‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 355 sur 536 · LIVRE ni, DOCUMENT CCLXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE ni, DOCUMENT CCLXXIX

saires {so wesentlich nothityendig sindsie nicht) qu'elles puissent par ellos-mèmes infirmer la sentence. »

Qu'on lise ces paroles, qu'on les confronte avec celles qu'a citées Goschler et Ton verra si la citation est complète et pré^ cise.

ce D'après ce théologien (Phillips), continue Mgr Dupanloup, rÉglise n'a donc pas le droit de mettre une restriction ni une condition quelconque quant à la validité, à l'exercice de l'infaillibilité. » Phillips ne dit pas cela, sa conclusion est beaucoup plus simple : « l'Église, dit-il, n'ayant pas défini comme dogme l'infaillibilité du Pape, ces considérations de notre part [Bëtrachtungen) ne sont autre chose qu'une opinion qui so peut défendre par de graves raisons. »

Après Phillips, vient le tour de Ward et de ses Thèses, puis celui de l'abbé Bouix avec son traité De Papa. Nous ne pouvons nous étendre davantage, encore moins croyons-nous qu'il soit nécessaire de prendre la défense d'auteurs vivants et écrivant encore; ils n'ont pas besoin de notre assistance ni d'aucun autre secours étranger. Le docteur Ward, dans sa lettre au p. Ryder, et dans d'autres articles publiés par la Dublin Beview, explique ses opinions sur ce point. Elles ne sont pas entièrement conformes aux nôtres, toutefois elles ne paraissent nullement aussi exagérées que ses adversaires ont voulu le faire croire. Bouix ne regarde comme infaillibles que solas definitiones fidet, libère a Papa, quatemis Papa, éditas, et il cite à l'appui de son assertion les passages si connus deBallerini* et do Bellarmin' : Pontificem non posse ullo modo definire aliquid hœreticum a tota Ecclesia credendum, Hesc est commnnissima sententia fere om^ nium catholicorum.

Et, d'ailleurs, où aboutit tout cela? Supposons que Ward et Bouix, que le docte Phillips lui-même aient enseigné une doctrine exagérée, eh bien, qu'importe? Serait-il donc permis de rejeter une doctrine morale sous prétexte que deux ou trois docteurs l'ont interprêtée ou trop rigoureusement ou

i, Bevi ac raiione primatus, cap. xv, n. 6, 22 et 25, 2. De Romano Poniifice, lib. IV, cap. n.

trop largement? Le laxisme chez les uns, le rigorisme chez le s autres pourront-ils empêcher le docte et sage moraliste de connaître et suivre la véritable doctrine? N'y a-t-il pas dans toute question, dans tout sujet d'étude, comme une route royale, également éloignée des deux extrêmes et dans laquelle on peut et on doit s'engager? Telle est selon nous la doctrine de Bellarmin et de l'école romaine.

Page 1