LIVRE ni, DOCUMENT CCLXXXI
cassions entre Évoques : à vos yeux, ne pas intervenir comme vous dans les polémiques soulevées par vous, c'est une désertion !
C^en est trop, Monsieur. Il était temps de vous répondre, Yoilà pourquoi j'ai parlé.
Vous dites que je viens de « donner une tête à la prise dWmes ». Non, Monsieur, ce que j'ai fait n'est pas une prise d'armes, c'est une défense.
Car le moment est venu de se défendre contre vous.
J'élève donc à mon tour la voix, et je viens opposer aux entreprises dont je vous accuse un solennel avertissement.
J'accuse vos usurpations sur l'Épiscopat et votre intrusion perpétuelle dans ses plus ^aves et plus délicates affaires.
J'accuse surtout vos excès de doctrine, votre déplorable goût pour les questions irritantes, et pour les solutions violentes et dangereuses.
Je vous accuse d'accuser, d'insulter et de calomnier vos frères dans la foi. Nul ne mérita jamais plus que vous ce mot sévère des Livres saints : Accusator fratrum 1
Par-dessus tout, je vous reproche de rendre l'Église complice de vos violences, en donnant pour sa doctrine, par une rare audace, vos idées les plus personnelles.
Je no remonterai pas bien haut. Monsieur.
Je laisse le passé. Je laisse cette malheureuse campagne contre les classiques, rappelée par vous-même, et qui a été menée par vous au nom, bien entendu, de ce christianisme pur dont vous vous vantez, mais qui eût fait tomber toutes nos maisons d'éducation ecclésiastiques dans le dernier mépris, si l'Église vous eût suivi.
Je ne dis rien non plus de vos attaques contre cette loi de la liberté d'enseignement à laquelle l'Église de France doit, depuis vingt ans, la prospérité croissante de ces petits séminaires, et ces collèges de jésuites, de dominicains et tant IV. 39
d'autres : loi qui n'a jamais pu trouver grâce devant Toas, parce que ce n'était pas vous qui Paviez faite. On ne savait chez vous la nommer que le mariage du Grand Turc avec la république de Venise.
Je laisse tant d'autres excès : je me borne à vos poIénûqueB de l'heure présente ; aux deux grandes questions sur lesqueUes vous concentrez tous vos efforts : le libéralisme et l'infaillibilité pontificale. C'est assez.
Parlons d'abord ^du libéralisme.
Vous qui prétendiez être autrefois plus libéral que personoe, toujours, bien entendu, au nom de l'Église; vous qui disiez: « Nous avons haï tout principe illibéral, comme ANncHRÉnEzi ^ »
Et encore :
« Le mouvement du libéralisme catholique, inauguré avec tant de labeurs dans les dernières années de la Restauration... se développe... splendide comme l'annonce du jour '. »
Vous qui cherchiez « à concilier les besoins du Catholicisme avec les entraînements les plus légitimes de ce siècle, qui est le nôtre et que nous acceptons * ».
« La liberté de la presse est un droit imprescriptible ^ huh liénable et inviolable *. »
Youfi donc, qui avez poussé, non seulement Vhypothise, mais la thèse du libéralisme aussi loin que possible, aujourd'hui, par cette impuissance à vous tenir dans la mesure, par co^palinodies étranges, qui vous ont si souvent entraîné d'une extrémité à l'autre, vous vous jetez avec emportement dans tous les excès contraires. Sans rien définir, sans rien réserver, libéralisme, progrès, civilisation^ société moderne^ vous envelop-