IV. L'objet précis de l'infaillibilité de l'Église
Nous venons de prouver qu'une Église divinement établie doit être infaillible, et que l'objet de celte infaillibilité n'est, en général, que la conservation du dépôt de la révélation. Mais il faut expliquer, avec plus de détails, quel est l'objet précis de celte infaillibilité, et puis oîi se trouve, dans l'Église, le sujet de cette infaillibilité, l'organe divinement constitué de cet
enseignement infaillible, le juge en dernier ressort des controverses relatives à la foi.
Sur ces deux points, comme sur tous les autres, TÉglise, dont la foi est apostolique et toujours vivante depuis son origine, rÉglise, qui n'a qu'à se souvenir pour ne pas se tromper, n'a jamais varié.
Commençons donc par constater sa doctrine sur le premier point ou sur l'objet précis de son infaillibilité.
N'ayant reçu la promesse de l'infaillibilité que pour conserver le dépôt de la vérité révélée, l'Église n'est infaillible qu'en matière de foi, c'est-à-dire dans l'enseignement de la vérité qu'il faut croire ^ Elle est par là même infaillible en matière de mœurs, la loi évangélique ou la vérité qu'il faut pratiquer faisant partie de la révélation, et ainsi de la vérité même qu'il faut croire.
Mais l'Église n'est-elle infaillible que dans l'enseignement des vérités explicitement et formellement révélées?
Elle est infaillible dans l'enseignement des vérités clairement et certainement contenues dans la révélation, ou qui appartiennent implicitement à la foi.
Elle est infaillible encore dans l'enseignement des vérités essentiellement et inséparablement liées à la révélation, ou qui ont avec elle une connexion nécessaire. Les théologiens expriment la même chose en d'autres termes, quand ils disent que l'Église est infaillible dans l'enseignement des choses qui se rapportent à la foi et aux mœurs, mais qui s'y rapportent par elles-mêmes et prochainement, et non d'une manière accidentelle et éloignée : Pei* se etproxime, non mitem per accidens et remole.
Si l'Église était infaillible dans l'enseignement des choses qui ont des relations quelconques, même lointaines, avec la vérité révélée, elle serait infaillible en toutes choses; car, dans le vaste ensemble de l'ordre naturel et surnaturel, toutes les
1. u In materia fidei, nempe in lis omnibus rébus quœ revelatœ sunt, et a Cbristo suis fidelibus utcredautur relictœ. • (Schouppb, S. J., De régula fldeif c. ni, a. -3, pr. i.)