LIVRE III, DOCUMENT CCXVII
son igrnerance lui fait sentir F absurdité des sectes qui veulent
Tériger en juge de ce qu'il ne peut examiner.
« D*un autre côté, les savants mêmes ont un besoin infini
d'être humiliés et de sentir leur incapacité ; à force de raisonner, ils sont encore /?/t/5 dans le doute que les ignorants. Ils disputent sans fin entre eux, et ils s^entètent des opinions les plus absnrdes. Ils ont donc autant de besoin que le peuple le plus simple d'une autorité suprême, qui rabaisse leur présomption, qui corrige leurs préjugés, qui termine leurs disputes, qui fixe leurs incertitudes, qui les accorde entre eux et qui les réunisse à la multitude. Cette autorité, supérieure à tout raisonnement, oii la trouverons^nous? Elle ne peut être dans aucune des sectes qui ne se forment qu'en faisant raisonner les hommes, et qu'en les faisant juges de l'Écriture au-dessus de l'Église. Elle ne peut donc se trouver que dans cette ancienne Église qu'on nomme catholique. Qu'y a-t-il de plus simple et de plus court, de plus proportionné à la faiblesse de l'esprit de l'homme, qu'une décision pour laquelle chacun n'a besoin que de sentir son impuissance, et de ne vouloir pas l'impossible? Rejetez une discussion visiblement impossible et une présomption ridicule^ vous voilà catholique. »
Le grand Archevêque de Cambrai ne soutient pas ici que la divine prétention à l'infaillibilité soit le seul signe ou le seul caractère qui fasse reconnaître la véritable Église, mais il montre et il démontre qu'elle est incontestablement l'un des signes ou des caractères qui la font reconnaître.