LIVRE III, DOCUMENT CCLXXXI
Des hérétiques !
Libre à vous, Monsieur, d'être en politique ce que vous voudrez; tout ou rien, c'est votre affaire; parlementaire, vous Tavez été; républicain, vous l'avez été; césarien, vous Tètes toujours. Cela vous regarde.
Mais rÉglise n'a décrété d'hérésie, que je sache, aucune forme légitime de gouvernement ; pas plus la république que la monarchie, pas plus le gouvernement parlementaire qu'un autre ; Y Univers a déclaré hérétique et plus qu'hérétique le système parlementaire, qui a été longtemps, et redevient peut-être le nôtre.
« On a dit que le système parlementaire repose sur un principe hérétique : quelque désir que nous ayons d'éviter toute exagération, nous croyons que ce n'est pas assez direK »
Et c'est, non comme libre citoyen, mais comme catholique et au nom du Catholicisme, que vous avez injurié tous ceux qui chez nous sont restés fidèles dans leurs préférences pour cette forme politique.
Le mot d'hérésie revient facilement sous votre plume, Monsieur; et je trouve dans vos colonnes un écrivain, de votre école, souvent loué par vous, lequel dénonce à son tour « I'hérésie MODERNE, qui se pare du nom menteur de catholicisme libéral », et qui s'écrie : « La formule des hérésiarques, Non serviam^ voilà le dernier mot du libéralisme catholique '. »
Vous dites, Monsieur, que « les noms propres ont ici une grande valeur ». Et c'est pourquoi vous en avez prononcé; et les hommes que vous rangez dans le parti du catholicisme libéral, dans ce catholicisme d'une nouvelle espèce; ces hommes sur lesquels tombent les mots de novateurs, àUndignes catholiques, de complices des sectes ennemies, les hommes atteints ' de cette grande hérésie moderne f ce sont : « MM. de Montalembert, de Falloux, de Broglie, Foisset, Cochin, » etc. < Ils sont ]à dedans, dites-vous ; et c'est triste \ »
i. Univers, 5 mai 1852.