LIVRE III, DOCUMENT CGLXXXI
un devoir particulier de voas donner connaissance de ce nouvel écrit; vous les trouverez dans cet écrit même.
Quand ces pages vous arriveront, je serai déjà sur le chemin de Rome. Âccompagnez-moi de vos prières, et ne cessez de demander à Dieu, que, malgré les témérités et les menaces de certains hommes, ce saint Concile, si nécessaire et tant désiré, devienne pour l'Église et pour le monde, selon le vœu du Saint- Père et de tous les Évéques, une grande œuvre de lumière, de charité et de paix.
Veuillez agréer. Messieurs et chers coopérateurs, la non* velle assurance de mon profond et religieux attachement.
f Félix, Évêque <P Orléans.
Orléans, en la fête de la Présentation de la très sainte Vierge, âl novembre 1869.
i^\ novembre 1869)
AvertUumnd doDt il est question plus haut. Mgr Dupanloup accuse VeuiiJot d' « usurpation » sur TÉpiscopat, « d'intrusions perpétuelles dans ses plus graves et plus délicates affaires >. Il s'élève surtout contre ses « excès de doctrine, son déplorable goût pour les questions irritantes, pour les solutions violentes et dangereuses ». « Louis Veuillot accuse, insulte et calomnie » ses frères dans la foi.* Jamais personne ne mérita mieux que lui cette condamnation sévère de nos livres saints : Accruator fratruml Bntin le Prélat lui reproche de rendre l'Église « complice » de ses violences en voulant, avec une rare audace, faire passer comme doctrine catholique ses propres idées.
Monsieur,
Dans Tarticle que vous avez publié le 18 novembre à propos de mes Observations sur la controverse relativement à la définition de rinfaillibilité, vous vous excusez d'être de ceux qui ont soulevé cette controverse. Vous prétendez que si je me suis déterminé enfin à parler sur cette question, vous n'y êtes pour rien; ce ne serait pas votre faute.
Je suis obligé de vous contredire ici.
Oui, Monsieur, c'est votre faute, et je ne puis accepter votre excuse.
Vous demandez « pourquoi Mgr l'Évèque d'Orléans jette ainsi la question dans le public » ; je vais vous Texpliquer.
Vous récusez <c l'opportunité et la justice » de mon acte ; je vais vous le faire comprendre.
Vous dites qu^ii ne serait pas « séant » de provoquer de ma part une nouvelle condamnation. Je ne viens pas vous condamner, mais vous avertir.
Je pouvais négliger vos provocations, quand elles m'étaient personnelles ; mais ce que vous faites depuis dix mois, c'est autre chose.
Vous vous donnez dans l'Église, Monsieur, un rôle qui n'est plus tolérable.
Vous, simple laïque, un de ces écrivains dont un de NN. SS. les Évèques disait hier dans vos colonnes mêmes, c< qu'ils n'ont aucune autorité et ne sont rien dans l'Église », vous y usurpez étrangement;
Vous agitez et troublez les esprits dans l'Église;
Vous faites une sorte de pieuse émeute à la porte du Concile ;
Vous lui tracez sa marche ; vous posez des questions que le Saint-Père n'a pas posées ; vous parlez de définitions, selon vous, « inévitables » ; vous en dites le mode et la forme;
Yous tranchez les questions de doctrine et de discipline; vous vous constituez juge entre les Évèques, pour déshonorer les uns et dominer les autres; vous prenez parti pour ou contre eux sur les points de la théologie « les plus graves, les plus délicats et les plus complexes * » ;
Yous insultez, dénoncez, et mettez au ban du Catholicisme tous les catholiques qui ne pensent ou ne parlent pas comme vous.
Yous ne souffrez même pas qu'ils s'abstiennent, par con* science de leur incompétence et de leur respect, dans les dis-
i. Paroles de Mgr TËvôque de Poitiers, dans ïhomélie citée par M. Veuillot.