificat universel que le jour où il cessera d'être un prince italien. >

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