‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 377 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CGLXXIX · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CGLXXIX

Manuel du droit ecclésiastique de Dupin, et le conseil d*Ëtat porter la censure contre quiconque ose critiquer cet ouvrage. Nous n'irons pas plus loin, non par crainte, mais par un simple sentiment de réserve. Et, du reste, tout le monde ne connait-il pas les derniers événements?

« C'est dans le clergé français que Pie VII a trouvé ses plus vives consolations. »

M. d'Hausson ville, dans son ouvrage : L'Église romaine et le premier Empire^ a raconté jusque dans ses plus petits détails la terrible lutte soutenue par Pie VII contre Napoléon.

Nous autres Romains, nous connaissions les faits rapportés par rillustre écrivain français, mais en dehors de Rome ils ne sont pas aussi bien connus. Or, si nous en croyons M. d'Haus* sonville (et i] est difficile démettre sa véracité en doute), parmi les Évoques français de cette époque, nommés malheureusement presque tous par Napoléon, nous en trouvons bien peu auxquels puissent s'appliquer les paroles de Mgr FÉvéque d'Orléans. On doit en dire autant de quelques Évèques italiens. Le spectacle offert par les Évêques assemblés à Paris en 1811 est des plus tristes. Il faut cependant faire exception pour trois Prélats, les Évêques de Gand, de Troyes et de Boulogne, qui méritèrent par leur conduite les honneurs de la prison. Dans le même donjon de Vincennes où ils furent enfermés, se trouvaient alors deux Cardinaux italiens : le Cardinal di Pietro et le Cardinal Gabrielli ; tandis que Pacca, Consalvi et neuf autres Cardinaux, presque tous italiens, plus un très grand nombre d'Évêques, de Prélats, de chanoines, de curés, gémissaient soit dans d'autres prisons, soit dans un dur exil, ou bien encore se voyaient réduits à une extrême pauvreté ^ Il n'y eut que trop de Cardinaux vils et flatteurs ; mais si l'Italie a produit un Caprara, elle n'a pas à déplorer un Maury. On ne voit pas en vérité quelle sorte de consolations ont pu apporter au prisonnier de Savone ces trois méprisables Évêques de cour, de Barrai, Uuvoisin et Mannay, qui fu-

i . L Église romaine et le premier Empire, ch. xl et xliil

rent députés auprès du Pontife malheureux et délaissé pour lui arracher le seul trésor qui lui rest&t : Thonueur et la paix de la conscience. On ne saurait dire davantage quelle sorte de consolations lui a procuré la grande majorité des Évëques français, alors réunis à Paris en un pseudo-concile. Rappelons seulement le jugement qu'a laissé sur cette assemblée le plus énergique des trois Ëvèques prisonniers, Mgr de Broglie : A partir de ce moment, écrit-il, nous allons entrer dans une période d'avilissement et de lâcheté; et d'Haussonville, en rapportant ces paroles, ajoute : Ce Jugement, hélas! n'est peut-être pas trop sévère^.

La France, il est vrai, a noblement réparé ces fautes qui, en définitive, ont été les fautes de ses gouvernants plutôt que les siennes propres; mais à quoi bon les nier? Pourquoi s'assigner la première place, alors que nous tous catholiques, oui tous, Italiens, Français, Allemands, Hollandais, Espagnols, Américains, nous avons donné et donnons encore d'aussi touchants témoignages de notre amour pour Dieu, et de notre dévouement à rÉglise et au Saint-Siège?

Qui n'admire ces apôtres qu'on nomme missionnaires, préfets, vicaires apostoliques et ces admirables sœurs des pauvres désignées tantôt sous les noms de sœurs de charité, de petites-sœurs des pauvres, tantôt sous ceux de Dames anglaises, de sœurs du Bon-Pasteur. Mais dites-nous, de grâce, parmi ces apôtres et ces héroïnes ne voyez-vous que des Français ? n'y comptez- vous point aussi des représentants de toutes les nations de la terre?

Qui encore n'aime et n'admire ces jeunes héros qui offirent leur sang au Saint-Père? Mais, eux aussi, ne viennent-ils pas de toutes les contrées? Qui ne regarde comme un miracle l'œuvre du denier de Saint-Pierre dont l'idée naquit en Belgique et de là seulement passa en France où elle se propagea et donna de si magnifiques résultats? Ne vit-on pas aussi cette œuvre s'implanter en Angleterre, en Allemagne, en Hollande,

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