LIVRE Iir, DOCUMENT GGLXXIX
« Eh bien, s'il était prouvé que saint Etienne avait prononcé ex cathedra, infailliblement, obligatoirement, saint Gyprien et les Évéques qui ont résisté ne croyaient donc pas à Tinfaillibilité du Pape? »
En défendant contre celle de Rome la coutume africaine, Cyprien et ses Évéques agissaient de très bonne foi. A cette époque la question n'avait pas été suffisamment débattue : Nondiim enim erat diligenter illa baptismi questio pertractataK Dans une question que Ton examine, chacun ne peut-il pas apporter ses raisons? Gyprien s'appuyait sur Fautorité de son prédécesseur Agrippinus ; quatre-vingts Évéques environ partageaient son opinion ; plusieurs conciles tenus en Afrique avaient sanctionné de leurs votes cette fausse opinion, et un schisme était imminent. Une ancienne coutume de TEglise et le respect dû aux vénérables Pères d'une grande province ecclésiastique poussaient à soumettre cette question déjà traitée par les conciles africains, à Texamen de nouveaux conciles, surtout à Texamen du Concile appelé alors plenarium et qu'on nomme aujourd'hui œcuménique. De nos jours encore, lorsque surgit un schisme, lorsque des hérésies redoutables viennent à se produire et le droit canon et la tradition ecclésiastique conseillent la convocation de Gonciles œcuméniques. Ainsi en arrivat-il alors, durant ce conflit d'opinions, dum inter multos ex utraque parte tractatur ac quœritur^ ; deux Gonciles mirent fin au procès et tranchèrent la question : le premier, celui d'Arles (314), jouit d'une haute autorité, bien que ce soit un simple
suspect, n*ont pas été de peu d'importance. Malgré tout, ils n*ont pu y réussir, car il a en sa faveur les preuves les plus solides ; la principale est celle qui montre le parfait accord de ce teite avec d'autres passages où saint Cjprien use à peu près des mêmes termes ; ces passages, il faudrait aussi les considérer comme apocryphes ! Qu'on lise seulement dans ce livre d'or qui s'appelle De unitate Ecclesiœ les paroles suivantes : t Qui Ecclesise renititur et resistit, qui Caihedram Pétri supra quam fundata est Ecclesia deserit,in Ecclesia se esse confiditt » Et dans sa lettre Ad Januarium et alios Episcopos Numidas : c Una Ecclesia a Ghristo Domino super Petrum, origine unîtatis et ratione fundata* >